Crise aux urgences : des patients à bout de patience

Julie Léger tient son fils pendant leur visite à l'Hôpital de Moncton.
Photo : Gracieuseté de Julie Léger
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Attendre des heures et des heures à l'urgence – même si on arrive en ambulance ou qu'un spécialiste nous y a envoyés – c'est la réalité de nombreux patients dans les deux hôpitaux de Moncton, au Nouveau-Brunswick. Une mère qui est passée par là se bat désormais pour que le gouvernement provincial s'attaque aux longs temps d’attente dans les salles d'urgence et règle le problème une fois pour toutes.
Pour Julie Léger, tout a commencé le 9 mai alors que son fils Ashton a une fièvre qui dépasse 40°C. Environ une semaine plus tôt, il a subi une adénoïdectomie, une chirurgie pour retirer des tissus et insérer des tubes dans ses oreilles.
J'essayais du mieux que je pouvais de ne pas aller à l'urgence à ce point-là, [j'avais] assez entendue d’histoires horribles pour les temps, que ça faisait plus d'allure
, explique Julie Léger.

Julie Léger et son fils, Ashton
Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano
Elle a tenté différents types d’antibiotiques, mais l’effet était de plus en plus faible. Le lendemain, elle s’est rendue avec Ashton au bureau d'une spécialiste, qui a nettoyé les tubes de l’enfant.
Elle a vu qu’il y avait quasiment rien d’actif dedans mon enfant, parce que, normalement, il bouge toujours et tu ne peux pas le tenir assis à sa place
, raconte Julie Léger, en ajoutant que la spécialiste a constaté qu’il était déshydraté.
Elle leur a conseillé de se rendre à l'urgence et a dit à la mère qu'elle allait appeler à l’Hôpital de Moncton pour les prévenir de leur arriver et éviter une attente trop longue.
Mais, il leur a fallu attendre plusieurs heures avant de voir un médecin.
Je ne devrais pas avoir à attendre [avec] un enfant de 2 ans déshydraté qui est en train de s’endormir
, soutient la mère d’Ashton.
Ce n’est qu’au bout de huit heures qu’Ashton a pu recevoir un traitement.
La mère et son fils passeront finalement cinq jours à l’hôpital avant qu’Ashton puisse obtenir son congé.
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Se battre pour des temps d’attente moins longs
Julie Léger a compris par la suite que le message de la spécialiste ne s’est pas rendu jusqu’à l’urgentologue. Elle déplore ce manque de communication.
Par dessus tout, elle croit qu’il faut réduire les temps d’attente pour tous. Elle croit que le gouvernement provincial doit mettre les bouchées doubles dans le recrutement.
C’est pas des mois, des années [...] Il faut ça soit fait tout de suite
, lance Julie Léger, qui doit rencontrer le chef de l’opposition officielle, Roger Melanson, la semaine prochaine.
Elle a aussi profité de son temps à l’hôpital pour lancer un groupe Facebook, un moyen d’unir ceux qui ont attendu longtemps à l’urgence et d’exiger des corrections du gouvernement provincial.
Arriver en ambulance, mais quand même attendre 16 heures
Sabrina Dupuis, qui habite aussi dans la région de Moncton, s'est jointe au groupe créé par Julie Léger et y a partagé son histoire.
Elle souffre d’endométriose avancée a dû se rendre à l’urgence 12 fois depuis janvier 2021 en raison d’importantes douleurs ou d’une vessie bloquée.

Sabrina Dupuis
Photo : Radio-Canada
Elle a attendu environ huit heures à chaque reprise. En octobre dernier, il lui a fallu patienter 12 heures avant de voir un médecin et 16 heures avant de recevoir un traitement au CHU Dr-George-L.-Dumont, même si elle a fait le voyage en ambulance.
Cette journée-là, je vomissais, je vomissais. Je me suis évanouie. J’avais trop mal
, raconte-t-elle, en ajoutant que le gouvernement provincial doit trouver le moyen d'embaucher davantage d’infirmières et de spécialistes.
Réduire le nombre de patients à l’urgence de 60 %
Pour réduire le nombre de patients à l’urgence, le plan du ministère de la Santé (Nouvelle fenêtre) consiste à rediriger les patients dont le problème ne nécessite pas une visite à l’urgence vers un médecin de famille, une pharmacie, une clinique sans rendez-vous ou encore Télé-Soins.
Le ministère croit pouvoir faire baisser le nombre de patients à l’urgence de 60 %.
Les réseaux de santé Horizon et Vitalité disent travailler pour régler la pénurie de main-d'œuvre.
Le Réseau de santé Vitalité reconnaît, pour sa part, qu’un nombre important de lits sont occupés par des personnes qui attendent une place dans un foyer de soins.

