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Envoyé spécial

Révolution politique en Colombie

Un homme souffle dans une trompette devant une affiche politique.

Un partisan de Rodolfo manifeste sa joie.

Photo : La Presse canadienne / AP/Leonardo Munoz

Le premier tour de l’élection présidentielle a réservé une grosse surprise. Ce n’est pas la bonne avance prévisible du candidat de gauche Gustavo Petro avec plus de 40 % des voix.

La surprise, c’est la deuxième place d’un populiste de 77 ans propulsé en quelques jours par les médias sociaux, avec 28 % des voix attribuées à Rodolfo Hernandez.

Rodolfo Hernandez à sa sortie d'un bureau de vote

Rodolfo Hernandez saura-t-il rallier la droite?

Photo : La Presse canadienne / AP/Mauricio Pinzon

Un Jair Bolsonaro colombien?

Comme le Brésilien Bolsonaro en 2018, Rodolfo Hernandez n’a pas fait campagne, tout s’est passé dans les médias sociaux. Son programme : la lutte contre la corruption. On le compare aussi à Donald Trump, en moins virulent. Plutôt truculent, dit-on, il n’a pas la langue dans sa poche.

Alors que tous les candidats sont allés remercier leurs électeurs publiquement, il a prononcé un petit discours de chez lui, dans sa cuisine. Ce riche homme d'affaires de 77 ans a été maire de Bucaramanga, une grosse ville au nord de la capitale, poste qu’il a quitté avec une approbation de 84 %.

Portrait d'Ingrid Betancourt

Ingrid Betancourt donne son appui au candidat Rodolfo Hernandez au deuxième tour de la présidentielle colombienne.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Tremblay

Ingrid Betancourt a abandonné sa candidature récemment pour se joindre à la campagne de Rodolfo, comme on l’appelle familièrement. Elle a fait un bon choix. L’ex-candidate qui a été enlevée par la guérilla des FARC et gardée en captivité pendant plus de six ans nous a confié son enthousiasme pour le candidat.

C'est un type qui va parler fort, qui va dénoncer la corruption fortement, qui ne va pas faire de propositions invraisemblables. Mais il va dire véritablement ce que les gens pensent, comment les choses doivent être prises en main et ce qu'il faut faire. C'est un bon sens populaire, si vous voulez. En même temps, c'est quelqu'un d'intelligent. Il a eu un diagnostic du pays. Je crois qu'il est véritablement bon, juste. Et il parle aux Colombiens, non pas à l'élite.

Mais le programme de Rodolfo Hernandez est vague. Gustavo Petro, qui sent le danger, a eu ces mots après les résultats : Il n’y aura pas de justice sociale s’il y a de la corruption, mais la corruption, on ne la combat pas avec des slogans dans TikTok.

Une personne debout au lutrin devant un écran géant

Des résultats partiels affichés lors du premier tour de l'élection présidentielle dans la permanence du parti de Gustavo Petro.

Photo : La Presse canadienne / AP/Fernando Vergara

Des difficultés en vue pour Gustavo Petro

Gustavo Petro caressait l’espoir de devenir dès le premier tour le premier président de gauche de la Colombie en 200 ans. Et, à défaut, il s’attendait à un second tour avec le candidat de la droite Federico Gutierrez, Fico. Il arrive en troisième position avec 24 % des voix.

Or, ces votes sont davantage susceptibles de se reporter sur Rodolfo, la droite pure et dure ne supportera jamais un président de gauche, encore moins un ex-guérillero du M-19 dans les années 1980. C’est clair, après sa défaite, il a dit que Petro était un danger pour le pays, la démocratie, nos familles, nos enfants.

Si on ajoute ses 24 % aux 28 % de Rodolfo, ce dernier est susceptible de vaincre Petro au second tour. Car Petro est craint dans une grande partie de la population.

Portrait d'Ana Bejarano.

Ana Bejarano, analyste politique

Photo : Radio-Canada / Frédéric Tremblay

Ana Bejarano, analyste politique : Il fait peur à l’establishment colombien. C’est un leader instruit, très intelligent, bien préparé, mais les gens en ont peur. À cause de sa gestion à la mairie de Bogota et aussi parce qu’on le dit autoritaire, allergique à la critique.

La Colombie a choisi le changement. Les deux candidats l’incarnent à leur façon. Comme ailleurs, les vieux partis sont rejetés, la droite du président Ivan Duque, et de son mentor l’ex-président Alvaro Uribe, est discréditée après une gestion lamentable de l'économie et de la COVID ces quatre dernières années tout en tentant de torpiller l’accord de paix conclu avec les FARC en 2016.

Mais la Colombie plonge dans l’inconnu.

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