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Aucune grande ville canadienne n’est viable financièrement pour les jeunes

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Quatre villes du Canada atlantique font partie des villes où les 15 à 29 ans ont le plus de dettes au pays.

Photo : Radio-Canada / Robert Short

Une étude montre qu’aucune grande ville canadienne n’est viable financièrement pour les jeunes de 15 à 29 ans.

Le déficit mensuel moyen pour cette tranche d’âge est de 750 $ au Canada. À Halifax, ce déficit monte jusqu’à 1290 $ par mois. Il est calculé lorsque le revenu moyen est soustrait du coût de la vie.

L’étude menée par le groupe de réflexion Youthful Cities, en partenariat avec le programme Objectif avenir de la Banque Royale du Canada, montre que les centres urbains sont inabordables pour les jeunes.

Claire Patterson travaille aux communications de Youthful Cities. Elle explique qu'il était important d’inclure le prix des études postsecondaires dans le coût de la vie des jeunes. En parlant avec les jeunes, le prix de l’éducation et du logement est un thème qui revient, affirme Claire Patterson.

« À l’origine, nous voulions voir quelle était la ville la plus abordable du Canada, et le résultat est évidemment qu’aucune ville du Canada ne l’est. »

— Une citation de  Claire Patterson, communication, Youthful Cities.

Selon les résultats du groupe, les principaux obstacles à l’abordabilité pour les jeunes sont les salaires, l'emploi à temps plein et l’équité salariale. Les revenus dans les villes canadiennes indiquent une disparité de 30 % entre les revenus les plus élevés à Yellowknife et les revenus les plus faibles à Halifax.

Le salaire minimum vital pour un emploi à temps plein à Halifax est évalué à 21,01 $ l'heure. Le salaire minimum en Nouvelle-Écosse est de 13,35 $ depuis le 1er avril 2022. L’étude a également trouvé que la majorité des jeunes d'Halifax travaillent dans le secteur des services, un domaine où beaucoup ne touchent que le salaire minimum.

Les emplois à temps plein sont le billet d’entrée des jeunes pour l’accessibilité financière, mais ce n’est pas une garantie. Les deux tiers des villes sont encore inabordables même lorsque les jeunes travaillent à temps plein.

Les conséquences

Marie-Anne Sergent a déménagé à Halifax il y a quelques semaines pour poursuivre ses études. Elle prépare une maîtrise sur l’étude des femmes et des genres. C’était super stressant parce que le prix est super élevé par rapport au Nouveau-Brunswick où j’étais avant. C’est quand même haut, mais pas autant qu'Halifax, j’ai vu qu’il y a vraiment une différence. Surtout quand on cherche des appartements qui sont proches du campus, affirme-t-elle.

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L'Université Saint Mary's à Halifax, en Nouvelle-Écosse

Photo : Radio-Canada / Frédéric Wolf

Malgré de nombreuses recherches pour avoir un appartement au début de mai, elle n’a rien pu trouver. J’ai trouvé une chambre jusqu’en septembre, explique Marie-Anne Sergent. Après ça, ses amies et elle espèrent trouver leur propre appartement, mais les recherches n’ont toujours pas été fructueuses.

« Il faut vraiment que je fasse plus de budgets et que je coupe plus les dépenses qui sont moins importantes. »

— Une citation de  Marie-Anne Sergent, étudiante à l’Université Saint-Mary’s

Marie-Anne Sergent a un travail à temps plein, mais est en train de chercher un deuxième emploi pour avoir une vie plus confortable. Elle envisagerait même d’en avoir trois si cela pouvait l’aider.

Des études qui coûtent cher

Il y a une bonne nouvelle qui est que si vous pouvez vous permettre d’être une ville chère, cela signifie qu’il y a une bonne activité économique, dit le professeur en économie de l’Université Dalhousie Talan Iscan.

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Talan Iscan est professeur à l'Université Dalhousie à Halifax.

Photo : Radio-Canada

Selon l’économiste, la situation rend la rétention des étudiants beaucoup plus difficile. Il explique qu’avant, les universités justifiaient le coût des droits de scolarité par le faible coût de la vie dans la province. Ce n’est plus le cas, dit-il.

En effet, dans la liste des 20 universités les plus chères au pays pour l’année scolaire 2021-2022, trois d’entre elles se trouvent en Nouvelle-Écosse. L’Université Acadia est en tête avec une moyenne de droits de scolarité allant de 8000 $ à 20 000 $ pour une année d’étude. L’Université du Cap-Breton est 10e et l’Université Dalhousie est 15e.

Que pouvons-nous faire?

Afin de se rapprocher de l’accessibilité financière pour les jeunes au cours des trois prochaines années, tout en tenant compte de l’inflation, l’étude de Youthful Cities contient trois recommandations.

Recommandations :

  • Atteindre 66 % d’emplois à temps plein pour les 15 à 24 ans. Pour l’instant, ce chiffre est à 49 % comparativement à 86 % pour les plus de 25 ans;
  • Augmenter le salaire minimum de 5 $ dans chaque province et territoire;
  • Réduire les coûts d’éducation de 15 %, de transports en commun de 25 % et de logements locatifs de 20 %.

De son côté, la Municipalité régionale d’Halifax dit être au courant de l’étude et affirme qu'elle en tiendra compte dans la révision du plan régional de la ville, qui a pour but de façonner la façon dont la municipalité se développera à l’avenir. L’un des principaux domaines d’intérêt est l’abordabilité du logement.

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