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Repenser ou non la façon de stimuler les investissements dans l’aluminium

Le panneau à l'entrée de l'aluminerie Rio-Tinto à Arvida

Les développements se font attendre à l'aluminerie d'Arvida.

Photo : Radio-Canada / Titouan Bussiere

Radio-Canada

Alors que Rio Tinto tarde à ajouter les 16 nouvelles cuves prévues à l’usine AP-60 d’Arvida, certains croient qu’il faut suivre de plus près les développements dans l’industrie en créant un observatoire indépendant.

La proposition vient des députés du Bloc québécois dans Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, et dans Jonquière, Mario Simard.

« Est-ce qu’on tire véritablement bien notre épingle du jeu [dans le secteur de l’aluminium]? C’est ce qu’un observatoire pourrait faire. »

— Une citation de  Mario Simard, député de Jonquière

À leur avis, la création d’un observatoire national indépendant sur l’aluminium, comme il en existe dans le domaine de l’aéronautique, permettrait au public d’avoir des informations neutres dans un secteur névralgique de l’économie.

Un observatoire c’est une chaire de recherche qui reprend cette thématique pour des étudiants de cycles supérieurs, a expliqué Mario Simard en entrevue à C’est jamais pareil.

Le député soutient que l’idée a émané de la Table de concertation régionale sur le développement de l’aluminium, l’an dernier.

Je veux comprendre c’est quoi la fameuse prime du Midwest, et quels en sont les impacts. Je veux comprendre le véritable coût à la tonne. Je veux comprendre comment Rio Tinto est concurrentiel avec l’apport des barrages, car les ressources hydroélectriques qu’on leur offre sont un avantage concurrentiel non négligeable. Et pour avoir ces informations-là, on a besoin d’un observatoire.

Des voix s’élèvent

De plus en plus de personnes s’expriment ouvertement sur la redevabilité de Rio Tinto au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Pour plusieurs, l’appel aux investissements de la part d’ex-cadres de l’entreprise a donné un signal clair de l’impatience grandissante face aux développements attendus dans l’industrie de l’aluminium.

Quand cette sortie-là est faite par des représentants des travailleurs, on dirait que les gens sont habitués, on dirait que notre message passe moins. [...] Quand un ancien cadre comme Jacques Dubuc, qui était dans le carré d’as de l’entreprise, parle d’entente non respectée et des investissements qui ne sont pas faits, et bien je me dis s’il y en a un qui est capable de parler des discussions entre le gouvernement du Québec et Alcan à l’époque, c’est bien lui, estime l’ancien président du Syndicat des employés de l’aluminium d’Arvida et conseiller municipal, Jean-Marc Crevier.

Il estime primordial de rester vigilant pour éviter que Rio Tinto fasse miroiter de nouveaux investissements qui sont en fin de compte en deçà des engagements passés ou irréconciliables avec l’industrie mondiale.

Jean-Marc Crevier ajoute du même souffle que la région ne devrait pas se contenter d'une aluminerie AP-60 d'une capacité de 200 000 tonnes d'aluminium par an à Arvida. Il s'agit du principal scénario évoqué jusqu'à présent par Rio Tinto.

Le conseiller municipal explique que les alumineries construites partout dans le monde ont une capacité d'un million de tonnes par année. À ses yeux, même avec la nouvelle technologie, une petite aluminerie serait moins compétitive.

De son côté, l'aluminerie d'Alma a déjà été conçue pour être agrandie. Elle doublerait alors sa capacité pour passer de 500 000 à un million de tonnes annuellement.

D’ailleurs au niveau municipal, il est bien prêt à donner le temps à la nouvelle mairesse de Saguenay, Julie Dufour, mais il s’attend à une certaine transparence dans les démarches.

Saguenay doit avoir un leadership fort. Elle [la mairesse Julie Dufour] a rencontré la direction, mais quand tu rencontres la haute direction, malgré des enjeux de confidentialité, il faut faire rapport aux conseillers, précise le conseiller Crevier, qui a d’ailleurs dû laisser sa place comme représentant de la Ville à la Table de concertation régionale sur le développement de l’aluminium.

La mairesse s’estime proactive

Par voie de communiqué, la mairesse Julie Dufour défend justement ses actions pour favoriser les investissements dans l’industrie de l’aluminium.

Des représentants de Rio Tinto ont été rencontrés pour aborder les enjeux du remplacement des cuves à anodes précuites avant 2025 et du déploiement, des impacts et des retombées pour notre région de la technologie d’Elysis, peut-on lire.

Julie Dufour se félicite aussi d’avoir jeté les bases du projet de Zone d’innovation de l’aluminium du futur (ZIAL) avec le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

En entrevue lors de l'émission Place publique lundi après-midi, elle a indiqué qu'elle croit que le gouvernement Legault pourrait faire preuve de fermeté concernant une demande pour un autre prolongement des autorisations environnementales pour continuer à opérer les vieilles salles de cuve au-delà de 2025.

C’est un dossier qui est sensible parce que là on parle d’environnement pour les gens, on parle de promesses qui n’ont pas été tenues, d’avoir assez de garanties, mais en même temps on parle aussi de beaucoup d’emplois. Je serais très mal à l’aise avec un premier ministre qui dirait : "Non, non, non, ça se termine là". Et que là l’agrandissement n’est pas possible, ça serait une tragédie, a-t-elle énoncé.

« Maintenant je dis souvent que tout est dans la manière. Est-ce que pour y arriver, il y a des processus qui peuvent être un peu plus coercitifs et puis que le gouvernement peut avoir une poigne un peu plus et dire que là, c’est obligatoire? Moi, je pense que oui. »

— Une citation de  Julie Dufour, mairesse de Saguenay

Selon la mairesse, des pénalités financières pourraient être envisagées.

Clairement de redonner quelques sommes puis de payer. Souvent quand on est en coercition, on est en amende. Il faut que la compagnie sache que c’est plus payant de continuer et de grossir que de faire l’inverse et de retarder. En plus, on a un contexte pour le prix de l’aluminium qui à l’heure actuelle est fort intéressant et je ne pense pas avec tout ce qui se passe à l’international que le prix de nos métaux diminue, a-t-elle poursuivi.

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