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Les psychologues du réseau public veulent leur propre syndicat

Une femme en entrevue par visioconférence.

Karine Gauthier, présidente de la Coalition des psychologues du réseau public québécois, en janvier dernier.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Des psychologues et des neuropsychologues se mobilisent pour réclamer un meilleur accès aux soins psychologiques dans le réseau public et de meilleures conditions de travail afin de freiner l'exode des professionnels vers le secteur privé.

La Coalition des psychologues du réseau public québécois (CPRPQ) a organisé une manifestation dimanche après-midi au square Dorchester, à Montréal, pour faire entendre ses demandes auprès du gouvernement.

Sa principale revendication est un changement à la loi sur les unités de négociation dans le secteur des affaires sociales afin de pouvoir créer un syndicat de psychologues du réseau public dans l'espoir de juguler la pénurie.

Présentement, la voix de ceux et celles qui travaillent dans les services sociaux, en santé et en éducation est noyée parmi plus d'une centaine de corps d'emploi et répartie dans quatre centrales syndicales, mentionne la présidente de la CPRPQ.

« On est les seuls à avoir un doctorat obligatoire, donc on commence à travailler vers l'âge de 30 ans. Ce n'est pas pris en considération du point de vue salarial. Nos intérêts et nos problématiques spécifiques ne peuvent pas être amenés à la table de négociations. »

— Une citation de  La Dre Karine Gauthier

La rémunération plus élevée représente la principale motivation des finissants en psychologie à choisir le privé plutôt que le public, selon un sondage. Viennent ensuite les questions inhérentes à l'autonomie professionnelle.

L'attrait du secteur privé

Environ 75 % des doctorants vont directement vers le privé à la fin de leurs études, indique la Dre Gauthier, qui œuvre dans un hôpital pédiatrique.

De plus, au cours des cinq premières années de leur carrière, plus de 40 % des finissants qui ont choisi les institutions publiques décident finalement d'opter pour le privé, ajoute la présidente de la Coalition.

Le réseau public devrait recruter l'ensemble des doctorants afin de maintenir le même niveau actuel d'effectifs, selon le portrait de la main-d'œuvre du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Uniquement dans le réseau de la santé, il manquera près de 900 psychologues d'ici 2023, d'après la CPRPQ.

Ce manque d'effectifs entraîne des délais considérables avant une rencontre avec un psychologue dans le réseau public.

De six mois à deux ans d'attente

L'attente dure en moyenne de six mois à deux ans, mais c'est souvent plus, déplore la Dre Gauthier. Les conséquences peuvent être sérieuses si le psychologue ou le neuropsychologue n'intervient pas au bon moment auprès d'un patient.

Ça peut aller de l'augmentation de la complexité des problématiques jusqu'à des tentatives de suicide et des décès, énumère la Dre Gauthier. C'est urgent d'améliorer l'accès pour les plus vulnérables.

En octobre dernier, la CPRPQ avait remis au gouvernement un mémoire dans lequel elle présentait un plan pour améliorer l'accès aux psychologues. Celui-ci proposait un investissement de 155 M$ en embauchant 450 psychologues ainsi qu'un rattrapage salarial de 30 %.

En retour, Québec parviendrait à réaliser des économies récurrentes annuelles de 383 M$ sur le plan des hospitalisations et des visites médicales, notamment, selon les calculs du regroupement, qui souhaite une meilleure reconnaissance de la profession.

La Coalition des psychologues du réseau public québécois est un organisme sans but lucratif qui compte plus de 1200 membres.

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