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Des jardins forestiers pour prouver l’occupation autochtone d’un territoire revendiqué

Des chercheurs étudient le coeur d'une pommette dans un jardin forestier de l'île Nootka, en Colombie-Britannique.

Des chercheurs et des gardiens du savoir de la Première Nation Nuchatlaht ont parcouru l'île Nootka à la recherche des traces des jardins forestiers.

Photo : Nuchatlaht/Troy Moth

Radio-Canada

Une nouvelle recherche mettant en lumière l’agriculture autochtone sur l’île Nootka, en Colombie-Britannique, pourrait également avoir un impact sur les revendications territoriales de la Première Nation Nuchatlaht.

L’étude publiée dans le Journal of Archeological Science (en anglais) (Nouvelle fenêtre) s’est penchée sur l’utilisation des terres de l’île située à l’ouest de l’île de Vancouver en quête de données archéologiques et écologiques pouvant corroborer les récits traditionnels de la Première Nation.

La professeure adjointe Chelsey Geralda Armstrong, du département d’études autochtones de l’Université Simon Fraser, explique que des archéologues et des botanistes ont collaboré avec des gardiens du savoir de nuchatlaht pour identifier les jardins forestiers, des écosystèmes contrôlés permettant la culture de fruits, de baies et de racines.

La Première Nation Nuchatlaht revendique plus de 200 kilomètres carrés de terres sur l’île.

Savoir où chercher

Selon Chelsey Geralda Armstrong, ces jardins forestiers ne sont pas difficiles à trouver si l’on sait où chercher. Ils peuvent ressembler aux vergers qu’on connaît, avec des rangées bien séparées, explique-t-elle.

Elle ajoute que les découvertes faites par les chercheurs tendent à démontrer ce que les gardiens du savoir savaient depuis longtemps et mettent à mal l’impression que les écosystèmes nord-américains étaient une espèce de jardin d’Éden totalement naturel avant l’arrivée des premiers colons européens.

Lorsque l’on regarde ces jardins forestiers, c’est vrai qu’ils ont l’air sauvages, mais lorsque l’on voit les effets du travail humain, notre compréhension change, note-t-elle.

Impact potentiel sur les revendications

La découverte de ces jardins vient offrir un argument de poids dans les revendications territoriales de la Première Nation Nuchatlaht.

Pour soutenir ses revendications, la nation autochtone doit notamment prouver qu’elle occupait le territoire en 1846, lorsque la Couronne britannique a revendiqué la souveraineté des terres dans un traité définissant ce qui est aujourd’hui la frontière canado-américaine.

Le travail des archéologues se fait de plus en plus présent dans le règlement de ce genre de revendications territoriales, note Chelsey Geralda Armstrong.

Plusieurs communautés autochtones qui vivent de la tradition orale trouvent qu’il est difficile de fournir les preuves exigées par la cour, ce qui les incite à faire appel aux archéologues, précise-t-elle.

Les méthodes scientifiques occidentales comme l’archéologie et l’écologie historiques sont de puissants outils que les nations peuvent utiliser pour prouver qu’elles occupaient le territoire.

Ces recherches ont également pour effet de montrer la contribution des Autochtones à la création et à l’entretien des écosystèmes régionaux, ajoute-t-elle.

Si la science a réussi à faire savoir que la biodiversité est importante pour les écosystèmes, [...] cette biodiversité a souvent été créée et entretenue par les Autochtones.

Avec des informations de Jason Proctor, de la Presse canadienne et de l’émission The Early Edition

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