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Premiers témoignages glaçants d’enfants survivants de la tuerie d’Uvalde

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À Uvalde, non loin du lieu de la tuerie, les témoignages de solidarité prennent différentes formes.

Photo : Getty Images / Michael M. Santiago

Agence France-Presse

À la veille de la visite du président Joe Biden, l'Amérique a entendu samedi les premiers témoignages d'enfants qui ont survécu à la tuerie d'Uvalde et qui décrivent l'horreur dans cette école texane où un tireur a tué 19 jeunes élèves et deux enseignantes.

La veille, les autorités texanes avaient fait leur mea culpa, admettant que la police avait pris une mauvaise décision en n'entrant pas rapidement dans le bâtiment.

Il a fallu attendre environ une heure mardi pour que la police mette fin au massacre malgré plusieurs appels faits par des enfants qui demandaient une intervention. Les 19 agents sur place attendaient l'assaut d'une unité spécialisée.

À l'intérieur, les enfants étaient enfermés avec le tireur âgé d'à peine 18 ans.

En entrant dans la salle, ce dernier avait fermé la porte en disant aux enfants : Vous allez tous mourir puis avait ouvert le feu, a raconté un survivant, Samuel Salinas, 10 ans, à la chaîne ABC vendredi.

Je crois qu'il me visait, a témoigné l'enfant, mais une chaise qui se trouvait entre lui et le tireur a bloqué la balle. Dans la pièce au sol recouvert de sang, Samuel Salinas a essayé de faire le mort pour ne pas être visé par les tirs.

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Devant l'endroit où se déroulait le congrès de la NRA à Houston, des enfants ont participé vendredi à une manifestation pour dénoncer la tuerie d'Uvalde.

Photo : Getty Images / Patrick T. Fallon / AFP

Miah Cerrillo, 11 ans, a tenté d'échapper à l'attention du tueur de la même façon. La fillette s'est couverte du sang d'un camarade dont le cadavre se trouvait à côté d'elle, a-t-elle expliqué à CNN dans un témoignage non filmé.

Elle venait de voir l'adolescent abattre son institutrice après lui avoir dit bonne nuit.

Un autre élève, Daniel, a raconté au journal The Washington Post que pendant que les victimes attendaient que la police vienne les sauver, personne ne criait.

« J'étais effrayé et stressé parce que les balles m'ont presque touché. »

— Une citation de  Daniel, un des survivants

Sa professeure, qui a été blessée pendant l'attaque mais qui a survécu, chuchotait aux élèves de rester calmes et de ne pas bouger.

Une enfant, également touchée par une balle, avait doucement demandé à l'enseignante d'appeler la police, disant qu'elle saignait beaucoup, a relaté Daniel, qui ne peut plus dormir seul et qui fait des cauchemars.

Les enfants qui ont survécu sont traumatisés et devront vivre avec ça toute leur vie, a déclaré sa mère, Briana Ruiz.

Samuel Salinas a lui aussi dit faire des cauchemars dans lesquels il voit le tireur. L'idée de retourner à l'école ou même de revoir ses petits camarades reste effrayante. Je n'ai pas hâte, a-t-il assuré, ajoutant vouloir rester à la maison et se reposer.

Témoignages de solidarité

À Uvalde, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées samedi matin sur la place centrale, devenue un lieu d'hommage aux victimes. Sur les 21 croix qui s'y dressent désormais (une pour chaque victime), on peut lire Je t'aime ou Tu me manques.

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Alanna Deleon pleure la mort de son amie Annabelle Rodriguez, décédée dans la tuerie.

Photo : Getty Images / Chandan Khanna / AFP

Les habitants laissent des fleurs, des peluches et des messages destinés aux élèves et aux deux enseignantes. Et ils pensent aussi aux survivants.

« Nous devons aider ces enfants à se sortir de ce traumatisme, de cette douleur. »

— Une citation de  Humberto Renovato, une personne venue se recueillir

Les témoignages de survivants n'ont fait qu'accentuer la polémique autour de la réaction policière.

Pressé par les journalistes d'expliquer leur délai d'intervention très critiqué, Steven McCraw, directeur du département de la sécurité publique du Texas, a affirmé vendredi que les forces de l'ordre pensaient qu'il n'y avait peut-être plus de survivants.

La police a pourtant reçu de nombreux appels de personnes qui se trouvaient dans les deux salles de classe touchées, dont un d'une enfant à 12 h 16, plus d'une demi-heure avant l'intervention de la police, à 12 h 50, prévenant que de huit à neuf élèves étaient vivants, a déclaré M. McCraw.

Visite présidentielle

Dimanche, le président des États-Unis et son épouse Jill Biden se rendront à Uvalde pour partager le deuil des habitants de cette petite ville bouleversée par un des pires massacres par arme à feu au cours des dernières années dans le pays.

« On ne peut pas rendre les drames illégaux, je le sais. Mais on peut rendre l'Amérique plus sûre. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Samedi dans le même discours, il a dit regretter qu'à tant d'endroits, tant d'innocents soient morts.

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Le président américain Joe Biden donne une conférence de presse après la fusillade à Uvalde, au Texas.

Photo : afp via getty images / Stefani Reynolds

Sa vice-présidente, Kamala Harris, assistait quant à elle à l'enterrement d'une des 10 victimes afro-américaines tuées à la mi-mai dans une fusillade raciste à Buffalo, dans l'État de New York. Nous ne laisserons pas ceux qui sont motivés par la haine nous séparer ou nous effrayer, a-t-elle martelé.

La fusillade d'Uvalde a réveillé les traumatismes de l'Amérique. Les visages des très jeunes victimes, âgées de 9 à 11 ans, diffusés en boucle à la télévision, et les témoignages de leurs proches effondrés ont ému le pays, relançant une vague d'appels à mieux réglementer les armes à feu.

Le président démocrate, qui a régulièrement dénoncé l'épidémie de violence par arme à feu, n'a pour l'instant pas réussi à faire passer une législation d'ampleur sur la question.

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