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Vélo fantôme : « La vie d’un homme d’exception s’est éteinte ici »

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Stéphanie Ménard et sa fillette sont allées se recueillir seules devant le vélo fantôme.

Photo : Radio-Canada / Jean Arel

Radio-Canada

C'est avec émotion que Stéphanie Ménard s'est recueillie en compagnie de sa fillette près du vélo fantôme installé sur le chemin Laliberté à la mémoire de son conjoint, Sébastien Filteau, un cycliste happé mortellement à Sherbrooke en octobre dernier.

C'est elle-même qui a demandé à ce que soit installé ce symbole en bordure de la route, là où le père de son enfant a perdu la vie.

J'aimerais rappeler aux automobilistes que conduire est un privilège, grandir avec ses deux parents est un privilège, vieillir aux côtés de la personne qu'on aime est un privilège. Être en vie est un privilège.

Le 15 octobre dernier, Sébastien Filteau a été fauché par un automobiliste sur le chemin Laliberté, dans le secteur de Saint-Élie, à quelques pas de sa résidence. Pour sa conjointe, le deuil est pénible à faire.

« J'ai été contrainte à vivre une vie que je n'ai pas choisie, que je n'ai pas voulue. Un jour à la fois. »

— Une citation de  Stéphanie Ménard, conjointe de Sébastien Filteau

La dame s'est dite reconnaissante du geste fait par l'organisme Vélo fantôme. Je voulais avoir un endroit pour me recueillir, pour penser à Sébastien, pour lui parler. C'est une question spirituelle.

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Une plaque a été fixée au vélo fantôme à la mémoire de Sébastien Filteau.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Le Club cycliste de Sherbrooke croit pour sa part que le vélo fantôme suscitera une réflexion chez les automobilistes.

Changez donc votre mentalité et essayez de penser que ce pourrait être un de vos parents, un de vos amis. Ce n'est pas juste quelqu'un que tu ne connais pas. Ça brise des vies et des familles, a indiqué Richard Fortier, responsable au sein du club.

Le chemin Laliberté est très fréquenté par les cyclistes et par les piétons. La conseillère municipale du district de Saint-Élie, Christelle Lefèvre, est consciente du danger.

Ici, ce qu'on voit, c'est de la roche sur le long [de la route]. Ce n'est pas sécuritaire. C'est sec, ça glisse. Les gens ont tendance à aller sur la route. Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on puisse asphalter le plus large possible.

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Le vélo fantôme a été installé en bordure de la chaussée sur le chemin Laliberté.

Photo : Radio-Canada / Yannick Cournoyer

Le conducteur à l'origine de l'accident ainsi que sa conjointe font par ailleurs face à la justice dans ce dossier, ce qui rassure Mme Ménard.

C'est un réconfort de savoir que justice, on l'espère, sera rendue. Les enquêteurs ont fait un travail exceptionnel. Ça ne me ramènera jamais mon époux, mais ça m'apaise un peu, a fait savoir la conjointe du défunt.

Au cours de la cérémonie, celle-ci a livré un puissant témoignage devant le groupe rassemblé pour sensibiliser toute la communauté à ce genre de tragédie.

« Que ce vélo rappelle à tous ceux et celles qui l'aperçoivent que la vie d'un homme d'exception s'est éteinte ici et qu'il est de notre devoir de lui rendre hommage en adoptant une conduite responsable. »

— Une citation de  Stéphanie Ménard, conjointe de Sébastien Filteau

Quand un cycliste décède par négligence, par témérité, par impatience des conducteurs, c'est plus qu'une vie qui est détruite, c'est tout un village. C'est une voisine qui ne veut plus faire son jogging, une autre qui ne veut plus promener son chien, ce sont des enfants qui ne veulent plus attendre l'autobus sur le coin de la rue.

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