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L’ex-chauffeur de taxi d’Halifax coupable d’agression sexuelle se cacherait en Irak

On ignore comment il a pu quitter le Canada, puisqu’il devait remettre son passeport à la cour.

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Bassam Al-Rawi en cour provinciale à Halifax le 7 janvier 2019.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Un ancien chauffeur de taxi d’Halifax qui a été condamné à deux ans de prison en Nouvelle-Écosse pour avoir agressé sexuellement une femme serait en cavale en Irak, selon la Couronne.

Après avoir été autorisé à sortir de prison pendant une procédure d’appel, Bassam Al-Rawi aurait fait faux bond à la personne qui l’hébergeait, et fait maintenant l’objet d’un mandat d’arrêt.

Comment il a pu prendre un avion pour quitter le Canada est un mystère, puisqu’il devait remettre son passeport à la cour.

Remis en liberté

En 2020, Bassam Al-Rawi a été trouvé coupable d’une agression sexuelle commise à Bedford, un secteur d’Halifax, en 2012, et condamné à deux années de prison. Cette condamnation a été maintenue en appel.

Il n’a purgé que quelques mois de sa sentence. En février 2022, le juge David Farrar de la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse a accepté de remettre temporairement Bassam Al-Rawi en liberté, malgré les objections de la Couronne, car son avocat tentait de porter sa cause jusqu’en Cour suprême du Canada.

Le juge a cependant interdit à Bassam Al-Rawi de quitter le Canada, affirmant que la confiance du public envers le système de justice serait ébranlée si on lui permettait de sortir du pays.

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Bassam Al-Rawi aurait pris un aller simple sur un vol de Turkish Airlines pour Istanbul, a-t-on appris la semaine dernière à la Cour d'appel.

Photo : Reuters / Umit Bektas

Al-Rawi devait vivre à Kanata, en banlieue d’Ottawa, avec une personne qui s’était portée garante de lui. Cet individu, Fari Faisal Jeshami, devait verser une caution de 50 000 $ pour garantir le respect de cette condition, et Al-Rawi s’était engagé à verser 25 000 $.

On a aussi demandé à Al-Rawi de respecter un couvre-feu de 23 h à 6 h, et de remettre son passeport à la Cour.

Deux accusations d'agression sexuelle, plusieurs procès

Irakien d’origine arrivé au Canada comme réfugié, Bassam Al-Rawi est un citoyen canadien.

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Bassam Al-Rawi arrive en cour provinciale à Halifax le 7 janvier 2019.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Dans une autre affaire, il a été acquitté deux fois d’agression sexuelle sur une femme trouvée inconsciente dans son taxi en 2015. Son premier acquittement a entraîné des manifestations, après que le juge Gregory Lenehan eut affirmé qu’une personne en état d’ivresse pouvait consentir à un rapport sexuel.

Après s’être retrouvé dans l’engrenage de la justice, Al-Rawi a quitté la Nouvelle-Écosse et s’est installé avec sa famille en Allemagne, y obtenant une résidence permanente. Il vivait toujours en Allemagne, mais était revenu au Canada pour ses procès.

Il quitte le Canada

Après que Bassam Al-Rawi se soit volatilisé il y a deux semaines, la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse a tenu une audience d’urgence le 25 mai.

Fari Faisal Jeshami, le répondant d’Al-Rawi en Ontario, a raconté que ce dernier lui avait écrit un courriel le 13 mai, dans lequel il lui annonçait qu’il avait décidé de purger le reste de sa sentence dans un pénitencier fédéral à Springhill, en Nouvelle-Écosse.

En pièce jointe du courriel se trouvait une photo d’une carte d'accès à bord d’un vol d’Air Canada pour Halifax. Il n’y a aucune preuve que Bassam Al-Rawi ait été sur ce vol.

Ian Hutchison, l’avocat de l’ancien chauffeur de taxi, a communiqué avec la Couronne la semaine dernière et a pu confirmer que son client ne se trouvait ni à l’Établissement de Springhill, ni à l’Établissement correctionnel Central Nova.

Mercredi dernier, la juge Carole Beaton a mentionné lors de l’audience en Cour d’appel que Bassam Al-Rawi avait obtenu un billet aller simple sur un vol de Turkish Airlines à destination d'Istanbul, en Turquie. Il serait maintenant à Bagdad, la capitale de l'Irak.

On ne sait pas comment il a pu monter à bord sans son passeport.

Le procureur de la Couronne a affirmé que Bassam Al-Rawi aurait utilisé des noms d'emprunt dans le passé.

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Contrairement à ce qu'il avait écrit à son ami, Bassan Al-Rawi ne se trouvait ni à l'Établissement de Springhill, ni à l'Établissement correctionnel Central Nova (photo).

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Devant la Cour d’appel, Fari Faisal Jeshami, le répondant d’Al-Rawi, a exprimé des remords, mercredi. Je me déteste, a-t-il dit, ajoutant qu'il désapprouvait la conduite de son ami. 

La juge Beaton a indiqué que M. Jeshami n'avait pas failli à ses responsabilités à l'égard du tribunal, et l'a libéré de toute obligation supplémentaire.

La juge a aussi permis à l’avocat Ian Hutchison de se retirer du dossier. La Cour suprême du Canada n'a pas encore décidé si elle entendra ou non l'appel de Bassam Al-Rawi; si elle accepte, celui-ci n'a maintenant plus d'avocat.

La longue saga judiciaire de Bassam Al-Rawi

15 décembre 2012 : À son domicile de Bedford, Bassam Al-Rawi agresse sexuellement une femme qu’il avait fait monter dans son taxi à Halifax. Cette femme porte plainte, mais apprend en mars 2013 que la police ne déposera pas d’accusations.

22 mai 2015 : Un policier découvre une femme inconsciente dans le taxi de Bassam Al-Rawi à Halifax. Il sera accusé d’agression sexuelle.

1er mars 2017 : Bassam Al-Rawi est acquitté au terme d’un premier procès pour une agression sexuelle alléguée en 2015. Le juge Gregory Lenehan écrit alors dans son jugement : De toute évidence, une personne ivre peut donner son consentement à un rapport sexuel.

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Le 7 mars 2017 à Halifax, des manifestants dénonçaient les propos du juge Gregory Lenehan, qui avait présidé le premier procès de Bassam Al-Rawi.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

7 mars 2017 : Critiqués par une ministre et par des citoyens, les propos tenus par le juge Lenehan dans le jugement Al-Rawi provoquent des manifestations.

31 janvier 2018 : La Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse ordonne un nouveau procès pour Bassam Al-Rawi, concluant que le juge Lenehan avait commis une erreur de droit.

28 mai 2018 : Bassam Al-Rawi est accusé d’une agression sexuelle dans le secteur Bedford, à Halifax, en 2012.

4 septembre 2019 : Pour la deuxième fois, Bassam Al-Rawi est acquitté au terme du procès portant sur les allégations de 2015.

28 août 2020 : Bassam Al-Rawi est reconnu coupable d’une agression sexuelle commise à Bedford en 2012.

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Bassam Al-Rawi arrivant à la Cour suprême de Nouvelle-Écosse à Halifax avec son épouse et son avocat le 28 août 2020.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

17 décembre 2020 : Bassam Al-Rawi est condamné à deux ans de prison pour l'agression sexuelle de 2012.

21 décembre 2021 : La Cour d'appel de la Nouvelle-Écosse rejette l'appel d'Al-Rawi et maintient sa condamnation.

15 février 2022 : Son avocat ayant fait une demande d'autorisation d'appel à la Cour suprême du Canada, Bassam Al-Rawi est libéré sous conditions par la Cour d'appel de Nouvelle-Écosse.

13 mai 2022 : Bassam Al-Rawi contrevient à ses conditions de remise en liberté et disparaît.

25 mai 2022 : Dans une audience d'urgence en Cour d'appel de Nouvelle-Écosse, la juge indique que Bassam Al-Rawi a quitté le Canada et pourrait se trouver en Irak.

Avec des renseignements de Blair Rhodes, CBC

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