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Qui aura la Palme d’or? Le Festival de Cannes rend son verdict samedi

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La Palme d'or de Cannes, qui récompense le meilleur du cinéma, est incrustée de 100 diamants.

Photo : AFP / PIERRE ALBOUY

Agence France-Presse

Après la claque de Titane, les jeux sont ouverts pour la Palme d'or décernée samedi, entre un jeune réalisateur qui interroge la masculinité (Close), un thriller sud-coréen ou le film des frères Dardenne, qui pourraient obtenir un triplé historique.

Après avoir visionné les 21 films en compétition, le jury s'est retiré dans le plus grand secret, coupé des bruissements de la Croisette, pour choisir qui recevra une Palme plus chic que jamais : elle est incrustée de 100 diamants pour cette 75e édition.

Avant de présenter les catégories reines, le prix du meilleur documentaire, l'Œil d'or, a été décerné en matinée à All that Breathes, de Shaunak Sen, sur le sauvetage de rapaces à Delhi.

Toutefois, ce n'est qu'à 20 h 30 (14 h 30 heure de Montréal) que doit débuter la cérémonie que tous et toutes attendent. Le président du jury, le Français Vincent Lindon, tâchera de ne pas se prendre les pieds dans le tapis comme son prédécesseur Spike Lee qui, en 2021, révélait par mégarde la Palme d'or dès le début de la cérémonie.

À ses côtés, pour dessiner le palmarès de cette 75e  édition, figurent notamment l'actrice et réalisatrice Rebecca Hall (Vicky Cristina Barcelona), la révélation de Millenium Noomi Rapace, les cinéastes Asghar Farhadi (Grand Prix 2021 avec Un héros), Ladj Ly (Les misérables, Prix du jury 2019) et Joachim Trier (Julie en 12 chapitres).

Compétition serrée

Les jeux restent ouverts pour succéder à Julia Ducournau, la trentenaire qui a secoué la Croisette et dépoussiéré la compétition l'an dernier avec Titane.

Les chances de voir une troisième réalisatrice couronnée dans l'histoire du Festival semblent minces : l'Américaine Kelly Reichardt n'a pas transporté son public avec Showing Up, pas plus que la Française Claire Denis (Stars at Noon). Et la marche semble un peu haute pour les jeunes talents Charlotte Vandermeersch et Léonor Serraille.

Un couronnement de Lukas Dhont, Belge de 31 ans à la carrière météorique, enverrait un signal supplémentaire de rajeunissement pour la 75e édition du plus important festival de cinéma, qui souhaite ne pas perdre le lien avec les nouveaux publics.

Son film Close, déchirant, l'a emporté à l'applaudimètre en projection officielle (les applaudissements ont duré 12 minutes). Il dresse le portrait d'un garçon meurtri par une amitié perdue, abordant avec délicatesse la question de la masculinité et du poids des normes. Et révèle un talent, le jeune Eden Dambrine, 15 ans.

Mais il n'est pas seul sur les rangs : le jury pourrait suivre la majorité des critiques internationaux interrogés par le magazine Screen, et distinguer Park Chan-wook, qui rapporterait ainsi une deuxième Palme d'or à la Corée du Sud, trois ans après Parasite de Bong Joon-ho.

Decision to leave, son thriller sur un inspecteur qui tombe amoureux d'une suspecte, qui rappelle Basic Instinct, sexe et pic à glace en moins, pourrait séduire par la virtuosité de sa réalisation.

Sont également cités les frères Dardenne pour Tori et Lokita, qui pourraient leur valoir une troisième Palme d'or, fait inédit dans l'histoire de Cannes.

Le Festival de tous les possibles

Autres favoris : l'Américain James Gray, très autobiographique dans Armageddon time ou bien La femme de Tchaïkovski du Russe Kirill Serebrennikov, sur l'épouse du compositeur, longtemps restée dans l'ombre et avec laquelle il a convolé pour cacher son homosexualité.

Le couronnement de cet artiste russe, en rupture avec le régime, serait un évènement en soi en pleine guerre en Ukraine, au terme d'un Festival qui a mis un point d'honneur à offrir une large place à ce pays : dès la cérémonie d'ouverture, le président Zelensky a convoqué, en direct de Kiev, l'esprit de Chaplin et promis la défaite de Poutine.

Les surprises sont toujours possibles, voire incontournables, au terme d'un festival qui espère aider les cinémas à attirer à nouveau les foules en salles, comme avant la pandémie.

Pour faire rêver le public, la 75e édition du Festival a dégainé cette année, hors compétition, la grande vedette Tom Cruise, venue présenter le nouveau Top Gun, ou encore la nouvelle coqueluche d'Hollywood, Austin Butler, dans le rôle d'Elvis pour le biopic-évènement du King.

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