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Un nouveau prix, mais aussi de l’espoir et de la joie pour Fernand Dansereau, à 94 ans

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Le cinéaste Fernand Dansereau

Photo : L’Atelier Distribution Films

Fanny Bourel

Déjà maintes fois récompensé, le cinéaste nonagénaire Fernand Dansereau recevra une nouvelle médaille ce samedi soir lors du gala de remise des Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (PGGAS).

Content et honoré, Fernand Dansereau l’a été quand il a appris qu’il était l’une des sept personnes lauréates des PGGAS cette année, mais il a surtout été étonné. 

Quand on travaille, on ne se rend pas nécessairement compte qu’on fait une œuvre. C’est plus tard, quand les honneurs arrivent, qu’on se dit : "Mon Dieu!", raconte-t-il, par téléphone, depuis sa maison de Saint-Bruno. 

Il voit dans cette récompense une célébration de sa façon de faire du cinéma et de la télévision. J’ai beaucoup traité de la relation à l’autre et de comment en prendre soin dans mon œuvre, dit celui qui a réalisé une vingtaine de courts et de longs métrages, dont Doux aveux, avec Marcel Sabourin, en 1982, et La brunante, avec Monique Mercure et Suzanne Clément, en 2007. 

C’est aussi à lui qu’on doit les scénarios des séries télévisées Le parc des braves et Les filles de Caleb.  

Entrevue avec « le père de l’équipe française de l’ONF », Fernand Dansereau. L'animateur André Paquet brosse un portrait de sa carrière cinématographique. Source : Cinéma d’ici, 10 juin 1970

Tombé dans le cinéma par accident

Après avoir commencé sa vie professionnelle comme journaliste, il est entré dans le monde du cinéma sans l’avoir désiré, puisque c’est Pierre Juneau, qui a par la suite notamment été ministre et président de la Société Radio-Canada, qui l’a recruté à l’Office national du film (ONF) en 1955. À l’époque, Fernand Dansereau venait d’être renvoyé du Devoir pour avoir refusé de franchir une ligne de piquetage lors d’une grève des typographes. 

« Quand je regarde ma carrière au cinéma et à la télévision, je me dis que j’ai eu tellement de chance, c’est incroyable! Je n’ai jamais travaillé, je me suis toujours amusé, explorant les questions qui m’intéressaient.  »

— Une citation de  Fernand Dansereau, cinéaste

Dans les années 2010, Fernand Dansereau s’est illustré avec une trilogie documentaire sur le vieil âge, dans laquelle il s’est penché sur cette question sous l’angle du rire, de l’érotisme et de l’espoir. 

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Un extrait du documentaire « L'érotisme et le vieil âge », de Fernand Dansereau

Photo : Panache Cinéma

Un documentaire sur la joie en projet

Désormais, il aimerait réaliser un documentaire sur la joie, mais son projet a essuyé trois refus successifs. 

Depuis quelque temps, j’ai beaucoup de misère à vendre ma salade, malgré le succès de mes derniers films, déplore-t-il. J’ai l’impression que l’âgisme joue, même si je ne suis pas le seul à avoir des difficultés à obtenir du financement.

S’il parvient à réaliser son film sur la joie, cette œuvre constituera son testament philosophique

« Mon travail de création m’a procuré beaucoup de joie dans ma vie. Je crois qu’on peut développer des aptitudes qui favorisent la joie et j’aimerais partager cela avec chaque personne du public. »

— Une citation de  Fernand Dansereau, cinéaste

Celui qui a longtemps voulu avoir du succès en tant que réalisateur a revu ses objectifs. Ma joie de cinéaste vient quand les spectateurs me disent : "le film m’a fait du bien" ou "j’ai appris des choses", souligne-t-il.

Le bonheur est dans la création

Aujourd’hui, créer, qu’il définit comme étant le fait d’apporter de l’être là où il n’y en a pas, continue de contribuer à son bonheur. Chaque matin, je me demande ce que je vais créer dans la journée, confie-t-il Je ne parle pas seulement de créer quelque chose artistiquement. Cuisiner ou passer un bon coup de téléphone à une personne à qui on n’a pas parlé depuis longtemps, ce sont des actes créateurs.

Autre acte créateur qui lui donne de la joie : la peinture naïve. Je le fais pour m’amuser, et ça m’amuse beaucoup, précise-t-il. Je n’ai pas à réfléchir en termes de succès, car je suis trop vieux pour m’installer comme peintre.

En 2019, Fernand Dansereau a d’ailleurs pour la première fois vu de ses tableaux être exposés, à Saint-Bruno. J’ai même vendu des toiles, dit-il. 

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Fernand Dansereau est cinéaste, mais aussi peintre désormais.

Photo : Hélène Dansereau

Rempli d’espoir

Au cours de sa carrière, le réalisateur et scénariste a abordé la question autochtone, notamment dans la série Shehaweh, avec Marina Orsini, et dans le documentaire L’autre côté de la lune. Il se réjouit de constater que le Québec se réveille aujourd’hui sur ces enjeux. Ça faisait longtemps que cela aurait dû être fait.  

Il y voit une autre raison de croire en l’avenir, même si l’optimisme est loin de régner actuellement dans notre société. On s’inquiète avec raison de la guerre en Ukraine, de la menace russe ou des prochains feux de forêt, mais il faut aussi voir tout ce que les êtres humains inventent, font de bien et entretiennent comme relations heureuses.  

Au quotidien, des millions de gens travaillent à faire de bonnes choses et à aider les autres, et, depuis l’Homo sapiens, l’humanité a triomphé de mille dangers, poursuit-il. Alors je reste plein d’espoir pour le futur!

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