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Moins accessible que ses rivaux, Doug Ford ne prend aucun risque et évite les questions

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Le rassemblement à Hamilton s'est déroulé sur une propriété privée et les manifestants ont été tenus à l'écart.

Photo : Radio-Canada / Natasha MacDonald-Dupuis

Questionné sur l’arrestation d’une manifestante jeudi soir, lors d’un rassemblement partisan à Hamilton, Doug Ford a parlé du succès de l’événement, de l’atmosphère, du bon travail des policiers. Au journaliste qui le relançait, le chef progressiste-conservateur a souligné les chances de son parti de faire élire des candidats locaux, mais n’a toujours pas répondu à la question.

Doug Ford fait campagne dans un univers très contrôlé et n’est pas aussi disponible auprès des médias que ses principaux rivaux.

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Doug Ford avait ses notes avec lui lors du débat des chefs à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Quand vous êtes en tête, vous ne voulez pas risquer de faire une gaffe ou une erreur, rappelle Nelson Wiseman, professeur émérite en sciences politiques à l’Université de Toronto.

Duff Conacher, cofondateur de Démocratie en surveillance et étudiant au doctorat en droit à l’Université d’Ottawa, convient qu’il est assez typique pour le parti qui mène dans les intentions de vote de vouloir éviter les questions, les interventions et les situations qui risqueraient de le mettre dans l’embarras.

Mais Doug Ford va plus loin, en ne se présentant pas pour répondre aux questions après le débat dans le Nord de l’Ontario et en faisant arrêter une journaliste citoyenne lors d’un événement à Hamilton, soutient-il. 

Caryma Sa'd, une avocate et militante, a été arrêtée, escortée à l’extérieur du terrain de l’entreprise où se tenait le rassemblement, et a reçu une amende pour intrusion. 

Il n'y a aucune raison qui puisse justifier que cela se produise, déclare M. Conacher. 

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Doug Ford n'était pas resté pour répondre aux questions des journalistes, comme c'est la tradition, après le débat de North Bay.

Photo : La Presse canadienne / Gino Donato

Pas toujours utiles, les médias

Le professeur Wiseman rappelle que les politiciens parlent aux médias quand ils pensent que cela va les aider.

« Doug Ford se rendra disponible pour les médias s’il est avec Justin Trudeau pour annoncer du financement pour quelque chose, par exemple. »

— Une citation de  Nelson Wiseman, professeur émérite en sciences politiques à l’Université de Toronto
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Doug Ford et Justin Trudeau lors de l'annonce de l'entente fédérale-provinciale sur le financement des services de garde, à la fin de mars.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Peter Graefe, professeur en sciences politiques à l’Université McMaster, explique que les progressistes-conservateurs ont les ressources techniques afin de déterminer qui sont les électeurs qui peuvent voter pour eux et les moyens financiers pour les atteindre. Ils n’ont pas besoin des médias pour convaincre l’Ontarien moyen; ils ont une stratégie plus ciblée.

Les médias ont un ''aspect dérangeant’’, tout comme les débats, parce qu’il y a un risque de perdre le contrôle sur le message, d’avoir à répondre à des questions difficiles, à admettre un certain aspect contradictoire dans son discours, à avoir à parler des moins bons coups du gouvernement, raconte M. Graefe.

Gérer le risque

Le contrôle du message s’étend aux candidats. Radio-Canada s’est vu refuser plusieurs entrevues de candidats progressistes-conservateurs. Des organisateurs de débats dans les circonscriptions ont aussi dû se passer de leur présence.

Pourquoi iraient-ils être la cible des attaques s’ils pensent qu’ils vont gagner dans le comté de toute façon, pourquoi courir le risque?, fait valoir Nelson Wiseman.

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Seulement trois candidats ont participé au débat dans Glengarry-Prescott-Russell, le progressiste-conservateur et le néo-démocrate étaient absents.

Photo : Facebook / ONfr

Peter Graefe rappelle qu’un candidat qui s'éloignerait du message officiel ou tiendrait des propos un peu bizarres nuirait au parti. Dans ce contexte, le rôle d’un candidat conservateur est assez limité.

« Le rôle du candidat, c’est de bien gérer la campagne locale et d’amener les électeurs qui ont été ciblés dans les bases de données du parti à aller voter, de les contacter, et non pas d’être dans le grand public pour aller parler aux indécis. »

— Une citation de  Peter Graefe, professeur en sciences politiques à l’Université McMaster

Le droit de savoir

Duff Conacher pense qu’on entendra encore moins le chef progressiste-conservateur au cours des derniers jours de la campagne. 

Beaucoup de gens commencent seulement à s’intéresser à la campagne dans les derniers milles. Il croit qu’une manchette ou un commentaire du type Doug Ford a la trouille et esquive les questions lui ferait du tort, particulièrement auprès des électeurs imprévisibles ou indécis.

M. Conacher croit fermement que les chefs et les candidats devraient être tenus de participer aux débats et sessions de questions-réponses du public et des médias. 

S’il y a un moment où les politiciens devraient répondre aux questions, c’est bien au cours d’une campagne électorale, conclut-il. Le public a le droit de savoir; c’est ce qui prévaut.

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