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Le festival TransAmériques et l’OFFTA vibrent à nouveau à Montréal

Des personnes habillées avec des vêtements très colorés dansent sur scène.

Des interprètes de «Re:Incarnation», du chorégraphe nigérian Qudus Onikeku

Photo : Herve Veronese

Radio-Canada

Le festival TransAmériques (FTA) bat son plein jusqu’au 9 juin à Montréal, avec une programmation mêlant danse et théâtre dans laquelle l’Afrique ainsi que l’écologie occupent une place particulière. Quant au festival OFFTA, qui a été lancé en marge du FTA en 2007, il débute ce vendredi pour 10 jours axés sur l’art vivant émergent.

C’est Re:Incarnation, du chorégraphe nigérian Qudus Onikeku, qui a ouvert le bal du FTA mercredi soir. Présenté jusqu’à samedi, ce spectacle plein d’énergie sur la fureur de vivre met en scène 10 interprètes et un duo musical. 

Cette œuvre fait appel à différents styles – afrobeat, dancehall, hip-hop, capoeira ou encore funky house – pour évoquer le cycle de la vie, au cours duquel se succèdent la naissance, la mort, le retour à la vie…Une renaissance qui est aussi celle de l’Afrique. 

Quand je parle de réincarnation, je parle du fait qu’on pourrait incarner toutes les amnésies, les savoirs et le pouvoir passés qui ont été étouffés par la colonisation, explique Qudus Onikeku, qui a été formé à l’École nationale supérieure des arts du cirque en France. 

Place à l’Afrique

Re:Incarnation met en scène la vitalité de la jeunesse – plus de 60 % de la population du Nigéria a moins de 25 ans – avec des danseurs et des danseuses dont les corps sont porteurs d’une mémoire, selon le chorégraphe né en 1984. 

Ce qui me fascine dans cette nouvelle jeunesse qui prend en main son destin et qui commence à créer, c’est le rapport avec le temps que leurs corps ont, dit celui qui n’avait encore jamais vu une de ses créations être présentée à Montréal.

Même s’ils ne sont pas au courant de choses qui se sont passées avant eux, le corps, d’une façon assez magique, se réapproprie toutes les choses du passé.

Pour Qudus Onikeku, la jeunesse africaine dispose d’une grande liberté pour créer, notamment grâce à l’immense terrain de jeu que constituent les téléphones intelligents et les réseaux sociaux.

« La jeunesse est très inventive, car il faut être innovant pour survivre en Afrique.  »

— Une citation de  Qudus Onikeku, chorégraphe

Autre chorégraphe d’Afrique à avoir répondu à l’invitation du FTA cette année : l’Ivoirienne Nadia Beugré, qui se penche sur la représentation de la masculinité dans L’homme rare, du 29 au 1er juin.

Du 3 au 5 juin, la pièce Traces – Discours aux Nations Africaines fera se rencontrer l’intellectuel sénégalais Felwine Sarr et l’homme de théâtre burkinabé Étienne Minoungou.

Originaires également du Burkina Faso, Odile Sankara et Aristide Tarnagda proposent jusqu’à samedi une lecture théâtrale du roman La plus secrète mémoire des hommes, qui a valu le prix Goncourt 2021 à son auteur Mohamed Mbougar Sarr. 

Sensibiliser à l’écologie

Les périls qui menacent la planète ont inspiré plusieurs œuvres présentées au FTA. Jusqu’à dimanche, un aquarium géant est installé sur l’esplanade Tranquille du Quartier des spectacles. Imaginée par l’Américain Lars Jan, cette performance gratuite de cinq heures, intitulée Holoscenes, se déroule sous l’eau. 

Je me suis intéressé à l’eau pour réfléchir à notre futur, dit-il. Car on peut penser aux changements climatiques en termes d’inondation, de sécheresse, de hausse du niveau des mers, des déluges de pluie qui peuvent détruire les récoltes.

Le Festival TransAmériques s'est mis en branle hier soir à Montréal. Jusqu'au 6 juin, les festivaliers peuvent assister à des performances de théâtre et de danse.

Quant à l’artiste brésilienne Gabriela Carneiro da Cunha, elle offre, avec sa performance Altamira 2042, une plongée sonore dans l’écosystème d’un fleuve amazonien abîmé à la suite de la construction d’un barrage. 

À noter aussi la présentation de la lecture théâtrale de La conquête du béluga avec laquelle l'artiste multidisciplinaire gaspésienne Maryse Goudreau souhaite susciter une réflexion sur notre relation au vivant.

Une pièce sur le sentiment d’impuissance face au système

Des créateurs et créatrices du Québec font aussi partie de la programmation du FTA cette année. On retrouve notamment la chorégraphe montréalaise Catherine Gaudet et son spectacle Les jolies choses, la metteuse en scène Alix Dufresne associée au dramaturge Étienne Lepage pour Malaise dans la civilisation, ainsi que la chorégraphe Mélanie Demers et la danseuse Angélique Wilkie dans Confession publique et Le virus et la proie, de Pierre Lefebvre. 

Cette pièce, qui a pour point de départ une lettre écrite à une personne de pouvoir, est présentée en première vendredi soir au FTA, et ce jusqu’à mardi avant de prendre la route de Québec. C’est le Québécois Benoît Vermeulen qui en assure la mise en scène.

Quand j’ai découvert cette pièce, j’ai eu vraiment un choc, car c’est un constat très lucide, intelligent, sensible et plein d’esprit sur notre désarroi face à un système politique et économique qu’on a créé, mais devant lequel on ressent de l’impuissance, explique Benoît Vermeulen. Peu importe le geste qu’on va faire, ça ne changera pas grand-chose.

Ce n’est pas seulement un brûlot ou une attaque, c’est vraiment comment je peux faire pour agir avec ce système.

Safia Nolin au OFFTA

Organisé en parallèle du FTA, le festival OFFTA se déroule jusqu’au 5 juin.Tous les jours, les gens pourront pousser la porte de la cabine téléphonique installée sur la Place de la Paix, dans le quartier des spectacles, et décrocher le combiné pour découvrir le projet participatif Cabine / Trace

Autres œuvres qui attendent le public : Quelqu’une, conçu à partir des enregistrements faits par une jeune femme de sa grand-mère, une résidente d’un CHSLD qui perd la mémoire, et Le magasin, qui propose des récits visuels sur ces commerces peinant à s’adapter à la pandémie et à l’engouement pour les achats en ligne. 

L’OFFTA s’achèvera le 5 juin sur Feu de forêt, une série de tableaux musicaux dans laquelle Safia Nolin et Maryse Goudreau exprimeront leur passion pour les cétacés.

Ce texte a été écrit à partir d'entrevues réalisées par Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l'émission Le 15-18. Les propos ont pu être édités à des fins de clarté ou de concision.

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