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Les enseignants albertains doivent se prononcer sur une offre contractuelle

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Les enseignants albertains sont parmi les mieux payés au Canada, mais leurs salaires sont gelés depuis sept ans (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les enseignants de l’Alberta ont jusqu’au 8 juin pour se prononcer sur une offre contractuelle qui comprend une augmentation salariale en deux tranches, assortie d’une prime. Cette offre leur a été proposée sur recommandation du médiateur de la province.

Dans un rapport daté du 3 mai dont CBC/Radio-Canada a obtenu copie, le médiateur Lyle Kanee recommande une augmentation de salaire en deux tranches : une première hausse de 1,25 % en septembre de cette année, et une autre de 2 % en septembre 2023.

Cette offre est assortie d’une prime de ratification, à savoir que les enseignants verront également leur salaire se bonifier de 0,5 % s’ils ratifient l'entente avant septembre.

Les 46 000 membres de l'Association des enseignants de l’Alberta (ATA) doivent se prononcer lors d'un vote de ratification du 5 au 8 juin.

Dans son rapport, le médiateur a également recommandé d'augmenter le salaire quotidien des enseignants suppléants de 2 % en remplacement des vacances et des congés payés.

Des voix exhortent à voter contre l’entente

L’Association des enseignants de l’Alberta demande à ses membres de voter en faveur de l'accord, mais trois de ses anciens présidents recommandent le contraire.

Dans une lettre ouverte adressée aux enseignants et envoyée la semaine dernière, Larry Booi, Frank Bruseker et Carol Henderson, présidents successifs de l'ATA de 1999 à 2013, appellent à rejeter l’entente qu’ils jugent décevante et problématique.

Je crois qu’elle est [l’entente] décevante à tous égards, juge Larry Booi, qui a présidé le syndicat de 1999 à 2003 et mené la grève des enseignants de 2002.

Les trois hommes expliquent que la nouvelle offre ne tient pas compte de l’augmentation du coût de la vie alors que les finances provinciales s'améliorent à la faveur de l’augmentation des cours des produits pétroliers et gaziers.

Ils ont aussi rappelé les difficultés des éducateurs qui s'emploient à gérer au quotidien des classes de plus de 40 élèves et un nombre de plus en plus élevé d'enfants aux prises avec des besoins spéciaux tels que des troubles d'apprentissage ou encore des problèmes de santé mentale.

Les propositions du médiateur ressemblent par ailleurs aux accords signés plus tôt cette année par le Syndicat des infirmières unies de l’Alberta et les plus de 18 000 aides-soignants, assistants et infirmières auxiliaires du Syndicat des employés de la fonction publique de l’Alberta.

Les enseignants seraient dans une position de faiblesse

Larry Booi a déclaré par ailleurs qu’un refus de l'offre d’augmentation ne doit pas nécessairement déclencher une grève, mais pourrait permettre aux enseignants de se donner une période de réflexion avant de faire pression pour obtenir un meilleur accord salarial.

Directeur général à la Commission à l’intérêt public de l’Alberta, Brad Lafortune croit pour sa part que les enseignants ne sont pas dans une bonne posture pour refuser l’offre, car malgré leurs différentes revendications pour faire évoluer la grille qui fixe leurs salaires en fonction du niveau d'éducation et de l’ancienneté, celle-ci est restée inchangée depuis plusieurs années, explique-t-il.

Jason Foster, professeur de ressources humaines et de relations de travail à l'Université Athabasca, partage ce point de vue. Selon lui, il y a une forte chance que les travailleurs de l’éducation signent l’entente, car ils sont déjà assez frustrés et épuisés.

« Parfois, les travailleurs savent que ce n'est pas beaucoup, mais ils comprennent qu'ils ne peuvent rien obtenir de mieux. »

— Une citation de  Jason Foster, expert en relations de travail

Les enseignants de l'Alberta sont parmi les mieux payés au Canada, mais leur salaire est gelé depuis 2015.

Où se situent les enseignants albertains en matière de traitement salarial au Canada?

Les modalités de rémunération des enseignants varient selon les provinces. La Saskatchewan, par exemple, dispose d’une échelle salariale uniforme sur toute l’étendue de son territoire, alors qu’en Alberta, la grille salariale des travailleurs de l’éducation prend en compte le niveau d'éducation et l’expérience. À propos du niveau d’éducation, l'Ontario et le Manitoba exigent cinq ans d'études postsecondaires, alors que l'Alberta demande quatre ans. Les enseignants les plus expérimentés du Manitoba sont parmi les mieux payés au pays, mais moins que ceux des trois territoires qui gagnent les salaires les plus élevés à l’échelle nationale.

Outre l’entente, les enseignants examineront également l'offre qui fait suite à l'adoption par le gouvernement albertain du projet de loi 15 visant à enlever au syndicat des enseignants sa traditionnelle prérogative en matière de gestion des processus disciplinaires concernant ses membres.

Avec les informations de Janet French

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