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Étudiants francophones étrangers : Québec dépouillera-t-il le Nouveau-Brunswick?

La décision de Québec de réduire les droits de scolarité de certains étudiants étrangers pourrait avoir des conséquences sur l'immigration francophone et le recrutement de main-d'oeuvre au Nouveau-Brunswick.

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Des établissements d'enseignement postsecondaire du Nouveau-Brunswick craignent que les étudiants internationaux francophones se précipitent sur le Québec, qui leur propose un allégement de leurs droits de scolarité.

Photo : Getty Images / thefurnaceroom

Radio-Canada

La décision de Québec de réduire les droits de scolarité de certains étudiants étrangers inquiète au plus haut point le milieu de l’éducation postsecondaire francophone du Nouveau-Brunswick.

Cette nouvelle mesure du gouvernement québécois s'adresse aux étudiants internationaux qui s’inscrivent à un programme issu d'un domaine où le Québec manque de main-d'oeuvre.

À partir de l'automne 2023, ils pourront payer les mêmes droits de scolarité qu'un étudiant québécois, soit 0 $ au collégial (plutôt que 17 000 $) et environ 3000 $ à l'université (plutôt que 24 000 $).

Deux conséquences négatives pour le Nouveau-Brunswick

Le président-directeur général des Collèges communautaires du Nouveau-Brunswick (CCNB), Pierre Zundel, avoue avoir été déstabilisé par l’annonce québécoise.

« Ça soulève des inquiétudes qui risquent de changer fondamentalement le marché de l’éducation postsecondaire chez nous. »

— Une citation de  Pierre Zundel, PDG des Collèges communautaires du N.-B.

Les CCNB et l’Université de Moncton [UdeM] sont deux passages importants pour l’immigration francophone. Aux CCNB, nous avons environ 600 étudiants étrangers, et 90 % d’entre eux veulent rester ici, a-t-il commenté vendredi, au terme d’une annonce fédérale-provinciale sur l’amélioration des services éducatifs offerts aux collèges communautaires.

Cette annonce pourrait à la fois réduire nos capacités respectives de répondre aux besoins de main-d’œuvre dans des secteurs prioritaires du Nouveau-Brunswick, ainsi que nos capacités à contribuer activement à l’immigration francophone dans la province, ont déclaré conjointement dans un communiqué, mercredi, Denis Prud’homme, recteur et vice-chancelier de l’Université de Moncton, et Pierre Zundel.

Ils craignent des répercussions à long terme sur les universités et les collèges francophones hors Québec.

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Le président-directeur général des Collèges communautaires du Nouveau-Brunswick, Pierre Zundel

Photo : Radio-Canada

Ils ajoutent que l’UdeM et les CCNB contribuent de façon active à l’immigration francophone. Mais avec la nouvelle mesure prise par Québec, ce sera plus difficile pour les établissements acadiens de contribuer à l’atteinte des cibles d’immigration du gouvernement du Nouveau-Brunswick.

Les deux dirigeants ont affirmé que des discussions sont prévues avec le gouvernement du Québec.

Selon Pierre Zundel, il faut avant tout savoir ce que le programme québécois veut dire exactement et combien d’étudiants étrangers il pourrait attirer. Québec y investit 80 millions de dollars sur quatre ans.

M. Zundel croit possible de trouver une solution équitable pour assurer la vitalité des communautés francophones en contexte minoritaire au Canada.

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Jean-Sébastien Léger, le 9 avril

Photo : Radio-Canada

Jean-Sébastien Léger, le président de la Fédération des étudiantes et des étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM), est convaincu que le coup de barre que vient d’annoncer Québec nuira aux efforts des établissements postsecondaires acadiens de recruter au niveau international des personnes qui viendront ensuite assurer le développement démographique des régions.

Nos institutions d’éducation postsecondaire sont un grand facteur d’immigration. L’Université de Moncton a un taux de rétention d’étudiants internationaux de 80 %. Si nous perdons ça, nos communautés francophones souffriront au profit des communautés du Québec, calcule Jean-Sébastien Léger.

Avec les informations de la journaliste Mina Collin

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