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Projet pilote de téléréadaptation en physiothérapie en Basse-Côte-Nord

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Ce projet pilote de téléréadaptation en physiothérapie est d'une durée d’un an, jusqu’en décembre prochain (archives).

Photo : getty images/istockphoto / AndreyPopov

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Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord met à l'essai, depuis le mois de décembre, un projet pilote de téléréadaptation en physiothérapie pour les patients de la Basse-Côte-Nord.

Le CISSS s’est associé dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) avec la clinique privée Physiothérapie Universelle, de la région de Montréal, pour mettre à l’essai ces séances virtuelles de téléréadaptation.

Ce service est offert à tous les patients pour les services généraux de physiothérapie sur la Basse-Côte-Nord, de Kegaska à Blanc-Sablon.

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Même si la majorité des séances sont virtuelles, des thérapeutes se rendent chaque deux mois à Blanc-Sablon pour offrir certains soins qui ne se sont pas possibles virtuellement, notamment pour des interventions manuelles du physiothérapie et pour des tests spécifiques. (archives).

Photo : Getty Images / LSOphoto

[Physiothérapie Universelle] nous a fait une offre, au CISSS de la Côte-Nord, de faire un projet pilote à Blanc-Sablon pour être en mesure de desservir la population, mais de façon ‘’en dehors de la boîte’’, de façon moins traditionnelle, explique Karine Landry du CISSS de la Côte-Nord.

« Actuellement, si je n’ai pas le contrat avec Physiothérapie Universelle, ça va être très difficile de desservir la population [de la Basse-Côte-Nord] en physiothérapie. »

— Une citation de  Karine Landry, directrice des programmes de déficience intellectuelle, troubles du spectre de l'autisme et déficience physique au CISSS de la Côte-Nord
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Karine Landry, directrice des programmes de déficience intellectuelle, troubles du spectre de l'autisme et déficience physique au CISSS de la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Les services de réadaptation du CISSS sont touchés de plein fouet par la pénurie de main-d'œuvre.

Selon des chiffres récents de l'organisation, il y a cinq postes de physiothérapeutes et sept postes d'ergothérapeutes à pourvoir.

Nombre de postes à combler pour certains emplois en réadaptation au CISSS de la Côte-Nord

Titre d'emploi

Postes comblés

Postes vacants

% des postes à pourvoir

Physiothérapeute

22

5

19%

Ergothérapeute

36

7

16%

En raison de cette pénurie de main-d'œuvre, le CISSS de la région est ouvert aux propositions qui permettent d’augmenter l’accessibilité des services aux patients, dont la téléréadaptation.

Physiothérapie Universelle indique qu’en date du 25 mai, plus de 90 patients en Basse-Côte-Nord ont été évalués depuis le lancement du projet pilote en décembre.

Sur les 90 évaluations, il y a eu environ 230 traitements. Puis, il y a 60 personnes qui ont déjà eu congé, ce qui est très bien. Ça veut dire qu’on a une moyenne d’une évaluation pour trois traitements.  [...] Ça nous donne une très bonne moyenne pour arriver à des fins qui sont très satisfaisantes pour les clients, affirme Léna Mardelli, physiothérapeute et directrice au développement chez Physiothérapie Universelle.

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Léna Mardelli, physiothérapeute et directrice au développement chez Physiothérapie Universelle.

Photo : Gracieuseté de Léna Mardelli

Le président de l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec, Denis Pelletier, considère que la téléréadaptation est l’une des manières de rendre plus accessibles les services de physiothérapie. La téléréadaptation réduit les déplacements des professionnels, ce qui nous permet de les rendre plus disponibles pour des prestations de services, dit-il.

« Avec la téléréadaptation, on n’a peut-être pas plus de professionnels à court terme, mais ils sont beaucoup plus accessibles qu’ils ne l’étaient.  »

— Une citation de  Denis Pelletier, président de l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec
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Denis Pelletier, président de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec, en entrevue Facetime avec Radio-Canada

Photo : Facetime / Capture d'écran

Les thérapies virtuelles, un frein à l’accessibilité?

De son côté, le président l'Ordre des ergothérapeutes du Québec (OEQ), Alexandre Nadeau, est d’accord avec l'idée que la téléréadaptation est une piste de solution à explorer davantage, mais émet des doutes quant à son utilité pour certains patients.

Il ne faut pas oublier que les besoins [thérapeutiques] et les moyens d’accès sont différents d’un individu à l’autre, note M. Nadeau.

« Il ne faudrait pas s’en remettre seulement à ce moyen, parce que ce n’est pas tout le monde qui a la même capacité au niveau de l’Internet. »

— Une citation de  Alexandre Nadeau, président de l'Ordre des ergothérapeutes du Québec (OEQ)
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Alexandre Nadeau, président de l'Ordre des ergothérapeutes du Québec (OEQ).

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

C’est sûr qu’il y a un peu de limites, des fois, à la technologie, il y a des choses qu’on ne peut pas faire à 100 %. On ne prétend pas qu’on va tout faire avec ça. Mais, sincèrement, il y a au moins 70 % à 80 % des choses qu’on peut faire en téléréadaptation, soutient de son côté Léna Mardelli.

William Montminy, qui est technologue en physiothérapie chez Physiothérapie Universelle, explique qu’il se rend chaque deux mois avec des collègues à Blanc-Sablon pour offrir certains soins qui ne se sont pas possibles virtuellement.

On fait les évaluations en téléréadaptation ou, des fois, directement sur place [à Blanc-Sablon], explique celui qui avait déjà de l'expérience de travail sur la Basse Côte-Nord et y avait observé les besoins en soins de réadaptation.

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William Montminy, technologue en physiothérapie chez Physiothérapie Universelle.

Photo : Gracieuseté de Léna Mardelli

En complément aux thérapies virtuelles, les séances en personnes sont importantes lorsqu’une partie de l’évaluation ou du traitement nécessite une intervention manuelle du physiothérapeute et pour des tests spécifiques. Les visites en personnes sont aussi nécessaires si la condition du patient n’évolue pas comme prévu.

C’est pour ça qu’on a fait un projet vraiment hybride, où on est sur place pour faire les choses qu’on ne peut pas faire à distance, et on est à distance pour tout le reste, raconte Mme Mardelli.

Ce projet pilote de téléréadaptation en physiothérapie est d'une durée d’un an, et s'échelonne jusqu’en décembre 2022. Le CISSS de la Côte-Nord indique qu’il compte étudier à l’automne prochain la possibilité de renouveler le mandat avec Physiothérapie Universelle.

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