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Lutte contre les GES : le G7 maintient le cap, estime Steven Guilbeault

Les ministres posent pour une photo de groupe. Au centre, à droite : le ministre canadien Steven Guilbeault.

Les ministres participants à la rencontre du G7 à Berlin, de gauche à droite : Greg Hands et Lord Goldsmith (Grande-Bretagne), Kadri Simson et Virginjus Sinkevicius (UE), Siti Nurbaya (Indonésie – pays invité), Robert Habeck (Allemagne), Steven Guilbeault (Canada), Steffi Lemke (Allemagne), John Kerry (États-Unis) et Roberto Cingolani (Italie)

Photo : AFP / JOHN MACDOUGALL

Selon le ministre canadien de l'Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, la guerre en Ukraine et la nécessité pour l'Europe de se sevrer du pétrole et du gaz russes n'empêchent pas les membres du G7 de progresser dans leur lutte contre les changements climatiques.

Nous n'avons pas dévié de nos objectifs, s'est félicité Steven Guilbeault lors d'une conférence de presse téléphonique qu'il a donnée vendredi depuis Berlin conjointement avec son homologue aux Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson.

Les deux ministres ont pris part cette semaine, dans la capitale allemande, à une réunion des ministres du Climat et de l'Énergie qui s'est échelonnée sur trois jours.

La crise énergétique qui secoue l'Europe dans le contexte de la guerre en Ukraine avait incité des experts et des journalistes à prédire un recul dans les pourparlers sur le climat à Berlin.

Or, c’est loin d’être le cas, a affirmé M. Guilbeault en citant la résolution des pays membres du G7 d'éliminer progressivement la production d’électricité au charbon sans dispositif d’atténuation (c’est-à-dire sans dispositif de captage et de stockage du carbone afin de réduire les émissions).

À Berlin, les ministres de l’Environnement se sont aussi entendus sur la décarbonisation des réseaux électriques d’ici 2035 et sur l’élimination progressive du financement international des projets de combustibles fossiles d’ici la fin de 2022, notamment.

Par rapport à l’année dernière, des progrès ont été réalisés, a assuré M. Guilbeault, qui participait pour la première fois en tant que ministre à une rencontre du G7 en matière d’environnement. Celui qui a cofondé et dirigé Équiterre et qui a été directeur de campagne pour Greenpeace a hérité du portefeuille de l’environnement en octobre 2021, peu avant la Conférence de Glasgow sur les changements climatiques (COP26).

La rencontre de Berlin s'est avérée fructueuse, a insisté M. Guilbeault, et a donné lieu à un niveau d’entente et de collaboration jamais vu au G7.

Et c'était souhaitable, car nous ne pouvons pas attendre, le monde ne peut pas attendre, a-t-il affirmé.

Quand vient le temps de discuter d'avenues pour subvenir à leurs besoins énergétiques sans dépendre de la Russie, les pays membres du G7 font confiance au Canada, a dit Steven Guilbeault. Ils font affaire avec le Canada parce que nous avons un plan de réduction des gaz à effet de serre [GES], a-t-il cité entre autres exemples.

Passer du pétrole aux énergies propres

Quatrième producteur mondial de pétrole, le Canada a répondu aux demandes d'aide des Européens en annonçant à la fin de mars une augmentation d'environ 5 % de ses exportations d'or noir.

L'industrie canadienne a la capacité d'augmenter progressivement ses exportations de pétrole et de gaz d'environ 300 000 barils par jour (200 000 barils de pétrole par jour et 100 000 barils d'équivalent pétrole par jour de gaz naturel) au cours de 2022 afin de remplacer le pétrole et le gaz russes, avait déclaré, fin mars, le ministre Jonathan Wilkinson.

M. Wilkinson a indiqué vendredi que le Canada ne pourra pas en fournir davantage.

Steven Guilbeault entouré des ministres allemands Steffi Lemke et Robert Habeck lors du sommet du G7 à Berlin.

Le ministre canadien de l'Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, en compagnie des ministres allemands Steffi Lemke et Robert Habeck lors de la rencontre des ministres de l'Énergie et du Climat du G7 à Berlin en mai 2022

Photo : AFP / JOHN MACDOUGALL

Bien qu'il soit impératif pour les pays européens de s'affranchir de leur dépendance au pétrole et au gaz russes, ils se heurtent à la réalité, a expliqué Steven Guilbeault en citant un entretien qu'il a eu à Berlin avec le vice-chancelier allemand Robert Habeck. Celui-ci copréside le parti Alliance 90/Les Verts et n’est certes pas en faveur des combustibles fossiles, a noté M. Guilbeault.

Mais une période de transition s’impose aux Allemands. La réalité, c’est que l’Allemagne importe 50 % de son gaz naturel de Russie, a dit le ministre canadien de l’Environnement. Il faut remplacer ces importations à très court terme.

Pour accélérer la transition des Européens vers de l'énergie propre et pour instaurer des chaînes d'approvisionnement fiables de cette énergie, le Canada peut jouer un rôle en exportant de l'hydrogène vers le continent européen, selon le ministre Wilkinson.

Questionné à savoir si le Canada exporterait de l'hydrogène vert, donc produit sans émissions de gaz à effet de serre à l'aide de l'énergie éolienne ou solaire ou encore de l'hydroélectricité, Jonathan Wilkinson a répondu que les provinces de l'est du pays, comme le Québec, peuvent produire ce type d'hydrogène destiné à l'Europe. Les provinces de l'ouest du pays, elles, pourraient être appelées à fournir de l'hydrogène produit avec du gaz naturel, souvent qualifié d'hydrogène bleu.

Il y a beaucoup de discussions actuellement avec quelques provinces au sujet de l'hydrogène, a indiqué le ministre Wilkinson.

Les pays du Groupe des Sept, composé du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon, du Royaume-Uni, des États-Unis et de l'Union européenne, ont également fait la promesse de mettre fin, dès cette année, à tout financement international des projets liés aux énergies fossiles, un engagement qu'avait pris le Canada à la COP26 l'an dernier à Glasgow, en Écosse.

Les membres du G7 ont également convenu de doubler le financement destiné à l'adaptation aux changements climatiques dans les pays en développement, ce qui s'inscrit dans l'objectif des nations membres de mobiliser 100 milliards de dollars, peut-on lire dans le communiqué publié par Ottawa.

Ces engagements seront soumis aux chefs d'État le mois prochain lors du sommet du G7 à Elmau, en Allemagne.

Avec les informations de La Presse canadienne

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