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Les séparatistes prorusses revendiquent la prise d’une localité clé du Donbass

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Les Russes visent des quartiers résidentiels, selon le gouverneur de la région de Louhansk.

Photo : afp via getty images / Aris Messinis

Radio-Canada

Les forces russes semblent désormais progresser rapidement dans l’est de l'Ukraine. Les séparatistes prorusses ont affirmé vendredi avoir pris la localité de Lyman et progressent vers la ville stratégique de Sievierodonetsk, qui serait quant à elle déjà largement détruite.

Sur son compte Telegram, l'état-major de la défense territoriale de l'autoproclamée république séparatiste prorusse de Donetsk a indiqué avoir pris le contrôle complet de Lyman, une petite municipalité qui compte habituellement 20 000 habitants, mais qui est considérée comme un carrefour important de la région du Donbass.

Les autorités ukrainiennes confirment que la majeure partie de la ville avait été conquise, mais qu'elles maintenaient des positions défensives dans les quartiers du nord-ouest et du sud-ouest.

La prise de Lyman par les forces russes leur ouvrirait la route vers les centres régionaux de Sloviansk, puis Kramatorsk, tout en leur permettant de s'approcher d'un encerclement total de l'agglomération formée par les villes de Sievierodonetsk et Lyssytchansk, deux autres importantes villes ukrainiennes situées plus à l'est.

À Sievierodonetsk, quatre civils ont été tués et 50 immeubles ont été endommagés, a annoncé vendredi matin le gouverneur de la région, Sergueiï Gaïdaï. Les deux tiers de la ville seraient encerclés par les forces russes.

« Les habitants de Sievierodonetsk ont oublié ce que c'est qu'un cessez-le-feu d'au moins une demi-heure. Les Russes pilonnent sans cesse les quartiers résidentiels. »

— Une citation de  Sergueiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk

« Nous aurons assez de puissance de feu et de ressources pour nous défendre. Cependant, il est possible que, pour ne pas être encerclés, nous devions battre en retraite », a-t-il ajouté.

Quelque 60 % du parc de logements de Sievierodonetsk a été détruit et 85 à 90 % des bâtiments de la ville ont été endommagés et nécessiteront une restauration majeure, a indiqué de son côté un haut responsable du Pentagone.

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Klaudi Pushnir, 88 ans, est arrivée à Sievierodonetsk quand elle avait 17 ans. Elle vit dans un abri depuis le début du conflit.

Photo : Getty Images / Yasuyoshi Chiba/ AFP

Selon le chef de l'administration civile et militaire de Sievierodonetsk, Alexander Stryouk, entre 12 000 et 13 000 personnes sont restées dans cette ville, qui comptait 100 000 habitants avant la guerre.

Macabres bilans

Ailleurs, le bilan des victimes continue d’augmenter : quatre dans la région de Donetsk et un autre à Komychouvakha. À Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine, à 50 km de la frontière russe dans l'est du pays, les sirènes d'alerte aérienne ont de nouveau retenti vendredi à l'aube.

La veille, des bombardements y ont fait 9 morts et 19 blessés, tous des civils, selon le président ukrainien Volodymy Zelensky. Des missiles ont notamment touché le secteur résidentiel du quartier de Pavlové Polé, au nord de la ville, selon l'AFP.

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Des frappes dans un quartier résidentiel du nord de Kharkiv ont fait une dizaine de morts le 25 mai.

Photo : Getty Images / John Moore

À Dnipro, le bombardement d’une base ukrainienne a fait 10 victimes et une trentaine de blessés

Jeudi soir, M. Zelensky avait accusé la Russie de mener un génocide dans toute cette région du Donbass. L'actuelle offensive des occupants dans le Donbass pourrait vider la région de ses habitants, a affirmé M. Zelensky dans son message vidéo quotidien, accusant les Russes de chercher à réduire en cendres Sievierodonetsk et d'autres villes de cette vieille région minière.

Les forces russes y procèdent à des déportations et à des tueries de masse de civils, a poursuivi le président ukrainien, dénonçant une politique évidente de génocide menée par la Russie.

Le conflit a jusqu'ici coûté environ 600 milliards de dollars américains à l'Ukraine, selon une étude de la Kyiv School of Economics. Le quart de cette somme correspond à des dommages directs aux infrastructures et aux bâtiments.

Notre dossier Guerre en Ukraine

Ballet diplomatique...

Malgré les réticences de la Hongrie, les pays de l'Union européenne négocient actuellement un accord visant à bloquer les importations de pétrole russe, dont seraient exemptées les livraisons par oléoducs, a-t-on appris vendredi auprès de plusieurs responsables européens. Un accord pourrait être scellé dimanche.

Les trois quarts du pétrole russe destiné à l'Europe sont livrés par pétroliers, selon le groupe de réflexion Bruegel. Un embargo sur les livraisons maritimes aurait toujours un impact massif sur les revenus pétroliers de la Russie, ce qui réduirait sa capacité à financer sa guerre en Ukraine.

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Le Pegas, un pétrolier russe, avait été saisi en mer Égée en avril. Un responsable des garde-côtes grecs a précisé que la cargaison du navire n'avait pas été confisquée.

Photo : Reuters / Vassilis Triandafyllou

Jeudi, Moscou avait rejeté le plan de paix italien. Celui-ci prévoyait, sous garantie de l'ONU, un cessez-le-feu et le retrait des troupes, l'entrée de l'Ukraine dans l'UE, mais pas dans l'OTAN, et un statut d'autonomie pour le Donbass et la Crimée qui resteraient sous la souveraineté ukrainienne. Des discussions en vue de l'échange de prisonniers ne sont toutefois pas exclues.

Alors que l'Ukraine, grande puissance agricole, ne peut plus exporter ses céréales en raison du blocage de ses ports, le président Vladimir Poutine s'est dit prêt jeudi à aider à surmonter la crise alimentaire que cela entraîne, à condition que cela soit précédé d'une levée des sanctions contre Moscou, ce qui lui vaut des accusations de chantage.

Pour aider Kiev à exporter ses céréales et à tenter de contourner le blocus, l'Allemagne a mis sur pied un pont ferroviaire avec l'Ukraine, a indiqué le prochain chef des forces américaines en Europe, le général Chris Cavoli.

... et militaire

Si le président Zelensky déplore que les Occidentaux ne prennent pas de mesures économiques suffisamment draconiennes pour couper leurs approvisionnements en énergie russe, il en va autrement sur le front des livraisons d'armes à l'Ukraine.

Des responsables américains indiquent que l'administration Biden envisage désormais de fournir à Kiev des lance-roquettes de type M142 (High Mobility Artillery Rocket System), qui peuvent avoir un rayon d'action de plusieurs centaines de kilomètres.

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Des tirs de lance-roquettes M142 lors d'exercices dans le Sahara marocain en 2021.

Photo : Getty Images / Fadel Senna / AFP

Washington s'était retenu de fournir de telles armes en partie par crainte d'une escalade du conflit si l'Ukraine tirait de telles roquettes au sein du territoire russe.

En attendant, l'armée américaine vient de passer un contrat de 687 millions de dollars américains pour acheter 1487 missiles antiaériens Stringer et reconstituer ainsi les stocks de l'Ukraine. Ce type d'armement qui se tire de l'épaule connaît un réel succès chez les soldats ukrainiens, qui l'utilisent contre des avions et des hélicoptères russes, mais aussi pour tenter de détruire des missiles de croisière.

Avec les informations de Agence France-Presse, BBC, et Reuters

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