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Moscou aidera à « surmonter la crise alimentaire » si les sanctions sont levées

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Vladimir Poutine a assuré que les accusations occidentales selon lesquelles Moscou, depuis son offensive en Ukraine, bloque les exportations de céréales ukrainiennes n'étaient « pas fondées ».

Photo : afp via getty images / JORGE GUERRERO

Agence France-Presse

Le président russe Vladimir Poutine s'est dit jeudi prêt à aider à « surmonter la crise alimentaire » provoquée par le blocage de céréales ukrainiennes et russes en raison du conflit en cours, sous réserve d'une levée des sanctions contre Moscou.

La Russie est prête à apporter une contribution importante pour surmonter la crise alimentaire grâce à l'exportation de céréales et d'engrais, sous réserve de la levée par l'Occident des restrictions à motivation politique, a déclaré M. Poutine, selon un communiqué du Kremlin, lors d'un appel téléphonique avec le premier ministre italien Mario Draghi.

Cet appel a eu lieu à l'initiative de M. Draghi. À Washington, le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a accusé la Russie de se servir de l'alimentation comme d'une arme.

Et nous sommes évidemment en discussions avec […] nos partenaires et alliés internationaux sur la façon de répondre aux mieux à tout cela, a-t-il ajouté.

M. Poutine a assuré que les accusations occidentales selon lesquelles Moscou, depuis son offensive en Ukraine, bloque les exportations de céréales ukrainiennes n'étaient pas fondées.

Les difficultés apparues sont liées, entre autres, à des perturbations dans le fonctionnement des chaînes de production et de logistique, ainsi qu'à la politique financière des pays occidentaux pendant la pandémie de coronavirus, a-t-il affirmé.

La situation s'est aggravée en raison des restrictions antirusses imposées par les États-Unis et l'Union européenne, a-t-il assuré, en référence aux salves de sanctions sans précédent ayant frappé la Russie.

La Russie a annoncé vendredi viser 50 millions de tonnes de céréales exportées dans la saison à venir, en forte hausse par rapport à l'exercice en cours, sur fond d'une crise alimentaire en raison de l'offensive russe contre l'Ukraine.

Les exportations russes de céréales sont actuellement freinées par les sanctions qui frappent la chaîne logistique et le secteur financier, tandis que celles de la puissance agricole qu'est l'Ukraine sont paralysées par l'assaut de l'armée russe.

En cette saison [2021-2022], nous avons déjà exporté 35 millions de tonnes de céréales, dont 28,5 de blé. Et d'ici la fin de l'année agricole [le 30 juin, NDLR] nous visons 37 millions de tonnes de céréales exportées, a dit le ministre de l'Agriculture Dmitri Patrouchev lors d'un forum des exportateurs du secteur.

Et la saison à venir [débutant le 1er juillet 2022], nous estimons notre potentiel d'exportation à 50 millions de tonnes, a-t-il ajouté. La Russie estime que la récolte 2022 sera de 130 millions de tonnes, contre 121,4 l'an passé.

Guerre du blé

L'Ukraine, gros exportateur de céréales, notamment de maïs et de blé, voit sa production bloquée du fait des combats.

Pour sa part, la Russie, autre puissance céréalière, ne peut vendre sa production et ses engrais en raison des sanctions occidentales touchant les secteurs financiers et logistiques. Les deux pays produisent un tiers du blé mondial.

Vladimir Poutine a également informé M. Draghi des travaux en cours pour établir une vie paisible dans les villes libérées du Donbass et que le processus de paix était gelé par Kiev.

Mario Draghi a pour sa part déclaré en conférence de presse que le but de cet appel téléphonique était de demander si quelque chose pouvait être fait pour débloquer le blé qui est aujourd'hui dans les dépôts en Ukraine.

Il a suggéré une collaboration entre Russie et Ukraine sur le déblocage des ports de la mer Noire où se trouve ce blé, qui risque de pourrir, d'une part pour déminer ces ports et d'autre part pour garantir qu'il n'y ait pas d'accrochages pendant le déminage.

M. Draghi a indiqué qu'il y avait, du côté russe, une disponibilité à poursuivre dans cette direction, et qu'il appellerait le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour voir s'il existe une volonté similaire.

Lorsqu'on me demande si j'ai vu des lueurs d'espoir pour la paix, la réponse est non, a cependant conclu le premier ministre italien.

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