•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Accès au quai municipal de Tadoussac : des croisiéristes devant les tribunaux

Chargement de l’image

La passerelle installée sur l'Estuaire sauve l'entreprise Tadoussac Autrement, dit le vice-président Florent Desrochers, puisqu'elle permet d'embarquer et de débarquer les passagers sur la plage.

Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur

Chargement de l’image

Deux compagnies de croisières de Tadoussac se retrouvent devant les tribunaux concernant l'utilisation du quai municipal. La Ville a accordé l'exclusivité d'une partie du quai à AML, ce qui ne fait pas l'affaire d'autres bateliers.

Le conseil municipal de Tadoussac a adopté en2017, une résolution pour louer pendant 10 ans deux façades du quai municipal exclusivement à AML, un gros joueur dans l'industrie des croisières. Le bail pourrait être reconduit une autre décennie, totalisant potentiellement 20 ans d'exclusivité.

Chargement de l’image

Yohan Tremblay (à gauche) et Florent Desrochers (à droite) sont partenaires à Tadoussac Autrement, une petite entreprise locale de croisière aux baleines.

Photo : Radio-Canada

Même si les petites entreprises locales de croisières aux baleines composent avec cette décision, elle ne fait pas leur affaire, alors qu'elles tentent de faire leur place dans l'industrie.

Le nombre de passagers défait une entente

En 2018, AML et une entreprise de croisières locale, Tadoussac Autrement, ont toutefois conclu une entente pour que la petite compagnie puisse utiliser le quai à certaines conditions. Une de ces exigences est que le bateau utilisé par Tadoussac Autrement ne dépasse pas une capacité de 12 passagers.

Or, en raison de l'usure, Tadoussac Autrement a changé son bateau, le Frank Slim, pour l'Estuaire, un nouveau navire qui peut accueillir 36 passagers.

AML refuse donc de partager le quai pour la saison estivale, selon Florent Desrochers, qui est le vice-président de Tadoussac Autrement.

« Ce sont toutes ces décisions d'affaires qui sont choquantes. Après 5 ans, de se faire dire : "bien là, les petits gars, rappelez-vous que vous avez juste droit à 12 passagers".  »

— Une citation de  Florent Desrochers, vice-président Tadoussac Autrement et capitaine de L'Estuaire

Selon lui, il n'avait pas à demander la permission d'AML pour posséder un plus grand bateau, puisque c'est son entreprise et son chiffre d'affaires.

Chargement de l’image

Florent Desrochers se bat depuis 2017 pour pouvoir opérer son bateau de croisières aux baleines à partir de Tadoussac.

Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur

Le litige est maintenant devant les tribunaux. Tadoussac Autrement conteste le bail accordé par la Municipalité à AML. Florent Desrochers estime qu'il est illégal d'accorder un droit exclusif sur un bien municipal.

La petite entreprise locale avait fait une première requête judiciaire en 2017 qu'elle a dû abandonner faute de moyen financier, étant une très jeune entreprise, explique Florent Desrochers.

Nous on n'est pas anti-AML, on ne veut pas, nous, avoir l'utilisation exclusive, indique le capitaine de l'Estuaire.

« Tout ce qu'on veut, c'est une place, c'est un moment, c'est une heure, un quinze minutes, quelques fois par jour, pour embarquer et débarquer du monde qui veut aller aux baleines. »

— Une citation de  Florent Desrochers, vice-président Tadoussac Autrement et capitaine de L'Estuaire

Le croisiériste s'inquiète de l'absence éventuelle de concurrents dans la région. Si on se retrouve avec un monopole ici, bien les prix vont pouvoir monter en flèche sans que personne ne puisse décider quoi que ce soit.

De son côté, AML s'est aussi tournée vers les tribunaux pour arrêter les démarches judiciaires de Tadoussac Autrement, en défendant que les délais de celles-ci ne seraient pas raisonnables.

Ni la Municipalité de Tadoussac ni AML n'ont voulu commenter, mais dans un document de cour, les avocats de l'entreprise de croisière soutiennent que : la décision de faire construire un bateau d'une plus grande capacité [est] purement économique et [fait] totalement fi de la Convention d'utilisation.

Une passerelle qui sauve l'entreprise

Pour l'instant, Tadoussac Autrement doit utiliser la plage pour embarquer et débarquer ses passagers avec l'aide d'une petite passerelle.

Chargement de l’image

L'Estuaire est le nouveau navire utilisé par l'équipe de Tadoussac Autrement. Il a une capacité de 36 passagers.

Photo : Radio-Canada / Zoé Bellehumeur

Sans ce bout de métal, l'entreprise de croisières aux baleines ne pourrait plus être en service, expose Florent Desrochers.

Toutefois, bien qu'elle offre une expérience unique aux passagers, cette façon de procéder n'est vraiment pas l'idéal pour Tadoussac Autrement.

Pour ce qui est du bateau, de la motorisation, des hélices, un accident peut arriver assez rapidement, déplore Florent Desrochers. On a déjà brisé deux moteurs qui avaient mangé trop de sable. Ce n'est pas dans leur fonction, ajoute le batelier.

Une décision du juge est attendue prochainement dans ce dossier. Si le tribunal rejette la requête de Croisières AML, l’avocat qui représente Tadoussac Autrement affirme que son client va poursuivre ses démarches judiciaires pour avoir accès au quai municipal.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !