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Sous pression budgétaire, la BBC intensifie économies et tournant numérique

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Le plan de la « Beeb » prévoit notamment la fusion de ses chaînes d'informations nationale et internationale.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Agence France-Presse

Mise sous pression budgétaire par l'État britannique, la BBC supprime 1000 emplois et accélère son virage numérique, avec un plan radical qui va se traduire par la fusion de ses chaînes d'informations nationale et internationale ainsi que par le passage en ligne de plusieurs autres.

Déjà soumise à plusieurs plans d'économies ces dernières années et face au vieillissement de ses audiences, le géant de l'audiovisuel public, l'institution dont l'influence dépasse largement les frontières britanniques, a vu son horizon financier s'assombrir cette année avec la décision du gouvernement conservateur de geler la redevance pour deux ans.

Les nouvelles mesures annoncées jeudi par l'institution dans un communiqué visent ainsi à économiser 500 millions de livres par an (805 millions de dollars canadiens) dont 200 millions pour combler la plus grande partie du trou béant creusé par cette décision.

Le reste doit être investi dans le numérique pour construire une BBC donnant la priorité au numérique, quelque chose de vraiment nouveau [...] une force positive pour le Royaume-Uni et pour le monde, a affirmé le directeur général Tim Davie en s'adressant au personnel.

Est notamment prévue la création d'une chaîne d'informations unique BBC News pour les audiences britannique et internationale, actuellement séparées, tout en maintenant la possibilité de diffuser des contenus distincts selon les événements.

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Tim Davie a présenté jeudi un plan radical pour permettre à la BBC de prendre le « virage numérique ».

Photo : Reuters / HANNAH MCKAY

Le groupe va cesser de diffuser en linéaire sa chaîne pour enfants CBBC (pour les 6 à 12 ans) et sa chaîne culturelle BBC 4, dont les contenus basculeront en ligne.

Certains services en langues étrangères passeront également en ligne uniquement, tandis que la diffusion radio par grandes ondes sera supprimée après consultations avec les services maritimes.

Au total, cela se traduira par 1000 emplois de moins, sur un total actuel d'environ 22 000 employés.

Le groupe s'est fixé comme objectif d'atteindre 75 % de ses audiences par sa plateforme numérique iPlayer.

Des investissements seront réalisés pour des contenus destinés à cette plateforme et à celle réservée aux contenus sonores BBC Sounds, dont les contenus les moins performants seront supprimés.

Des relations difficiles avec le gouvernement Johnson

La vénérable Beeb traverse une période difficile en raison des bouleversements des habitudes de consommation de ses audiences, avec l'émergence de Netflix ou Disney+, et des relations difficiles avec le pouvoir conservateur, encore aggravées récemment par la nomination au ministère de la Culture de Nadine Dorries, ouvertement hostile à l'audiovisuel public.

Cette dernière a gelé en janvier pour deux ans la redevance (159 livres, soit 256 dollars canadiens) et mis en doute la survie à long terme de ce mode de financement mal aimé, surtout en période d'inflation historique.

Le pouvoir conservateur accuse la BBC d'avoir couvert le Brexit de manière partiale, avec un biais hostile à la sortie de l'Union européenne.

Il lui reproche plus généralement d'être centrée sur les préoccupations des élites urbaines plutôt que sur celles des classes populaires, des attaques qui reçoivent un écho favorable dans une partie de l'électorat conservateur et de tabloïds pourfendeurs du wokisme et prompts à s'en prendre à la BBC.

L'annonce de ce plan de transformation coïncide avec le lancement d'une revue de la mission du groupe public par Nadine Dorries, personnalité très conservatrice, autrice de romans descendus par la critique et l'une des ministres les plus loyales à Boris Johnson pendant les scandales.

Ces travaux visent à rendre la BBC plus impartiale, plus accessible et telle qu'elle reflète mieux la variété des opinions. Ils doivent aboutir à l'obligation légale de 25 % du personnel issu de classes populaires et à la production de la majorité des programmes hors de Londres d'ici 2027.

À cette occasion, le gouvernement a confirmé vouloir étudier la faisabilité de supprimer la redevance à partir de 2028.

La direction du groupe s'est dite cette semaine ouverte à toutes les options, y compris à un modèle basé sur des abonnements pour les programmes de divertissement ou les fictions, son président Richard Sharp soulignant que la BBC faisait face à une question existentielle.

Outre la BBC, le gouvernement a provoqué un tollé récemment en annonçant vouloir privatiser Channel 4, propriété de l'État mais financée par la publicité. Elle réinvestit ses profits dans la création, avec des émissions ou séries innovantes à succès, d'où la préoccupation des milieux culturels sur son sort.

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