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Tuerie déjouée dans une école de Montréal : « J’ai la chance d’être encore là »

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Cet adolescent était visé par un complot meurtrier préparé par des élèves de son école secondaire.

Photo : Radio-Canada / André Grégoire, caméraman

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Deux adolescents qui prévoyaient perpétrer une tuerie dans une école secondaire de Montréal écopent de peines de 12 et 15 mois de probation. Un adolescent aujourd'hui âgé de 16 ans, qui était leur cible principale, voit ses traumatismes ravivés par la récente fusillade aux États-Unis.

À la sortie de la salle d'audience en Chambre de la jeunesse, Ludovic (nom fictif) n'a pu s'empêcher de penser à la tuerie dans une école primaire d'Uvalde, au Texas, survenue cette semaine.

« Moi, j’ai eu la chance d’être encore là, en ce moment, pour vous parler. »

— Une citation de  Ludovic

Devant la preuve accablante des policiers, deux des quatre jeunes impliqués dans le complot ont décidé de plaider coupables d'accusations de complot de voies de faits graves et de menaces de mort.

Leur plan visait à s’en prendre d’abord à l’adolescent et à le tuer par balle, avant de viser d’autres élèves qui se trouveraient par hasard sur leur chemin dans l’école secondaire.

Neuf mois se sont écoulés depuis que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a déjoué un complot visant à perpétrer une tuerie de masse dans son école secondaire du quartier Saint-Michel. Ludovic est en choc post-traumatique.

Les derniers mois ont été très difficiles psychologiquement. Le simple fait de se rendre à l'école était pénible. J'étais toujours en mode d'hypervigilance. J'avais toujours peur de me faire attaquer de dos. J'étais anxieux à la simple présence de personnes que je ne connaissais pas beaucoup, a avoué l'adolescent qui était visé pour être abattu par arme à feu en classe.

Aujourd'hui âgé de 16 ans, il dit consulter régulièrement un psychologue pour rebâtir ses aptitudes sociales. La route est cependant sinueuse.

Ça va être une étape de me reconstruire. La question est de savoir comment réintégrer mes cercles sociaux. Comment je vais gérer mes relations humaines. Ça va surtout être ça qui va prendre du temps, a-t-il ajouté.

L'enquête policière a débuté l'été dernier après que des enquêteurs eurent reçu des informations concernant quatre jeunes de 15 ans qui comptaient faire un carnage, inspiré par la tuerie de Columbine en 1999, aux États-Unis, qui avait fait 15 morts et 24 blessés dans une école secondaire.

La preuve a démontré que le groupe, qui cherchait à s'armer, planifiait d'allumer des incendies pour créer un mouvement de panique afin de tirer au hasard sur des élèves en fuite.

Le plan du quatuor a été déjoué par le SPVM dès la rentrée scolaire.

Le 5 septembre, on reçoit un appel de la police parce qu'elle a des raisons de croire qu'il y a des menaces envers notre fils. C'est mon mari qui est allé rencontrer les enquêteurs avec lui. On nous a mis les faits devant nous. C'était un choc de penser que des gens s'étaient donné le droit de nous enlever notre enfant en prévoyant l'assassiner, a raconté la mère de Ludovic, qui est encore ébranlée par les événements.

Une bonne partie de la preuve a été exposée aux parents de l'adolescent. L'élément prémédité était évident, selon la mère de l'adolescent visé.

C'est à glacer le sang de voir tout ce plan-là, minute par minute, a-t-elle ajouté.

Les échanges en privé par messagerie texte ont révélé que le groupe avait acheté un livre d'anarchistes pour savoir comment allumer des incendies et fabriquer des bombes artisanales. De plus, ils évoquaient l'idée d'acheter des dispositifs acoustiques afin de diffuser de la musique à tue-tête pendant leur massacre par armes à feu.

Le père de Ludovic estime que leur fils est en vie parce que l'une des quatre complices a décidé de passer aux aveux. N'eût été cette dénonciation de dernière minute, le pire se serait produit.

Il est vivant parce que ça a échoué. On est content du processus. Mais on se transpose aux parents là-bas [à Uvalde] avec une situation qui est irréelle. J'ai la télé dans mon bureau pour mon travail. À toutes les fois, ça vient me faire cette pression ici [au cœur]. On revit le choc, a mentionné le père de famille.

Des peines qui visent la réhabilitation sociale

Me Mathieu Farazandeh, qui représente les deux adolescents qui ont reconnu leur culpabilité, affirme que les peines imposées respectent la jurisprudence pour des crimes similaires.

L'avocat assure que les deux adolescents, aujourd'hui âgés de 16 ans, ont pris conscience de la portée de leurs actes. Le risque de récidive est minime, selon lui.

Dans les circonstances ici, il y a des regrets de mes clients et une remise en question qui a eu lieu, a commenté brièvement l'avocat.

Quant à la représentante du Directeur aux poursuites criminelles et pénales, Me Joanie Trudel, elle affirme que la prise de conscience des deux coaccusés ouvre la porte à une réhabilitation sociale.

On souhaite vraiment que les jeunes prennent leurs responsabilités et réalisent pleinement l'impact de leurs gestes sur les victimes, a commenté Me Trudel.

Avant de recevoir leurs peines, les deux adolescents n'ont pas voulu s'adresser à la Chambre de la jeunesse ni à la victime qu'ils visaient.

Quant aux deux autres présumés complices, ils seront cités en procès en octobre prochain.

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