•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

ArchivesIl y a 25 ans, on croyait enterrer la guerre froide entre l’OTAN et la Russie

Table à laquelle étaient assis les 20 dirigeants de l'OTAN et de la Russie lors de la signature de l'Acte fondateur avec la Russie.

Le 27 mai 1997, les 19 pays de l'OTAN signaient avec la Russie l'Acte fondateur de coopération qui devait mettre fin à la guerre froide.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 27 mai 1997, l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) et la Russie signaient un accord destiné à enterrer la guerre froide. Se berçait-on d’illusions sur les possibilités de paix déjà à cette époque? Des reportages nous apportent des éléments de réflexion sur cette question.

1997 : Faire disparaître 50 ans d’hostilité

Aujourd’hui, nous bâtissons la paix.

Une citation de Jacques Chirac, président de la République française

Téléjournal, 27 mai 1997

Le 27 mai 1997, le journaliste Jean-François Bélanger est à Paris d’où il envoie ce compte rendu au Téléjournal sur un sommet aux répercussions qu'on espère historiques.

Michèle Viroly anime le Téléjournal.

Assis à la même table, les 19 membres de l’OTAN signent avec président russe Boris Eltsine un acte qu’on dit fondateur.

Le texte qu’on a adopté vise à mettre fin aux 50 ans de la guerre froide entre l’Occident et l’ancienne Union soviétique et à rétablir une sécurité collective en Europe.

C’est un Boris Eltsine au cœur léger qui signe cet Acte fondateur.

Coup de théâtre, le président russe annonce même sans aucun avertissement qu’il a pris la décision de désamorcer les ogives nucléaires pointées vers les pays de l’OTAN.

Jean-François Bélanger rappelle pourtant que la Russie a signé à reculons le nouvel accord.

C’est une Russie militairement, politiquement et économiquement affaiblie qui se résout à accepter la nouvelle entente.

Le président Eltsine fait contre mauvaise fortune bon cœur, affirme Alexandre Adler, un spécialiste de la Russie.

Malgré les accolades, il y a encore des traces de méfiance entre la Russie et les pays de l’OTAN.

Le président Eltsine s’oppose notamment à l’éventuelle admission à l’OTAN de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque.

Ces incorporations amèneraient l’OTAN trop près des frontières russes, s’inquiète Moscou.

Malgré les réticences russes, les trois pays sont invités à se joindre à peine quelques semaines après la signature de l’Acte fondateur, le 12 juillet 1997 et entrent dans l’organisation le 12 mars 1999. 

Le ministre des Affaires étrangères russe, Evgueni Primakov, condamne alors la décision, parlant d’une faute majeure de la part des Occidentaux.

De fait, la méfiance ressurgit sporadiquement entre Russes et Occidentaux.

2002 :  un partenariat OTAN-Russie

Les temps changent. Les ennemis d’hier deviennent des amis.

Une citation de Maxence Bilodeau, 2002

Malgré cela, le 28 mai 2002, comme le souligne le compte rendu de l’envoyé spécial Maxence Bilodeau diffusé au Téléjournal, Occidentaux et Russes continuent leur rapprochement.

Téléjournal, 28 mai 2002

Lors d’un sommet tenu à Rome, les pays membres de l’OTAN invitent la Russie à joindre une nouvelle institution, le Conseil OTAN-Russie.

Cette institution vise à enterrer 50 ans de peur, d’hostilité et de méfiance entre l’Occident et Moscou.

Occidentaux et Russes promettent dorénavant d’œuvrer ensemble pour bâtir la sécurité européenne et internationale.

L’entente prévoit, entre autres, une coopération accrue dans les domaines de la lutte contre le terrorisme international et de la non-prolifération nucléaire.

Le président russe Vladimir Poutine salue cet accord qu’il voit comme un instrument de travail très utile.

Mais comme le souligne Maxence Bilodeau, il y a peut-être de l’amitié entre Occidentaux et Russes, mais on ne peut pas encore parler de grand amour.

On éprouve toujours une méfiance réciproque.

La Russie n’a pas été pleinement intégrée à l’OTAN. La guerre froide n’est pas vraiment terminée.

L’Ukraine, une ligne de fracture explosive

Les Russes sont contre l’OTAN et nous, nous sommes pour…

Une citation de Rosalya Mikhailivna, membre d’un groupe folklorique ukrainien, 2008

L’Occident devrait le comprendre. L’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN, pour nous, c’est une rupture politique mondiale majeure, historique. Parce que l’Ukraine, c’est comme notre mère.

Une citation de Dimitri Rogozine, représentant de la Russie auprès de l’OTAN, 2008

Une heure sur Terre, 7 novembre 2008

Le 7 novembre 2008, Une heure sur Terre présente un reportage de la journaliste Alexandra Szacka.

Ce dernier révèle de manière admirable la question ukrainienne comme étant une ligne de fracture qui peut provoquer la guerre entre l’OTAN et la Russie.

À Sébastopol, Alexandra Szacka rencontre des Russes et des Ukrainiens vivant en Crimée alors un territoire ukrainien.

Après vérification, la journaliste constate que les affirmations des citoyens russophones concernant l’imposition de la langue ukrainienne par l’Ukraine sont alarmistes et fausses.

La question de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN produit par ailleurs des commentaires sinistres et quasiment prémonitoires dans ce reportage.

Rosalya Mikhailivna, membre d’un groupe folklorique ukrainien, appelle de tous ses vœux l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN.

Les Russes agissent en maître à Sébastopol et la flotte russe doit partir, ajoute-t-elle.

Dimitri Rogozine, représentant de la Russie au siège de l’OTAN à Bruxelles, de philosophie ultranationaliste russe selon Alexandra Szacka, s’oppose fermement à ce scénario.

Si l’Ukraine intègre l’OTAN, il y aura un conflit majeur avec la Russie, affirme Dimitri Rogozine.

Ses propos sont particulièrement éclairants, car Dimitri Rogozine est idéologiquement très proche des positions du président Vladimir Poutine.

D’autres russophones interrogés par Alexandra Szacka à Sébastopol partagent les positions belliqueuses du représentant russe.

Un député local déclare que si la flotte de l’OTAN s’installe dans Sébastopol, ce sera la guerre.

Plusieurs hommes témoignent aussi qu’ils sont prêts à se battre contre l’OTAN et l’Ukraine.

En 2014, le président Vladimir Poutine a arraché la Crimée lors d’une guerre contre l’Ukraine.

La situation n’a cessé de dégénérer depuis, plongeant les deux pays dans un conflit généralisé et meurtrier qui a éclaté le 24 février 2022.

Plusieurs pays de l'OTAN aident militairement l'Ukraine contre la Russie sans s'impliquer directement dans le conflit.

La situation en Ukraine est délicate et pourrait replonger l'Occident et la Russie dans une guerre plus ou moins froide.

Encore plus de nos archives

La section Commentaires est fermée

Compte tenu de la nature délicate ou juridique de cet article, nous nous réservons le droit de fermer la section Commentaires. Nous vous invitons à consulter nos conditions d’utilisation. (Nouvelle fenêtre)

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Info nationale

Nouvelles, analyses, reportages : deux fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Info nationale.