•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Financement postsecondaire : une « barrière énorme » aux études supérieures

Un professeur de l'Université de Moncton est d’avis que le manque de financement représente une « barrière énorme aux études supérieures ».

Chargement de l’image

La plupart des bourses aux cycles supérieures sont attribuées aux étudiants avec les meilleures performances académiques.

Photo : getty images/istockphoto / PeopleImages

Chargement de l’image

L'accès au financement pour poursuivre des études aux cycles supérieurs, comme à la maîtrise ou au doctorat, représente un obstacle de taille. Un professeur de l'Université de Moncton pense que le manque d'appui financier contribue à creuser les inégalités sociales et demeure une « barrière énorme ».

Les familles riches [pourront] payer les études supérieures à leurs enfants, qui ensuite auront accès aux emplois mieux rémunérés, alors que les personnes moins nanties s'en voient exclues, sauf si elles arrivent à mettre la main sur une bourse, expose Jean Philippe Sapinski.

Bien souvent, en sciences sociales, les étudiants ne reçoivent pas de fonds de la part de leur superviseur de recherche, comme il est d’usage dans d'autres domaines tel que les sciences naturelles.

Chargement de l’image

Jean Philippe Sapinski est professeur en études de l'environnement à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Certains chercheurs essayeront néanmoins de pallier l’absence d'appui financier en offrant à leurs étudiants des contrats de travail à raison d’une dizaine d’heures par semaine. Par exemple, Jean Philippe Sapinski propose à ses étudiantes de travailler comme assistantes de recherche en marge de leurs études.

Cela demeure néanmoins insuffisant, selon lui. Conséquence : c'est aux étudiants que revient la lourde tâche de trouver d'autres sources de financement.

Des bourses peu accessibles

Si tes parents ne gagnent pas un assez bon salaire pour t’aider, et que toi tu n’arrives pas à performer dans les meilleurs de classe, tu as peu de chances d’accéder aux études supérieures finalement, déplore Marie-Hélène Marquis, doctorante à l'Université de Moncton, qui se considère comme une étudiante privilégiée.

Pendant une bonne partie de ses études doctorales à l’Université de Moncton, cette mère de trois enfants a réussi à toucher, certaines années, jusqu’à 35 000 dollars en bourse.

L’étudiante en science de l’éducation avait réussi à décrocher une prestigieuse bourse attribuée à une poignée de personnes chaque année par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), un organisme fédéral subventionnaire.

Elle reconnaît que très peu de gens ont cette chance.

« Si tu n’es pas assez méritant, tu ne peux pas obtenir de bourses, donc là tu es obligé de cumuler un autre emploi à temps partiel pour subvenir à tes besoins. »

— Une citation de  Marie-Hélène Marquis, doctorante à l’Université de Moncton

Malheureusement, celle qui en est à sa dernière ligne droite avant l’obtention de son diplôme, ne reçoit plus de financement depuis mars.

Retard dans l’obtention du diplôme

À l’Université de Moncton, tous les étudiants au doctorat obtiennent une bourse à l’admission qui couvre leurs frais de scolarité au taux canadien pendant trois ans. Les étudiants d’ici n’ont donc rien à débourser pour s’inscrire à un programme d’études de troisième cycle.

C’est d’ailleurs ce qui a incité Marie-Hélène Marquis, qui est originaire du Québec, à venir s’installer dans la région. S’il n’y avait pas eu de bourse seulement pour payer les frais de scolarité, je ne l’aurais jamais fait, confie-t-elle. Je l’aurais fait à 50 ans, une fois que les enfants sont à l’université.

Cette aide, même si considérable, est loin de suffire, surtout pour les parents étudiants. Selon une enquête canadienne menée au début des années 2000, environ le tiers des titulaires d’un doctorat avait un enfant à charge à la fin de leurs études.

Bien qu’ils subiront une première diminution à partir du 1er juin, les frais de garderie franchissent le cap des 8000 $ dans la province.

« C’est un peu comme le chat qui se mord la queue, parce qu’on voudrait finir plus tôt pour avoir un emploi à temps plein pouvoir être bien rémunéré, mais on ne peut pas, parce qu’on n’a pas d’argent pour travailler. »

— Une citation de  Marie-Hélène Marquis, doctorante à l'Université de Moncton

En enseignant deux cours l’hiver dernier, par exemple, son travail de recherche n’a pas avancé comme elle l’aurait souhaité. Elle devait d’ailleurs soutenir sa thèse en décembre, mais cette date a depuis été repoussée.

Dans son domaine, elle admet d'ailleurs qu'il n'est pas rare qu’un doctorat prenne près de 10 ans à être complété. Donc ça devient un projet de vie très très long, souffle-t-elle.

Un sacrifice qu'elle compte tout de même poursuivre jusqu’au bout, sinon ça rime à quoi d’avoir commencé?

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !