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Pour ou contre les cours en ligne? Les partis sont divisés en Ontario

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Un élève torontois suit des cours en ligne (archives).

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

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Les élèves ontariens sont invités ces jours-ci à choisir entre les cours en personne et l'apprentissage en ligne pour septembre. Parmi les trois principaux partis, seul le Nouveau Parti démocratique (NPD) s'engage à éliminer l'école virtuelle s'il prend le pouvoir le 2 juin.

L'Ontario est l'une des rares provinces avec la Colombie-Britannique où les enfants de l'élémentaire et du secondaire pourront poursuivre leur formation en ligne en 2022-2023 s'ils le désirent.

Malgré la baisse des cas de COVID-19, le ministère ontarien de l'Éducation affirme que son objectif est d'assurer que les élèves et les familles sont soutenus et respectés dans le cadre de la décision qui fonctionne le mieux pour eux.

Le gouvernement de Doug Ford a aussi annoncé en février dernier que les élèves de la neuvième à la douzième année devraient dorénavant obtenir au moins deux crédits en ligne pour avoir leur diplôme d'études secondaires, à moins d'une exemption.

Le Parti libéral accuse Doug Ford et les progressistes-conservateurs de vouloir rendre la formation en ligne permanente pour les élèves de la maternelle à la douzième année et de chercher à privatiser ce mode d'apprentissage.

« Pour [les conservateurs], ce n'est qu'une autre façon de sabrer l'éducation publique, d'accroître la taille des classes et d'épargner de l'argent au détriment des élèves. »

— Une citation de  Andrea Ernesaks, porte-parole du Parti libéral

Les libéraux ne veulent pas pour autant abolir immédiatement les cours en ligne, affirmant que ce mode d'apprentissage peut fonctionner pour certains élèves et familles. Mais ça devrait toujours rester optionnel, dit Mme Ernesaks.

Le chef libéral Steven Del Duca s'est engagé par ailleurs à retirer au diffuseur TFO la gestion de tout cours en ligne pour les francophones s'il prend le pouvoir.

Le Parti libéral interdirait également dès 2022-2023 la formation hybride, où l'instituteur doit à la fois enseigner en classe et parler dans un micro pour les autres élèves qui suivent le cours sur un ordinateur à la maison.

De son côté, le NPD promet d'éliminer carrément les cours en ligne, même optionnels.

« L'apprentissage en ligne pendant la pandémie nous a clairement montré que les enfants apprennent mieux dans la salle de classe, face à face avec des enseignantes et des enseignants et des travailleuses et travailleurs de l'éducation attentionnés pour les soutenir. »

— Une citation de  Nina Amrov, attachée de presse néo-démocrate

Pour le NPD, les cours en ligne devraient seulement être utilisés comme solution de dépannage, si la pandémie nécessite à nouveau la fermeture des écoles.

Le Parti progressiste-conservateur n'a pas répondu à notre demande de commentaires.

En Colombie-Britannique, le gouvernement explique que les cours en ligne étaient une option offerte avant la pandémie et continuera de l'être l'an prochain, tout en soulignant les bénéfices de l'apprentissage en personne pour le bien-être intellectuel, social et émotionnel des élèves.

Ce qu'en pensent les experts

Le professeur en éducation à l'Université TÉLUQ Steve Bissonnette implore les parents de ne pas inscrire leurs enfants à l'école virtuelle.

C'est un très mauvais choix, dit-il au sujet des cours en ligne.

« J'ai rarement vu dans ma carrière de chercheur une littérature aussi convergente pour montrer les effets extrêmement négatifs de ce type d'enseignement, autant sur le rendement que sur des aspects développementaux de l'enfant. »

— Une citation de  Steve Bissonnette, professeur en éducation
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Le professeur en éducation Steve Bissonnette, de l'Université TÉLUQ, incite les parents à envoyer leur enfant à l'école en personne, à moins d'une situation exceptionnelle.

Photo : Radio-Canada

Il cite des recherches menées aux États-Unis, notamment en Floride, où les cours en ligne sont offerts depuis deux décennies, qui montrent que même les élèves les plus doués réussissent moins bien en mode virtuel, que ce soit à l'élémentaire ou au secondaire.

« Nos voisins américains, ils cherchent la potion magique [avec les cours en ligne] depuis 20 ans et ils ne l'ont pas trouvée! »

— Une citation de  Steve Bissonnette, spécialiste des cours en ligne

Selon lui, les cours en ligne devraient être uniquement une solution de dépannage, par exemple au début de la pandémie, ou dans des situations très particulières et temporaires, comme celles d'un élève malade ou victime d'intimidation.

La professeure en psychologie Nafissa Ismail, de l'Université d'Ottawa, affirme que c'est bien d'avoir l'option. Elle donne l'exemple de parents à la santé précaire qui pourraient préférer que leurs enfants n'aillent pas à l'école en personne l'automne prochain, pour limiter le risque d'attraper la COVID-19.

Toutefois, elle recommande aux parents de soupeser le pour et le contre.

« Je dirais aux parents de regarder un peu comment leur enfant a performé quand l'éducation était seulement virtuelle. Avait-il l'air de se sentir plus isolé? Est-ce qu'il avait des difficultés au niveau de l'apprentissage? »

— Une citation de  Nafissa Ismail, professeure à l'Institut de recherche sur le cerveau de l'Université d'Ottawa
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Les cours en ligne peuvent nuire à la socialisation de l'enfant, selon la professeure en psychologie à l'Université d'Ottawa Nafissa Ismail.

Photo : Radio-Canada

La professeure Ismail déconseille les cours en ligne pour les élèves de moins de 10 ans, qui, selon les observations faites durant la pandémie, avaient encore plus de difficultés à se concentrer et à rester engagés tout au long de la classe.

Elle ajoute que la vraie intégration scolaire en personne est particulièrement importante pour les petits qui commencent l'école.

Des enseignants préoccupés

La présidente de l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy, se dit préoccupée des impacts de l’option virtuelle sur les apprentissages et le bien-être du personnel ainsi que celui des élèves.

« Nous croyons que l’enseignement en personne est la meilleure option pour offrir des environnements d’apprentissage qui permettent aux membres du personnel et aux élèves de s’épanouir pleinement. »

— Une citation de  Anne Vinet-Roy, présidente de l'AEFO

Elle dit que le syndicat continuera à surveiller la situation l'an prochain.

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Selon la présidente de l'AEFO Anne Vinet-Roy, l'enseignement en personne est la forme idéale d'apprentissage.

Photo : Radio-Canada

La présidente de la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO), Karen Littlewood, affirme que le maintien des cours en ligne est un autre exemple montrant que le gouvernement Ford se décharge de ses responsabilités sur le dos des parents.

Les parents doivent encore choisir entre l'apprentissage en ligne ou en personne pour l'éducation de leur enfant, dit-elle, parce que ce gouvernement a mal géré la pandémie.

Elle ajoute que les cours en ligne accentuent les inégalités entre les élèves, parce que l'offre diffère d'un conseil scolaire à un autre.

Pour sa part, la Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO) qualifie d'irresponsable et illogique la décision du gouvernement Ford de continuer à exiger que les écoles offrent des cours en ligne en septembre.

C'est la responsabilité du gouvernement de créer un environnement d'apprentissage sécuritaire pour tous les élèves dans les écoles. Mais plutôt que de faire les ajustements nécessaires, ils continuent à étirer les ressources en éducation et à mettre de la pression additionnelle sur les conseils scolaires, les enseignants et les travailleurs de l'éducation en exigeant qu'ils offrent aussi des cours en ligne lors de la prochaine année scolaire, affirmait la présidente de la FEEO, Karen Brown, dans un communiqué publié en février dernier.

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Le président du groupe Parents partenaires en éducation, Paul Baril, raconte que seulement une minorité de parents inscrivent leur enfant à l'école virtuelle.

Photo : Radio-Canada

Plus de financement, disent des parents

Paul Baril, président du groupe ontarien Parents partenaires en éducation, ne s'oppose pas à ce que le gouvernement continue à offrir l'apprentissage en ligne comme option pour les parents qui ne sont pas à l'aise que leur enfant retourne à l'école en présentiel.

Cela dit, il ne voudrait pas que cela se fasse au détriment du financement de l'enseignement en personne.

« Dans la tête de plusieurs parents, on est en train de diluer un système, d'allouer des ressources qui allaient pour la salle de classe, qui vont devoir maintenant aussi aller à l'enseignement en virtuel. »

— Une citation de  Paul Baril, président de Parents partenaires en éducation

Si le nouveau gouvernement va de l'avant avec l'apprentissage en ligne après les élections, M. Baril compte revendiquer une bonification du financement en éducation.

On doit dépenser et non couper en éducation ou diluer, parce qu'on sait que nos enfants accusent un retard avec la pandémie, dit-il.

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