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« La Russie a l’avantage » dans la région de Louhansk, admet un général ukrainien

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Des miliciens prorusses transportent des obus dans la région de Louhansk, le 24 mai.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Radio-Canada

L'armée ukrainienne a reconnu jeudi que la Russie « a l'avantage » dans les combats qui font rage dans la région de Louhansk, dans l'est de l'Ukraine, où les troupes russes tentent toujours d'encercler Sievierodonestk et Lyssytchansk.

La Russie a l'avantage, mais nous faisons tout ce que nous pouvons, a admis lors d'un point de presse le général Oleksiy Gromov, chef adjoint de l'état-major des forces armées ukrainiennes.

La vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Malyar, et le gouverneur de la région de Louhansk, Sergueiï Gaïdaï, ont également témoigné de la sombre perspective à laquelle sont confrontées les troupes ukrainiennes.

Les combats ont atteint leur intensité maximale et une étape longue et extrêmement difficile nous attend, a déclaré la vice-ministre en conférence de presse.

« C'est dur, mais nous tenons le coup. Nous combattons pour chaque centimètre de la ligne de front, pour chaque village. Les armes occidentales nous aident à rejeter l'ennemi hors de notre terre. »

— Une citation de  Valeriï Zaloujny, commandant en chef des forces armées ukrainiennes, sur Telegram
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Des femmes sont évacuées par des bénévoles de l'organisation Vostok SOS, jeudi, à Kramatorsk, à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest de Sievierodonetsk.

Photo : La Presse canadienne / AP/Francisco Seco

La tâche est extrêmement difficile dans la région de Louhansk parce que nous avons eu trois mois d'attaques constantes, de bombardements constants, a pour sa part commenté le gouverneur Gaïdaï sur Telegram.

Maintenant, toutes les forces russes sont déployées ici, et nous devons contenir cette horde, a-t-il fait savoir dans une vidéo publiée sur le réseau social.

Selon lui, de nombreuses infrastructures militaires ukrainiennes ont été détruites et lentement, nos gars se replient vers des positions plus fortifiées.

Ce repli risque de se poursuivre, laisse entendre le gouverneur, qui juge possible que les forces ukrainiennes abandonnent une implantation, peut-être deux, a-t-il dit. Il nous faut gagner la guerre, pas la bataille.

« C'est très dur pour nos gars. Extrêmement difficile. Mais ils tiennent. »

— Une citation de  Sergueiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Louhansk

D'après l'armée ukrainienne, plus de 40 villes des régions de Louhansk et Donetsk ont été bombardées au cours des dernières 24 heures, faisant 5 morts et 12 blessés parmi les civils.

Une route stratégique prise d'assaut

Dans sa vidéo, le gouverneur Gaïdaï affirme que la route hautement stratégique reliant Bakhmout à Lyssytchansk est attaquée par l'armée russe.

Selon lui, une cinquantaine de soldats russes sont parvenus à prendre pied [sur la route] pendant un certain temps et y ont même installé une espèce de barrage.

Le barrage a été brisé, ils ont été repoussés. Autrement dit, l'armée russe ne contrôle pas la route maintenant, mais ils la bombardent, a poursuivi le gouverneur de Louhansk.

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La ville de Bakhmout demeure sous contrôle ukrainien, mais les bombardements russes y ont fait d'importants dégâts.

Photo : Getty Images / AFP/ARIS MESSINIS

Les experts militaires occidentaux pensent que la bataille pour Sievierodonetsk et Lyssytchansk pourrait constituer un tournant dans la guerre déclenchée par l'invasion russe du 24 février.

Selon un conseiller au ministère ukrainien de l'Intérieur, Vadim Denissenko, pas moins de 25 bataillons russes  comprenant généralement 800 hommes chacun – participent à cet effort d'encerclement.

Des journalistes de Reuters présents dans des territoires contrôlés par l'armée russe plus au sud ont observé les preuves de sa progression à Svitlodarsk, dont les forces ukrainiennes se sont retirées cette semaine.

La ville est désormais fermement aux mains de combattants prorusses, qui se sont installés dans les locaux de l'administration locale et ont accroché à la porte un drapeau soviétique rouge frappé de la faucille et du marteau.

Les gains russes dans le Donbass font suite à la reddition des derniers combattants ukrainiens à Marioupol la semaine dernière, ce qui suggère une inversion de la dynamique du conflit après la contre-offensive réussie de l'armée ukrainienne dans la région de Kharkiv.

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À Svitlodarsk, un soldat prorusse monte la garde devant les locaux de l'administration locale.

Photo : Reuters / ALEXANDER ERMOCHENKO

Menace permanente sur Kiev

Mme Malyar a aussi estimé que la menace russe plane toujours sur Kiev, quelques semaines après que les troupes russes se furent retirées des banlieues de la capitale.

Parce que détruire Kiev et renverser le gouvernement ukrainien est le moyen le plus rapide pour conquérir l'Ukraine. Alors il faut vivre avec l'idée que cette menace sera toujours avec nous, a souligné la vice-ministre.

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Les destructions causées par l'incursion de l'armée russe sont toujours bien visibles à Irpin, en banlieue de Kiev, comme le montre cette photo aérienne prise le 26 mai.

Photo : La Presse canadienne / AP/Natacha Pisarenko

Le maire de Kiev Vitali Klitschko a aussi souligné jeudi, au Forum économique mondial de Davos, qu'il ne pouvait pas donner de garanties de sécurité aux résidents qui ont quitté la capitale, mais qui souhaitent s'y réinstaller.

Le général Gromov a d'ailleurs souligné que la Russie est en train de transférer des missiles Iskander vers la région de Brest, dans l'ouest du Bélarus, ce qui pourrait annoncer de prochaines frappes contre l'ouest du pays.

Le président du Bélarus, Alexandre Loukachenko, a pour sa part confirmé jeudi qu'il crée un nouveau commandement militaire pour la région sud du pays, frontalière de l'Ukraine.

Des forces spéciales seront déployées dans trois secteurs du sud, avait dit M. Loukachenko plus tôt en mai, en évoquant le rôle que jouent des missiles de fabrication russe dans la défense de son pays.

Neufs morts dans de nouveaux bombardements sur Kharkiv

Neuf civils sont morts dans de nouveaux bombardements russes sur Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine qui avait entamé un retour à une vie normale à la mi-mai, a indiqué jeudi le gouverneur régional Oleg Sinegoubov sur Telegram.

Un bébé de cinq mois a péri, de même que son père. La mère est grièvement blessée et 19 civils ont été blessés, a-t-il ajouté.

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Des gens prêtent secours à un homme blessé jeudi dans un bombardement sur Kharkiv.

Photo : Getty Images / AFP/SERGIY BOBOK

Des missiles ont touché le secteur résidentiel du quartier de Pavlové Polé, dans le centre-nord de la ville, près d'un centre commercial qui était fermé au moment de la frappe, selon un journaliste de l'AFP sur place. Il a vu un jeune homme tué et quatre blessés, tous transportés à l'hôpital, dont un homme plus âgé, avec une jambe et un bras arrachés.

D'autres zones résidentielles ont également été bombardées, avec une vaste destruction des bâtiments.

Le maire de la Ville, Igor Terekhov, a demandé à ses administrés de se réfugier dans des abris sûrs.

Les troupes ennemies bombardent à nouveau notre ville, a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur Telegram. Je vous demande de rester dans des endroits sûrs, des caves, des abris et des stations de métro.

Depuis la mi-mai, un calme relatif était revenu sur cette métropole de l'est de l'Ukraine, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière russe, qui comptait quelque 1,5 million d'habitants avant la guerre.

Les forces russes avaient cessé leur offensive sur Kharkiv, pour concentrer plus de troupes à l'est et au sud de l'Ukraine, et la ville entamait un difficile retour à la normale, rouvrant notamment la circulation du métro.

Après le bombardement de jeudi, le maire, Igor Terekhov, a précisé que le métro continuerait à transporter des voyageurs, mais que des secteurs allaient être aménagés pour s'abriter en cas de bombardements.

Notre     dossier Guerre en Ukraine
Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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