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Enjeux franco-ontariens : l’AFO dévoile les réponses des partis

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L’enjeu de l’éducation postsecondaire demeure important pour les Franco-Ontariens (archives).

Photo : Radio-Canada

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Les campagnes électorales se suivent et l’enjeu de l’éducation postsecondaire demeure pour les Franco-Ontariens. Là où la création de l’Université de l’Ontario français (UOF) occupait une place importante du questionnaire de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) en 2018, c’est désormais l’avenir de l’Université de Sudbury qui se distingue dans l’exercice mené par l’organisme franco-ontarien en 2022.

L’AFO a dévoilé jeudi les réponses des principaux partis politiques provinciaux à son questionnaire sur les enjeux francophones (Nouvelle fenêtre) dans le contexte de l’actuelle campagne électorale. Avec un siège à Queen’s Park, le Parti vert s’ajoute à la liste des partis qui se sont soumis à l’exercice.

Le fait qu'on ait pris le temps de se prêter à l'exercice, surtout dans le cadre d'une campagne électorale assez courte, ça témoigne du sérieux que les partis mettent vis-à-vis de l'enjeu de la francophonie ontarienne, estime la politologue au Collège militaire royal du Canada Stéphanie Chouinard, en entrevue à Radio-Canada. J'ai l'impression que le "Jeudi noir" de 2018 et les suites de cet événement-là ont participé à mettre la communauté franco-ontarienne sur le radar de tous les partis politiques, y compris ceux qui, autrefois, n'auraient peut-être pas pris le temps de participer à cet exercice-là..

Sans surprise, le dossier de l’Université de Sudbury est une priorité pour les trois partis d’opposition.

Le Parti libéral de l’Ontario (PLO) promet un transfert de crédits et des programmes vers l’établissement et tous souhaitent faire de l’Université de Sudbury un établissement postsecondaire par et pour les Franco-Ontariens.

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Le dossier de l’Université de Sudbury est une priorité pour les trois partis d’opposition (archives).

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Comme il l’a souvent répété, le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario (PPC) rappelle quant à lui que la première étape pour la création d’une telle université est en cours, avec l’évaluation menée actuellement par la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation postsecondaire de l’Ontario (CEQEP), dont la recommandation est attendue avec impatience par les progressistes-conservateurs. Le PPC souligne aussi son bilan, avec la création de l'Université de l'Ontario français (UOF) et l’autonomie accordée à l'Université de Hearst.

Des engagements unanimes

Comme en 2018, certaines réponses sont unanimes. Le PPC, le Nouveau Parti démocratique (NPD), le PLO et les verts s’engagent notamment à avoir un conseiller aux affaires francophones au sein du bureau du premier ministre, s’ils sont élus, et même d’aller plus loin, pour certains.

Le NPD propose ainsi de lui donner le mandat d’avoir une lentille francophone pour toutes les actions du gouvernement, alors que le PLO veut doter tous les ministères ayant la responsabilité de livrer des services publics de conseillers qui comprennent les enjeux de la communauté franco-ontarienne.

L’atteinte de la cible de 5 % en immigration francophone, qui date de 2012, fait aussi consensus. Le PPC indique même que son gouvernement a dépassé la cible de 5 %, dans le cadre du Programme ontarien des candidats à l’immigration, et nous continuerons de le faire. Mais pour l'ensemble de l'immigration en Ontario, la cible n'a jamais été atteinte, notamment en 2021, après s’en être approché en 2020.

Pour y parvenir, le PPC, le NPD et le PLO souhaitent accroître le rôle de la province dans le dossier, notamment en élargissant le Programme ontarien des candidats à l’immigration, pour lequel les progressistes-conservateurs proposent d'investir 15,1 millions de dollars en plus sur 3 ans afin de l’améliorer et de l’élargir.

Libéraux et néo-démocrates comptent également sur la levée des obstacles existants en matière de reconnaissance des titres de compétences des professionnels formés à l’étranger pour augmenter l’immigration.

La question semble d’autant plus importante pour les partis qu’elle est une de leurs stratégies principales - avec l’accès aux programmes postsecondaires en français - pour lutter contre la pénurie de main-d'œuvre francophone et bilingue à laquelle ils souhaitent tous s’attaquer, notamment dans le domaine de la santé et de l’éducation.

L’opposition propose le retour du commissariat aux services en français

Tout au long de ses réponses, le PPC vante son bilan, et notamment la promesse, réalisée lors du dernier mandat, de moderniser la Loi sur les services en français. Là où les partis d’opposition se distinguent, pour leur part, c’est notamment sur la question du Commissariat aux services en français.

Tous promettent de restaurer l’indépendance de cette institution, alors que le gouvernement progressiste-conservateur a finalement décidé de l’intégrer au Bureau de l’ombudsman après la crise d’octobre 2018. Libéraux et verts promettent même d’en faire une priorité dans les 100 premiers jours d’un éventuel mandat.

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Les trois partis d'opposition promettent de restaurer l’indépendance du Commissariat aux services en français (archives).

Photo : Radio-Canada

L'AFO fait toujours de ce dossier une priorité, même si ce n'est pas l'enjeu le plus urgent, note son président, Carol Jolin.

Lorsqu'on a passé notre sondage provincial et ensuite, qu'on a consulté les tables de concertation régionales et qu'on a parlé également à nos comités aviseurs, le dossier n’est pas sorti de façon aussi prioritaire que la question de la pénurie de personnel et des soins de santé et de longue durée en français, confie-t-il en entrevue à l'émission Sur le vif.

En matière de santé, les partis promettent plus de ressources en français, notamment en santé mentale et pour les soins de longue durée. Les libéraux se démarquent en promettant de réaliser une demande de longue date de la communauté franco-ontarienne : ajouter la langue préférée des Ontariens sur leurs cartes de santé.

Alors que la COVID-19 a démontré leur importance pour la population, seuls le NPD et les verts se prononcent clairement pour assujettir les bureaux de santé publique à la Loi sur les services en français, afin de s’assurer qu’ils offrent des services en français.

« Notre travail, ça va être d'assurer de faire les suivis là où il y a eu des engagements qui ont été pris par les partis. »

— Une citation de  Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Parmi les absents de ce questionnaire, la possibilité de rendre la province officiellement bilingue. L'enjeu avait pourtant été soulevé en 2018.

C'est une question de timing, j'ai l'impression. La question de la bilinguisation de la province de l'Ontario, en 2018, ça découlait d'une proposition dans un rapport annuel du commissaire aux services en français qui proposait de faire de la province de l'Ontario une grande région désignée en vertu de la Loi sur les services en français, estime Mme Chouinard. Il semble que cette idée-là ne soit plus vraiment sur le radar actuellement.

Toutefois, les néo-démocrates comme les libéraux promettent de rendre les services en français disponibles partout en province.

« C'est quand même notable de voir qu'à certains égards, plusieurs des partis avaient des positions très élaborées, comprenaient les enjeux importants pour la communauté franco-ontarienne et ne semblaient pas pris par surprise par les questions du questionnaire de l'AFO. »

— Une citation de  Stéphanie Chouinard, professeure de science politique au Collège militaire royal du Canada

La protection du français, qui semble inquiéter les Franco-Ontariens, ne figure pas non plus au menu.

Encourager les Ontariens à aller voter

Les réponses des partis ne surprennent toutefois pas. Tous se sont déjà prononcés sur les enjeux francophones, notamment lors d’un débat en français, pendant la campagne. Il y a un peu plus d’une semaine, le NPD a même dévoilé une plateforme spécifique destinée aux Franco-Ontariens.

Mme Chouinard regrette toutefois une absence notable.

Ce que j'ai trouvé dommage, surtout considérant que le Parti libéral de l'Ontario avait une plateforme où on avait déjà élaboré les coûts pour chacune des promesses, c’est qu'on ne parle pas du financement qui vient avec chacune des promesses qui sont élaborées dans les réponses aux questions. On le sait, on peut faire des promesses en termes de politique publique à une communauté minoritaire. Mais si l'État provincial ne se donne pas les moyens de ses ambitions, ça risque de rester lettre morte.

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Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin (archives)

Photo : Radio-Canada

Les Ontariens sont appelés aux urnes le 2 juin. Le président de l'AFO souhaite que les réponses obtenues à son questionnaire les aident dans leur choix, même si l'organisme refuse d'appuyer un parti en particulier.

Notre rôle, c’est de s'assurer que les partis, les candidats et candidates prennent des positions au niveau de la francophonie durant la campagne, et puis, de nous assurer que cette information est disponible et accessible aux francophones [...] que les gens puissent s'informer, aller lire les différentes réponses, se faire une idée et surtout aillent voter.

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