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Enquête sur le train léger d’Ottawa : critiques et déception à la 1ère réunion publique

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Le volet public de la Commission d'enquête sur le réseau de train léger sur rail d'Ottawa s'est amorcé mercredi au Shaw Center. (archives)

Photo : Gracieuseté : Ville d'Ottawa

Quelques dizaines de citoyens ont assisté hier à la première de deux séances qui donnent le coup d’envoi aux audiences publiques de la Commission d’enquête sur le réseau de train léger sur rail d’Ottawa (CERTLRO). Pour marquer le coup, les commissaires tenaient à entendre les usagers, afin qu’ils partagent leur expérience avec le réseau de transport structurant, qui a fait la manchette à plusieurs reprises dans les dernières années en raison de multiples vices de fonctionnement.

Devant le juge à la Cour d’appel de l’Ontario et commissaire William Hourigan, dans une grande salle de bal du Centre Shaw au centre-ville d’Ottawa, six personnes se sont manifestées, malgré les 15 inscriptions annoncées. Leur ton posé n’a certainement pas masqué leur déception quant au réseau de train léger, déception qui était palpable dans tous les témoignages. 

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Le juge à la Cour d’appel de l’Ontario et commissaire William Hourigan à la première réunion publique de la Commission d'enquête sur le réseau de train léger d'Ottawa, le 25 mai 2022.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Je suis venu à vélo, je ne voulais pas prendre de chances! a blagué Ken Ruben, le premier intervenant à être appelé au micro. Le résident d’Ottawa a formulé plusieurs propositions portant principalement sur la gestion du train léger sur rail. 

Votre enquête est notre enquête. a-t-il conclu en s’adressant au commissaire Hourigan, qui a tenu à lui dire qu’il était parfaitement en accord avec cette affirmation. 

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Ken Rubin était le premier intervenant à la réunion publique de la Commission d'enquête sur le réseau de train léger d'Ottawa, le 25 mai 2022.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Pause de campagne pour le député Joel Harden

Le député néo-démocrate d’Ottawa-Centre à l’Assemblée législative de l’Ontario, Joel Harden, s’était aussi inscrit comme intervenant. Les gens veulent absolument que ce système fonctionne. Il existe une opportunité à saisir pour le transport en commun dans cette ville. a lancé le député. Il a dénoncé les problèmes récurrents du système de train léger sur rails. 

« Les odeurs d’égout à la station Rideau. Des roues déjà endommagées. Les portes qui ne fonctionnent pas. Cinq déraillements, dont un avec 12 personnes à bord. Je crois que c’est ce dernier qui a provoqué cette commission. [...] Je suis déçu que ce ne soit pas la Ville d’Ottawa qui ait demandé une commission d’enquête.  »

— Une citation de  Joel Harden, député néo-démocrate d’Ottawa Centre

Joel Harden a aussi dénoncé l’opacité qui entoure le projet, en déplorant que les conseillers de Ville avaient été tenus dans le noir pendant trop longtemps quant à la gestion du train léger. 

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Le député néo-démocrate Joel Harden.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

L’intervention du député a été suivie de celle de John Redins, un homme en situation de handicap. Ce dernier voulait présenter l’expérience qu’il a vécue avec le train léger, de l’annonce de sa construction jusqu’à aujourd’hui. Para Transpo n’avait pas le droit de circuler sur les voies réservées pendant la construction du train léger. [Par la suite], chaque fois qu’il y avait un problème avec le train, cela laissait les gens sans aucune alternative, a lancé celui qui utilise les transports en commun depuis toujours. En hiver, même les toilettes gèlent! a-t-il conclu.

Des impacts même où le train ne passe pas

Laura Shantz, candidate municipale dans le quartier Rideau-Vanier, réside à Vanier, n’a pas de voiture et a toujours pris le transport en commun. Même si le train ne se rend pas dans son quartier, elle s'est montrée exaspérée de ses bris de fonctionnement à répétition. À chaque fois qu’un train ne fonctionne pas, cela représente plein de bus qui sont retirés de notre communauté [pour pallier les problèmes], a expliqué la mère de famille au commissaire Hourigan.

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Laura Shantz a déploré avoir perdu confiance dans le système de transports en commun d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Je dois rassurer mes enfants, et leur dire que non, le train ne va pas prendre feu, il ne va pas dérailler. Et après, ils me pointent un nouvel évènement, où le train a pris feu, où il a déraillé, a poursuivi Mme Shantz. 

« Nous avons perdu confiance comme voyageurs. Nous avons perdu confiance en notre administration municipale.  »

— Une citation de  Laura Shantz

Pour Evan Saslove, qui se spécialise en planification du transport en commun, les déboires du train léger sont une énorme déception. Je tenais à être l’un des premiers à embarquer dans le train, ce que j’ai fait. J’ai fait fi des délais. Je savais que l’investissement en valait la peine. En toute honnêteté, je ne le crois plus. s’est désolé au micro celui qui habite près d’une station de la phase deux du train léger. Nous voulons que le train léger simplifie nos vies, pas qu’il les rende plus difficiles.

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Evan Saslove, spécialiste en planification des transports en commun.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Quarante témoins convoqués

Pour Christine Mainville, avocate principale de la commission d’enquête, les deux réunions publiques étaient essentielles au travail de ceux qui ont débuté leur travail d’enquête au début de l’année. Ça nous aide à donner le contexte, ça nous aide à préciser quelles sont les préoccupations des gens. a-t-elle déclaré en marge de l’évènement. Pour n’importe quelle commission, c’est important de comprendre comment ça a impacté les gens et quel est le problème. Parce qu’évidemment, quand il y a une commission d’enquête, c’est qu’il y a un problème quelque part! 

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Christine Mainville, avocate principale de la Commission d’enquête sur le train léger d’Ottawa

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

À ce jour, quelque 40 témoins ont été convoqués aux audiences publiques de la CERTLRO. Parmi ceux-ci, le public reconnaîtra les visages de Jim Watson, maire d’Ottawa et Catherine McKenney, qui représente le quartier Somerset. Des représentants d’Alstom, de Thales et du Groupe de transport Rideau seront également entendus. 

Après la deuxième réunion destinée aux usagers prévue ce soir, les audiences de la CERTLRO reprendront le 13 juin prochain, à l’Université d’Ottawa. Les audiences seront ouvertes au public. Ce marathon - la CERTLRO siégera de 9h à 21h cinq jours sur sept jusqu’au 8 juillet - devrait aboutir à la publication d’un rapport au mois d’août prochain. Le commissaire Hourigan pourra alors demander une prolongation de délai jusqu’au mois de novembre si le temps lui manque.

Toute personne intéressée à partager ses commentaires avec la commission, même en dehors des deux soirées réservées cette semaine aux déclarations publiques, peut joindre l'équipe d'enquête à info@OLRTpublicinquiry.ca ou en composant le 1-833-597-1955.

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