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Linda Rabin, pionnière de la danse au Canada, honorée au Gala des PGGAS

Une femme effectue une chorégraphie dans une photo en noir et blanc.

Linda Rabin a cofondé en 1981 Les Ateliers de danse contemporaine de Montréal, ancêtre de l'École de danse contemporaine de Montréal.

Photo : Tony Chong

Charles Rioux

La danseuse, chorégraphe et enseignante montréalaise Linda Rabin est mise à l’honneur cette année aux Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (PGGAS). La globe-trotter chevronnée et cofondatrice de l’École de danse contemporaine de Montréal a consacré plus de 50 ans de sa vie à faire partager sa passion pour la danse et l’éducation somatique.

Lorsqu’elle a reçu un appel au mois d’août dernier lui annonçant qu’elle était lauréate du Prix de la réalisation artistique du Gouverneur général du Canada pour l’ensemble de sa carrière, Linda Rabin a d’abord cru à un canular. C’est que depuis plusieurs années, son travail s’est plutôt fait dans l’ombre.

C’était un choc. Je ne m’attendais pas à ça. Je ne suis pas sous l'œil du public depuis longtemps. Je suis quelqu’un qui travaille plus en arrière-scène, explique-t-elle au téléphone, à quelques jours du Gala des PGGAS.

Depuis ses débuts, dans les années 1960, Linda Rabin a largement contribué à l’essor de la danse contemporaine au pays, mais aussi à l’international, elle qui a visité les quatre coins du globe, d’Israël au Japon en passant par les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Indonésie.

Formée à la prestigieuse, mais exigeante Juilliard School

Celle qui est née en 1946 à Montréal a su très tôt qu’elle voulait consacrer sa vie à la danse. Toute jeune, Linda Rabin rêvait déjà de devenir chorégraphe, mais encore fallait-il apprendre à danser. Âgée d’à peine 18 ans, elle a vécu son baptême de feu à la prestigieuse Juilliard School, à New York.

« C’est sûr que ça a été exigeant; c’était un environnement très compétitif. Il y avait beaucoup de stress, mais en même temps il y avait des enseignants qui étaient super et grâce à qui il y avait une bonne ambiance. »

— Une citation de  Linda Rabin

Également passionnée de voyages, la jeune danseuse s’est envolée dès qu’elle a pu vers Israël, où elle avait de la famille éloignée. Après quelques années comme répétitrice et enseignante à Tel-Aviv, puis à New York, elle est revenue à Montréal avec l’idée de créer un lieu pour faire partager son amour de la danse moderne, un courant qui prenait de l’ampleur à l’époque.

L’École de danse contemporaine : allier théâtralité et technique

En 1981, avec sa collègue ontarienne Candace Loubert, elle a mis sur pied Les ateliers de danse moderne de Montréal (LADMM), qui sont devenus l’École de danse contemporaine de Montréal en 2012, avec en tête l’idée d’allier le côté très technique de la danse classique à la fluidité plus théâtrale de la danse moderne.

On remarquait, [à l’époque], que soit il y avait des danseurs qui étaient très techniques, mais qui manquaient de vie intérieure, soit il y avait des danseurs qui étaient plus théâtraux, mais qui n’avaient pas de technique. On a voulu créer une formation où les deux aspects pourraient être nourris, résume-t-elle.

Une femme portant un manteau rouge esquisse un large sourire face à la caméra.

Linda ravbin

Photo : lindarabin.com

L’École de danse contemporaine de Montréal demeure aujourd’hui l’un des établissements de danse les plus réputés au Canada, notamment grâce à son volet de recherche créative, qui vise à amener chaque individu à sa pleine éclosion artistique.

Comprendre son corps pour mieux s’exprimer

En tant que danseuse, chorégraphe et surtout enseignante, Linda Rabin a développé une perspective unique de la danse grâce à l’éducation somatique. Du grec soma, qui signifie corps, l'éducation somatique regroupe un ensemble d'approches qui visent à ce que les gens se réapproprient leur corps en mouvement et développent leur conscience.

Le terme a été établi à la fin des années 1970 avec l’apparition de modes d’éducation comme la technique Alexander, basée sur la relation entre la colonne vertébrale et la tête.

On apprend à travers notre propre corps. On est à l’écoute du corps et on est guidé par les messages du corps. Et ce n’est pas le corps dans l’espace, c’est le corps intérieur, la vie interne du corps, résume Linda Rabin.

À 75 ans, Linda Rabin affirme que sa passion pour la danse et l’enseignement, qui occupe la majorité de son temps aujourd’hui, est toujours aussi grande. Questionnée sur ce qui l’attend pour le prochain acte de sa carrière, la danseuse se fait mystérieuse.

Je continue avec l’enseignement, mais je suis quelqu’un qui passe par des phases où je sens qu’il doit y avoir des changements. Ça fait partie de ma nature. Et je sens dans l’air qu’il y a un appel d’aller vers un changement, je ne sais pas c’est quoi, ce n’est pas clair encore.

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