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Nouveau Musée royal : la C.-B. défend son projet de plus de 1 milliard de dollars

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L'exposition de totems au Musée royal de la Colombie-Britannique.

Photo : Musée royal de la Colombie-Britannique

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Le gouvernement de la Colombie-Britannique a publié mercredi l’analyse de rentabilité qui explique son projet de construction d'un nouveau Musée royal à Victoria, après qu'il eut été jugé de « projet d'orgueil » par l'opposition libérale, face à une flambée du coût de la vie.

La construction du nouvel établissement sur l'emplacement de l’ancien musée coûtera 789,5 millions de dollars. À cela s’ajoutent les 224 millions de dollars du nouveau bâtiment destiné à la recherche et la conservation des archives, qui sera établi à Colwood, dont le coût a été annoncé précédemment.

Le bâtiment, visité par des centaines d’écoliers chaque année, est instable en cas de séisme, vulnérable aux inondations, et il contient également des matériaux dangereux comme l'amiante, le plomb et le mercure, d’après le document de milliers de pages publié par la province mercredi.

Selon le document, la réhabilitation du musée est nécessaire pour y faire face ainsi que pour améliorer l'accessibilité du musée. Elle permettra aussi de répondre à un manque d’espace pour travailler de concert avec les communautés autochtones et mener à bien le processus de réparation des artefacts.

Le Musée royal a récemment été critiqué pour son approche étroite sur le passé colonialiste de la province, ses expositions qui ne représentent pas l’ensemble des communautés et pour la culture de racisme qui règne sur le lieu de travail. 

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Le Musée royal de la Colombie-Britannique, à Victoria.

Photo : Radio-Canada / Mike McArthur/CBC

Cinq options évaluées

Le coût de ce projet de construction a suscité une levée de boucliers du Parti libéral lorsqu'il a été annoncé par la province le 13 mai. Son leader, Kevin Falcon, a affirmé qu’il annulerait le projet de reconstruction du musée s’il est élu premier ministre en 2024.

La province explique toutefois qu'elle a examiné cinq options possibles pour réhabiliter le bâtiment, détaillées dans les documents publiés.

L’analyse extensive confirme que les coûts de réparation ou d’amélioration du musée sont plus élevés que les coûts de remplacement du bâtiment par un édifice plus moderne, explique Melanie Mark, la ministre du Tourisme, des Arts, de la Culture et du Sport de la province.

« Je comprends que cet investissement représente beaucoup d’argent. Mais nous ne sommes pas prêts à prendre le risque de balayer notre culture, notre histoire collective. »

— Une citation de  Melanie Mark, la ministre du Tourisme, des Arts, de la Culture et du Sport de la C.-B.

7 millions d’artefacts à déplacer

Le projet de réhabilitation du musée est particulièrement long et coûteux, car le terrain s’étend sur 2,6 hectares et renferme des éléments précieux de l’histoire de la province, de sa flore et de sa faune.

D’après les documents présentés, le musée détient 7 millions d’artefacts, notamment la plus grande collection de l’artiste canadienne Emily Carr, mais ne peut présenter que 1 % de sa collection en tout temps.

Le déplacement de ces collections et de l’équivalent de 27 km de matériel d'archives devra être effectué avec minutie, explique le gouvernement provincial. Ces objets n’ont pas de prix.

C’est un projet complexe. J’espère que les Britanno-Colombiens vont réaliser l'état dans lequel se trouve ce musée, à quel point il est complexe de déplacer 7 millions d’artefacts et qu’ils vont aussi comprendre le risque qui existe si on ne fait rien, soutient la ministre du Tourisme.

Certaines archives des communautés autochtones sont dans un sous-sol, au-dessous du niveau de la mer et sont vulnérables aux inondations, soutient-elle.

La réalité, c’est que le bâtiment du musée date de près d’un demi-siècle et qu'il a atteint la fin de sa vie, ajoute Melanie Mark.

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Un remarquable buste de Hatshepsout, une des premières femmes à régner sur l'Égypte, un règne qui a duré 20 ans, exposé au Musée royal de Victoria.

Photo : Jason D'Souza/CBC

Pas un plus pour un moins, assure la ministre du Tourisme

Les libéraux ont dénoncé la semaine dernière la frivolité du projet, dans un contexte où la province fait face à une pénurie de médecins et où les Britanno-Colombiens ont du mal à payer leurs factures. Kevin Falcon propose plutôt d’utiliser cet argent pour aider la population à faire face à la hausse des prix.

La province assure qu’elle investit également dans les hôpitaux et l’éducation, à côté de ce projet. Ce n’est pas un plus pour un moins, c’est un plus pour un plus. Nous avons un devoir de protéger notre histoire , assure Melanie Mark.

Je pense honnêtement que ce serait un moment historique, d’avoir la chance d’obtenir un bâtiment artistique ici en Colombie-Britannique, qui incorpore toutes les valeurs qui sont importantes pour nous, dit-elle.

Le Musée royal devrait fermer ses portes en septembre et rouvrir en 2030. Donner accès à l'établissement pendant le processus de conceptualisation et de planification des nouveaux bâtiments serait trop cher et rallongerait la durée des travaux, d'après le gouvernement.

Un désastre de relations publiques

Le député vert de Saanich Nord et des îles, Adam Olsen, est reconnaissant de finalement voir ces documents, mais qualifie le processus de désastre de relations publiques.

Le gouvernement néo-démocrate n’a pas fait appel à la participation de la population dans le cadre de ce processus, alors qu’il est en cours depuis des années, soutient-il dans une déclaration. 

Le Parti libéral de la Colombie-Britannique maintient quant à lui son appel à mettre fin à ce “projet de construction douteux avant qu’il ne soit trop tard et [demande que] son financement [soit] réinvesti pour soutenir la population”.

Le premier ministre John Horgan a fait le choix de prioriser la réhabilitation du Musée, par rapport à d’autres bâtiments publics ayant les mêmes besoins, pour assurer son héritage politique, affirme le porte-parole en matière de finances du Parti libéral de la Colombie-Britannique, Peter Milobar.

Adam Olsen souhaiterait quant à lui que le Musée respecte son engagement de rapatrier les artefacts. On n’a pas besoin d’un nouveau bâtiment pour accueillir des items qui seront retournés aux communautés autochtones, on a simplement besoin d’un musée qui en fait une priorité, soutient-il. 

Avec les informations de La presse canadienne et de Meera Bains

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