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Hoggard admet mentir aux femmes pour coucher avec elles avant de les laisser tomber

La Couronne le dépeint comme un homme égoïste et sans cœur, qui ne cherche qu'à assouvir ses désirs.

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Jacob Hoggard arrive au palais de justice de Toronto le 25 mai 2022 en compagnie de son épouse et de l'une de ses deux avocates.

Photo : Radio-Canada / Tina Mackenzie

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À Toronto, Jacob Hoggard a admis mercredi qu'il avait menti à ses deux accusatrices dans le seul but de coucher avec elles, en mettant fin à son témoignage à la barre de son procès. L'individu de 37 ans est accusé de contacts sexuels inappropriés à l'endroit d'une mineure et d'agression sexuelle ayant causé des blessures contre la même adolescente et une adulte en 2016 dans la région torontoise.

Jacob Hoggard a reconnu dans le contre-interrogatoire de la Couronne qu'il avait menti aux deux plaignantes en leur chantant la pomme, mais il assure qu'elles étaient toutes les deux consentantes pour coucher avec lui en septembre et en novembre 2016.

Je leur ai caché que je voyais d'autres femmes en même temps qu'elles, j'étais très actif sexuellement, j'étais au faîte de ma carrière, dit-il en précisant qu'il apprécie ce genre de vie depuis 15 ans.

J'aime avoir de l'attention et, en tant que chanteur principal [du groupe Hedley], j'obtiens souvent ce que je veux, avoue-t-il.

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Le chanteur Jacob Hoggard témoigne depuis deux jours à la barre de son propre procès.

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

M. Hoggard admet qu'il ne s'intéressait pas à elles et que les communications qui ont suivi leur aventure étaient anodines. Juste quelques mots pour faire la conversation et leur demander comment elles allaient, déclare-t-il.

Il souligne qu'il a volontairement bloqué le numéro de la seconde plaignante sur son téléphone cellulaire, mais il ne se souvient pas si la première femme en a fait de même de son côté.

Je ne voyais aucun avenir avec elles malgré ce que j'ai pu leur dire, je ne voulais que coucher avec elles, dit-il.

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L'avocate de la défense, Megan Savard, contre-interroge à la barre la plaignante numéro 2.

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

Le chanteur avoue qu'il leur a demandé à toutes les deux de partir après leur rencontre à l'hôtel en prétextant qu'il avait un rendez-vous d'affaires. C'est un mensonge, je voulais juste qu'elles s'en aillent, précise-t-il.

Il affirme en outre qu'il n'a pas voulu rappeler la première plaignante lorsqu'il était revenu à Toronto en novembre 2016, alors qu'il l'avait invitée à son hôtel deux mois plus tôt.

Il explique qu'il ne voulait plus voir l'adolescente, sans vraiment donner de raison à la cour.

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La procureure de la Couronne, Jill Witkin, interroge à la barre des témoins la plaignante numéro 2.

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

Il ajoute qu'il a également menti à sa future femme en lui faisant croire qu'il était fidèle, alors qu'il la trompait avec d'autres femmes comme les deux plaignantes. Je leur ai menti, parce que j'ai obtenu ce que je voulais d'elles, déclare-t-il.

Je n'en suis pas fier, mais je mens pour me sortir de situations embarrassantes ou pour tromper ma fiancée, poursuit-il.

Son avocate, Megan Savard, lui demande alors s'il est aussi en train de mentir à la barre de son procès. Non, ce n'est pas la même chose, mentir sous serment est un crime, alors que dans la vie, la situation est complètement différente, lui répond-il.

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L'avocate de la défense, Megan Savard, contre-interroge la plaignante numéro 1 devant la juge, la registraire, le jury et son client.

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

M. Hoggard rejette par ailleurs catégoriquement l'idée qu'il devient insatisfait ou colérique lorsque des femmes repoussent ses avances.

Il assure que son expérience au lit lui a appris à bien communiquer avec ses partenaires et à relever des indices qui lui indiqueraient qu'elles ne sont pas intéressées par certains de ses jeux sexuels.

Je connais le langage corporel des femmes, jamais il ne me viendrait à l'idée de leur faire mal, souligne-t-il.

Il avoue enfin qu'il a consulté un ami qui est avocat, parce qu'il envisageait de poursuivre l'une des plaignantes pour diffamation après qu'elle l'eut accusé, à tort, de l'avoir blessée durant leurs relations sexuelles.

Je savais qu'elle n'était pas blessée et j'avais le sentiment que j'étais la cible de menaces, conclut-il.

Dernier témoignage

La défense a conclu les audiences en appelant son dernier témoin à la barre : le chauffeur de la limousine qui a reconduit la jeune plaignante chez elle après sa rencontre avec l'accusé.

Steven Wigoda devait être cité comme témoin à charge, mais la Couronne ne l'a finalement pas appelé à la barre pour des raisons inexpliquées.

C'est donc la défense qui en a fait son témoin pour montrer qu'il n'a rien remarqué d'anormal chez la plaignante, lorsqu'elle a quitté le Sheraton de Mississauga le 30 septembre 2016.

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La procureure Jill Witkin interroge la plaignante numéro 1; Jacob Hoggard est en costume noir à gauche avec son avocate.

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

M. Wigoda affirme d'entrée de jeu qu'il ne connaît pas Jacob Hoggard et qu'il ignorait à l'époque que le chanteur avait réservé les services de sa compagnie pour faire venir la première plaignante à son hôtel.

Le chauffeur, qui cumule 25 ans d'expérience, explique par ailleurs qu'il a pris l'habitude de tout écrire dans son carnet de route en cas de contrôle des inspecteurs municipaux.

Il souligne que sa jeune passagère lui a indiqué comme adresse le Sheraton Gateway, en montant dans la voiture à 10 h, sans préciser qu'il s'agissait bien d'un hôtel.

J'imagine qu'une adolescente de l'extérieur de Toronto ignore qu'il s'agit d'un hôtel, avance-t-il.

Nous avons peu parlé à l'aller comme au retour et son apparence n'avait pas changé au moment où je l'ai embarquée la seconde fois, souligne-t-il, en disant qu'il l'avait déposée au Sheraton à 11 h.

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Le chanteur Jacob Hoggard plaide non coupable de trois accusations de nature sexuelle à l'ouverture du procès.

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

Il précise qu'il lui avait donné sa carte professionnelle parce qu'il resterait dans les environs pour le déjeuner.

Elle m'a rappelé une heure seulement après l'avoir laissée au Sheraton, poursuit-il, alors qu'il était prévu de revenir la prendre vers 16 h.

Son témoignage est important pour la défense en ce sens que la plaignante avait affirmé durant le procès qu'elle était restée à l'hôtel pendant plusieurs heures. Elle avait aussi raconté que le chauffeur l'avait vue en état de choc après avoir été la chercher à l'hôtel.

Elle avait également spécifié que ses cheveux étaient ébouriffés et son maquillage défraîchi, parce qu'elle n'avait pas eu le temps de s'arranger en quittant l'accusé.

Contre-interrogatoire

Dans son contre-interrogatoire, la Couronne fait remarquer au chauffeur que c'est Jacob Hoggard qui l'a appelé pour reconduire la plaignante et non la jeune femme. J'étais convaincu que c'était la voix d'une femme, dit-il.

À réentendre sa déposition à la police en mai 2018, M. Wigoda concède à la procureure Jill Witkin qu'il avait dit que l'adolescente n'était effectivement pas aussi bien arrangée au retour. Elle ne portait plus de queue de cheval et son maquillage coulait, se souvient-il maintenant.

Il admet finalement qu'elle était joyeuse et très bavarde à l'aller et beaucoup plus tranquille au retour.

M. Wigoda ne se souvient pas non plus de s'être arrêté en chemin, comme le prétend la jeune femme. Je l'aurais écrit dans mon carnet si cela avait été le cas, ajoute-t-il en répétant qu'il n'avait rien soupçonné de grave dans le comportement de sa passagère.

Il ne se rappelle pas non plus si elle a téléphoné à quelqu'un une fois assise à l'arrière. J'avais allumé la radio, dit-il.

Il reconnaît qu'elle l'a appelé deux mois plus tard pour lui demander le nom de celui qui avait réservé la limousine le 30 septembre 2016. Je lui ai répondu qu'elle devait trouver cette information elle-même, conclut-il.

L'audience a été ajournée à vendredi. Les deux parties présenteront alors leurs arguments finaux aux jurés.

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