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Dur de faire changer les choses, déplore le père estrien d’une victime de Sandy Hook

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La fille de Gilles Rousseau est morte lors de la fusillade de l'école Sandy Hook, en 2012.

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

Radio-Canada

La tuerie qui a coûté la vie à 19 élèves et à 2 enseignants mardi après-midi au Texas est la pire fusillade de la dernière décennie. La tragédie ramène de difficiles souvenirs à l’Estrien Gilles Rousseau. Sa fille Lauren fait partie des 27 victimes de la fusillade survenue à l’école primaire Sandy Hook, où elle était enseignante suppléante en 2012.

Il essaie de garder un certain détachement face à l’actualité américaine.

J’ai écouté un peu les nouvelles pour savoir ce qui s’était passé. Après presque 10 ans cet automne, je suis capable de séparer mon événement [...] et ce qui se passe aujourd’hui, constate-t-il. 

Je ne pleure pas souvent, mais je parlais à la réceptionniste, et on entendait Radio-Canada, j’ai dit ce qui se passait, et j’ai commencé à pleurer [...] Ça touche, mais on essaie de se distancer au jour le jour pour être capables de vivre une vie qui est intéressante, ajoute-t-il avec émotion. On est retraités, on voyage, on a une grosse famille à Sherbrooke. 

Il garde peu d’espoir que les choses changent. 

J’ai rencontré Obama, on est allés à la Maison-Blanche deux, trois fois. On avait un président et un vice-président qui voulaient faire de quoi, mais avec les sénateurs, c’est impossible. Les sénateurs américains, républicains principalement, ne veulent pas contrôler les armes, déplore-t-il. 

C’est dommage. Je ne sais pas qui devrait se faire tuer par un AR-15 dans le gouvernement pour que le gouvernement fasse de quoi. Un [politicien] a été blessé dans une partie de baseball. Pour commencer, il était nerveux un peu, mais après ça, [il a dit] "non, ce n’est pas la faute du fusil". C’est difficile à changer, soutient-il. 

Un sentiment d’impuissance et d’injustice

Sonia Faucher est née et a grandi à Sherbrooke, mais vit au Texas depuis 10 ans en raison du travail de son conjoint. En entrevue avec Radio-Canada, elle s'est dite secouée par la tragédie de mardi. 

Chaque fois, c’est une incompréhension totale de pourquoi quelqu’un en arrive à vouloir faire ça. Hier, je suis passée devant la télévision qui était ouverte, j’ai vu le titre, et j’ai été devant la télévision avec les larmes qui coulaient pendant une demi-heure, raconte-t-elle. 

« On est au Texas, ça prend 21 ans pour boire [...] Qu’est-ce qu’un 18 ans fait avec ce type d’arme là dans ses mains? Pourquoi c’est accessible? C’est un sentiment d’impuissance et d’injustice. »

— Une citation de  Sonia Faucher, une Sherbrookoise vivant au Texas
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Deux membres des forces de l'ordre du Texas allument des bougies à l'école primaire Robb à Uvalde, au Texas.

Photo : Associated Press / Jae C. Hong

Elle remarque que le contrôle des armes à feu représente un sujet tabou pour certains de ses amis texans. On se demande si nos amis américains n’en parlent pas par respect de notre culture. Ce qu’on a découvert au fil des ans, c’est que par des événements et des publications que ces gens-là, qui sont nos amis, mettaient sur Facebook, certains de nos amis sont des gens qui prônent le port d’armes, l’accessibilité aux armes.

Chaque fois, ça nous atteignait droit au cœur, parce qu’on se disait "c’est tellement de bonnes personnes, c’est des gens qui sont éduqués, qui ont voyagé à travers le monde, c’est des gens plaisants, mais on ne se rejoint pas du tout sur ce sujet-là, et c’est culturel", continue-t-elle. 

Elle souligne que sa ville d'adoption est paisible. Malgré tout, elle vit encore certains chocs culturels liés au port d’armes. Comme Québécoise, d’aller porter mon enfant et qu’il y ait un policier armé à la porte, à tous les matins, mon cœur se serrait, et encore aujourd’hui, je ne suis pas habituée 10 ans après.

Ses fils sont aujourd’hui âgés de 15 et 19 ans. L’un d’entre eux est maintenant déménagé au Canada dans le cadre de ses études supérieures.

Hier, quand j’ai vu l’annonce de ce qui s’était passé au Texas [...], mon premier réflexe, j’ai pris mon cellulaire et j’ai texté mon fiston de 19 ans "merci Éric d’avoir choisi d’étudier dans une université canadienne, je t’aime" [...] Ça a été mon premier réflexe de maman, dit Sonia Faucher avec la voix nouée.

Avec les informations d’Arianne Beland  

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