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À son procès pour meurtre, Anthony Bilodeau dit avoir apporté une arme « par précaution »

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Anthony Bilodeau a témoigné qu'il n'avait jamais été « aussi effrayé de sa vie » et avoir apporté son arme sans intention de s'en servir.

Photo : Radio-Canada / Jim Stokes

Radio-Canada

Accusé du meurtre au deuxième degré de deux chasseurs métis, Anthony Bilodeau a témoigné à son procès qu'il n'avait pas eu l'intention d'utiliser son arme, qu'il avait apportée « par précaution ».

Roger et Anthony Bilodeau ont plaidé non coupables à des accusations de meurtre au deuxième degré à la suite de la mort de Jake Sansom et son oncle, Maurice Cardinal. Les deux chasseurs métis ont succombé à des blessures par balles après un affrontement avec Roger et Anthony Bilodeau près de Glendon, au nord-est d’Edmonton, le 27 mars 2020. Le procès du père et du fils est en cours depuis le 16 mai à Edmonton.

Le témoignage

Anthony Bilodeau a dit avoir reçu un appel de son père lui disant : Nous les avons attrapés, il faut que tu viennes. Selon lui, sa voix semblait inquiète et préoccupée, son ton traduisait une urgence.

[Mon père] a dit : ‘’Je ne sais pas si ces types sont armés, mais apporte un fusil, au cas où’’, a raconté Anthony Bilodeau.

Anthony Bilodeau a affirmé à plusieurs reprises n'avoir eu aucune intention d'utiliser l'arme et qu'il l'avait sur lui par précaution.

Le frère d’Anthony Bilodeau, Joseph, qui était avec son père, a affirmé, toujours au téléphone, que le véhicule qu’ils suivaient s’était arrêté. Selon Anthony Bilodeau, son père, Roger Bilodeau, a demandé calmement aux personnes à bord ce qu'elles faisaient sur son terrain.

Anthony Bilodeau a ensuite entendu au téléphone une voix qui lui était inconnue dire sur un ton qu'il a qualifié de furieux : Va chercher un couteau pour qu'on puisse tuer ces enfoirés!

Anthony Bilodeau a témoigné que, quand il est arrivé sur les lieux, il a vu un homme en train d'étrangle son père. Il ne pouvait toutefois pas voir son frère, a-t-il ajouté.

J'avais peur de ne pas pouvoir voir où était Joseph. Je ne pouvais pas voir le côté passager du camion, a-t-il poursuivi.

Anthony Bilodeau a dit n'avoir jamais été aussi effrayé de sa vie. Tout se passait trop vite, je n'aurais pas eu le temps d'appeler la police, a-t-il ajouté.

C'est alors que j'ai chargé mon arme aussi vite que j'ai pu, a-t-il déclaré, répétant qu’il n’avait pas l’intention d’utiliser l’arme. Il affirme s'être alors approché du véhicule en pointant son arme vers le sol.

Anthony Bilodeau a affirmé à la Cour qu'à ce moment l’autre passager est sorti du véhicule et avec une arme et qu'il n'avait jamais vu une si grande arme de sa vie.

L'avocat d'Anthony Bilodeau, Brian Beresh, a présenté un fusil d'environ 1 mètre à la Cour.

Anthony Bilodeau a dit avoir voulu calmer la situation, mais que les deux victimes ne semblaient aucunement prêtes à discuter.

Je pensais que j'allais mourir parce que j'étais en infériorité numérique, je n'avais nulle part où aller, a-t-il confié, ajoutant qu'un des hommes a répété à plusieurs reprises qu'il allait le tuer.

« Je croyais qu'il n'y avait pas de doute qu'il allait me tirer dessus [...] et puis j'ai tiré. »

— Une citation de  Anthony Bilodeau

Il a souligné que, lorsqu'il tirait avec l'arme, qu'il utilisait occasionnellement depuis six ans pour la chasse, les balles pouvaient aller dans n'importe quelle direction.

Il a aussi affirmé qu'il avait découpé l'arme du crime et menti à la police au sujet du déroulement des événements parce qu'il avait peur d'aller en prison pour avoir protégé sa famille, a-t-il dit à maintes reprises.

Anthony Bilodeau a ensuite été interrogé par Shawn Gerstel, l'avocat de son père, Roger Bilodeau. Ce dernier est principalement revenu sur l’appel qu'ils ont eu.

Anthony Bilodeau a rappelé à plusieurs reprises que son père ne lui avait pas demandé de charger l’arme, ne lui avait pas suggéré de sortir du véhicule, n’ayant pas laissé entendre qu'il y pourrait y avoir un affrontement, qu’ils allaient agresser quelqu’un et ne lui a pas demandé de leur faire peur.

Selon Anthony Bilodeau, ils n'avaient pas décidé auparavant qu’ils utiliseraient l’arme.

Selon lui, c’est vraiment une fois rendu sur place que ses préoccupations ont changé.

Le procès doit se poursuivre jeudi à compter de 9 h 30.

Inquiet de la criminalité

Anthony Bilodeau a également affirmé que la criminalité dans la communauté agricole à Glendon avait toujours été une préoccupation.

Selon lui, il y a des personnes qui ont été frappées et volées sur leurs terres, même en plein milieu de la journée.

Son niveau d’inquiétude avait augmenté au mois de mars 2020, alors que les choses commençaient à se dégrader à nouveau, a-t-il affirmé.

Il a précisé que l'entreprise de son père, où il travaille, a été cambriolée en 2019 et que la police n’est pas venue une seule fois.

Le procès

Le procès des deux accusés devant jury a commencé le 16 mai par la déclaration du procureur de la Couronne, Jeff Rudiak.

Selon lui, le père et le fils n’avaient pas de raison d’ouvrir le feu et n’avaient pas de bonne défense.

L’avocat de la défense, Sean Gerstel, a quant à lui affirmé que les accusés avaient agi en état de légitime défense.

Le jury est désormais réduit à 11 membres, car 3 jurés et le fonctionnaire du tribunal sont malades. Il faut un minimum de 10 jurés pour éviter l'annulation du procès.

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