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Des avocats des familles des victimes de Portapique boycottent les audiences

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Les 22 personnes tuées dans le massacre survenu les 18 et 19 avril 2020 à Portapique, Wentworth, Debert et Shubenacadie, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les avocats représentant plus de la moitié des familles des victimes de la fusillade d'avril 2020 en Nouvelle-Écosse boycottent quatre jours des audiences publiques de l’enquête parce qu’ils ne pourront pas interroger directement deux policiers.

Rob Pineo, un avocat de Patterson Law, dit que ses clients ont demandé à leur équipe juridique de ne pas assister aux audiences de la Commission des pertes massives cette semaine et pour deux jours la semaine prochaine. Son cabinet représente les familles de 14 personnes qui ont été tuées et plusieurs autres personnes qui ont été profondément touchées par la fusillade qui a fait 22 morts en avril 2020.

Dans un communiqué, il explique que ses clients sont découragés et encore plus traumatisés par la décision des commissaires d'autoriser que le sergent-chef Brian Rehill et le sergent Andy O'Brien soient interrogés seulement par les avocats de la Commission des pertes massives qui mène l'enquête.

L’avocat dit que son groupe de clients voulait envoyer un message clair qu'il ne sera pas associé à ce processus d'enquête restreint pour des preuves aussi critiques.

Tara Miller, qui représente les proches d'Aaron Tuck et de Kristen Beaton, qui étaient enceintes lorsqu'elle a été tuée, dit elle aussi que ses clients sont profondément déçus et qu'elle boycotte les audiences.

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Tara Miller est une avocate qui représente les proches d'Aaron Tuck et de Kristen Beaton, morts dans la tuerie d'avril 2020 en Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / CBC

Les familles attendent depuis très longtemps d'entendre les questions dans leurs propres mots, ou ceux de leur avocat, rappelle-t-elle.

Des agents haut placés

Brian Rehill était le gestionnaire des risques au Centre des communications opérationnelles de la GRC lorsque les premiers appels au 911 sont arrivés de Portapique, en Nouvelle-Écosse.

En plus de superviser les répartiteurs, il a pris les premières décisions sur la mise en place du confinement et sur la destination des premiers agents d'intervention.

Andy O'Brien était le sous-officier des opérations du comté de Colchester à l'époque, ce qui signifie qu'il était responsable des opérations quotidiennes du détachement de la GRC de Bible Hill.

Le 18 avril, il a aidé à coordonner la réponse rapide depuis son domicile en communiquant avec les agents sur le terrain.

La Fédération de la police nationale (FNP) et le procureur général du Canada avaient demandé que les deux agents fournissent leur preuve par affidavit, et que le sergent d'état-major Al Carroll témoigne en personne et qu'il soit seulement interrogé par l'avocat de la Commission.

Al Carroll était le commandant du district en avril 2020 et faisait partie de l'équipe de commandants qui a travaillé de nuit à la caserne de pompiers de Great Village.

La Commission des pertes massives a décidé mardi qu’Al Carroll témoignera en direct jeudi via Zoom et pourra être interrogé par tous les avocats.

Par contre, Brian Rehill et Andy O'Brien vont témoigner aux audiences les 30 et 31 mai par entretiens vidéo préenregistrés.

Seuls les avocats de la commission, ou les commissaires eux-mêmes poseront des questions directes aux agents. Les avocats des familles des victimes peuvent soumettre des questions à l'avance.

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L'avocat Joshua Bryson représente les familles de Joy et Peter Bond. Il dit que même si les avocats de la Commission représentent l'intérêt public, son rôle est de soulever des questions d'une importance particulière pour les familles.

Photo : Radio-Canada

Pour Me Joshua Bryson, qui représente les familles de Joy et Peter Bond, ce n'est pas un remplacement approprié.

L’avocat aurait plusieurs questions pour Brian Rehill. Il voudrait entre autres savoir s’il a considéré les informations reçus à propos d'une sortie arrière pour la communauté de Portapique et s’il a songé à déployer des agents pour bloquer cette route avant 5 heures du matin.

Joshua Bryson va aussi boycotter les audiences la semaine prochaine.

Si nous sommes marginalisés à ce point, il n'y a vraiment pas grand intérêt à ce que nous soyons ici pour participer, dit-il.

Pour la santé des policiers

La décision de la commission a pris en compte les informations sur la santé des agents, qui sont privées.

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Michael MacDonald, le président de la Commission des pertes massives qui enquête sur la tuerie d'avril 2020 à Portapique.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Le commissaire en chef Michael MacDonald n'a pas reconnu le boycottage dans ses remarques préliminaires mercredi matin.

Il a dit que le témoignage préenregistré permettra à l'enquête d'obtenir les meilleures preuves tout en donnant la flexibilité de prévoir de nombreuses pauses et l'appui nécessaire.

Les règles de l'enquête stipulent que toute personne assignée à comparaître en tant que témoin peut soumettre une demande pour des choses telles que des pauses supplémentaires, avoir une personne de soutien avec elle ou soumettre un affidavit au lieu d'un témoignage en direct.

Trois autres témoins ont également demandé des accommodements. Les commissaires ont rejeté l'une des demandes et ont décidé d'autoriser deux témoins à témoigner sur un panel. Les documents n'ont pas divulgué les noms de ces témoins.

Avec les informations de Elizabeth McMillan de CBC

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