•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Turquie exige des « mesures concrètes » des nouveaux candidats à l’OTAN

Chargement de l’image

Le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, serre la main du secrétaire d'État suédois Oscar Stenström, avant les pourparlers tenus mercredi à Ankara.

Photo : La Presse canadienne / AP/Présidence turque

Agence France-Presse

La Turquie ne donnera pas son accord à l'adhésion dans l'OTAN de la Suède et de la Finlande sans avoir obtenu des « mesures concrètes » de leur part concernant ses préoccupations sécuritaires, a prévenu mercredi un haut responsable de la présidence turque.

Ibrahim Kalin, porte-parole de la présidence turque et proche du président Recep Tayyip Erdogan, a reçu les délégations de diplomates de ces deux pays dépêchées en Turquie pour tenter de convaincre Ankara qui s'oppose à leur adhésion à l'Alliance atlantique. La rencontre a duré cinq heures.

« Nous avons clairement affirmé à nos interlocuteurs que le processus ne peut avancer tant que les préoccupations d'ordre sécuritaire de la Turquie ne sont pas satisfaites, avec des mesures concrètes et dans un calendrier défini. »

— Une citation de  Ibrahim Kalin, porte-parole de la présidence turque

Nos interlocuteurs ont pris note et vont désormais transmettre (leur rapport) à leurs gouvernements. Nous allons continuer les pourparlers quand nous aurons reçu leurs réponses à nos demandes, a indiqué M. Kalin.

La Turquie accuse les pays nordiques, en particulier la Suède, qui compte une large communauté d'exilés turcs, d'abriter des militants kurdes du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, qu'elle considère comme une organisation terroriste.

Elle dénonce aussi la présence de partisans du prédicateur Fethullah Gülen, qu'elle soupçonne d'avoir orchestré la tentative de coup d'État de juillet 2016.

Ankara demande aujourd'hui aux deux pays de faire des pas concrets concernant la présence au niveau organisationnel, financier et médiatique des organisations terroristes, a ajouté M. Kalin.

Le porte-parole a aussi réitéré les demandes d'Ankara concernant l'extradition de personnes liées, selon elle, au PKK ou au mouvement de Gülen.

M. Kalin s'est par ailleurs dit optimiste concernant la levée des restrictions imposées par Stockholm sur les exportations d'armes vers Ankara, adoptées en octobre 2019 à la suite d'une opération militaire turque en Syrie.

Nous avons observé une attitude positive à ce sujet, a-t-il déclaré, jugeant qu'il n'est pas approprié de s'imposer des sanctions entre alliés.

Nous ne sommes pas pressés par le temps.[...] Il est inacceptable pour nous de voir certains procédés ignorés et de précipiter les choses, a-t-il ajouté.

Stockholm veut lever des ambiguïtés

Nous ne versons pas d'argent aux organisations terroristes, bien sûr, ni des armes, a affirmé plus tôt dans la journée la première ministre suédoise Magdalena Andersson lors d'une conférence de presse à Stockholm.

La dirigeante suédoise a affiché sa volonté de lever des ambiguïtés en la matière se retrouvant dans les accusations turques.

La Turquie, membre de l'Alliance atlantique depuis 1952 et donc en position d'empêcher toute nouvelle entrée, a publié lundi une liste de conditions pour lever ce blocage surprise.

Ankara réclame notamment l'extradition de personnes se trouvant sur le sol suédois qu'elle décrit comme des terroristes de son ennemi juré du PKK et de sa branche YPG en Syrie.

Le gouvernement turc accuse également Stockholm d'avoir annoncé une aide de 376 millions de dollars en faveur du PKK et de l'YPG, et de leur fournir des armes, en particulier des armes antichars et des drones.

La Suède et la Finlande ont déposé la semaine dernière leurs candidatures historiques à l'OTAN, tournant le dos à des décennies de non-alignement militaire du fait de l'invasion russe de l'Ukraine.

Si le blocage turc menace les deux pays, les doléances d'Ankara visent principalement Stockholm.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !