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Fusillade au Texas : nouveau drame, vieux débat sur le contrôle des armes

Joe Biden, derrière un lutrin à la Maison-Blanche et devant un drapeau américain.

Le président Joe Biden a renouvelé son appel à un plus grand contrôle des armes au cours d'un événement sur une réforme modeste de la police.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Sans surprise, la tuerie perpétrée mardi dans une école primaire du Texas a relancé le vain débat sur le contrôle des armes à feu, montrant une fois de plus la fracture idéologique entre les camps démocrate et républicain.

Comme il l'avait fait la veille, le président Joe Biden a renouvelé son plaidoyer pour un plus grand encadrement des armes à feu, un peu plus d'une semaine après la fusillade qui a fait 10 morts dans une communauté noire de Buffalo, dans l'État de New York.

Mardi, c'était au tour de la communauté d'Uvalde d'être ébranlée par une tuerie qui a fait 21 victimes, soit 19 enfants et 2 enseignants.

Une réforme législative ne préviendrait pas toutes les tragédies, a concédé le président démocrate, mais aurait un impact significatif sur le nombre de fusillades sans toutefois avoir d'impact négatif sur le deuxième amendement de la Constitution, qui garantit le port d'armes.

Le second amendement n'est pas absolu, a-t-il fait valoir. Quand il a été adopté, vous ne pouviez pas posséder un canon. Vous ne pouviez pas posséder certains types d'armes. Il y a toujours eu des limitations.

Joe Biden a tenu ces propos au cours d'une cérémonie organisée pour la signature d'un décret sur une réforme modeste de la police, deux ans jour pour jour après la mort de l'Afro-Américain George Floyd, tué par un policier blanc à Minneapolis. Mais le drame de mardi s'est invité dans ce qui était voulu comme un moment d'espoir.

« L'idée qu'[un jeune de 18 ans] puisse entrer dans un magasin et acheter des armes de guerre conçues et commercialisées pour tuer est une erreur qui va à l'encontre du bon sens. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Où est le courage de se tenir debout devant un puissant lobby? a demandé Joe Biden, qui a annoncé qu'il se rendrait au Texas pour rencontrer les familles des victimes au cours des prochains jours.

Par un étrange concours de circonstances, c'est au Texas que la National Rifle Association (NRA) tiendra de vendredi à dimanche son rassemblement annuel, au cours duquel l'ex-président Donald Trump prendra la parole.

Si plusieurs autres démocrates ont multiplié une fois de plus les plaidoyers pour un plus grand contrôle des armes à feu, les républicains, dont plusieurs participeront à l'événement de la NRA, y restent insensibles.

La conférence de presse au cours de laquelle le gouverneur du Texas, le républicain Greg Abbott, et les autorités de l'État ont fait le point, mercredi, sur la fusillade de la veille, a souligné ce contraste.

Beto O'Rourke, devant des policiers, se fait montrer la porte par des responsables sur la scène.

Beto O'Rourke a confronté les élus républicains présents à la conférence de presse, avant d'être escorté vers l'extérieur de la salle.

Photo : Reuters / VERONICA CARDENAS

Dans un geste qui symbolise le fossé entre les deux camps, l'ancien représentant démocrate Beto O'Rourke a interrompu la conférence de presse de celui qu'il affrontera en novembre, reprochant à son adversaire son inaction devant de telles tueries.

« C'est maintenant qu'il faut empêcher la prochaine fusillade, et vous ne faites rien. »

— Une citation de  Beto O'Rourke, candidat pour le poste de gouverneur du Texas

Rabroué pour son coup d'éclat – le maire d'Uvalde l'a même traité de fils de pute dérangé –, le politicien démocrate a poursuivi ses critiques lorsqu'il a été escorté par des policiers à l'extérieur de la salle.

C'est votre faute, a-t-il lancé à son adversaire. Jusqu'à ce que vous choisissiez d'agir différemment, cela continuera à se produire. Quelqu'un doit se lever pour défendre les enfants de cet État ou ils continueront à être tués, comme ils l'ont été à Uvalde hier.

Il y a des membres des familles [des victimes] qui pleurent en ce moment même, a rétorqué le gouverneur. Pensez aux gens qui sont blessés et aidez ceux qui sont blessés.

La lutte pour le contrôle des armes est l'un des principaux chevaux de bataille de Beto O'Rourke depuis une autre fusillade meurtrière perpétrée au Texas, soit celle d'El Paso, en 2019.

Une fois à l'extérieur, il a énuméré certaines actions que pourraient poser les élus : interdire les armes automatiques AR-15, mettre en œuvre des lois dites du drapeau rouge (red flag laws), qui permettent d'empêcher temporairement un individu à risque d'avoir accès à une arme à feu, et forcer les propriétaires d'armes à les entreposer de façon sécuritaire.

Il a aussi évoqué la vérification des antécédents au moment de l'achat d'une arme à feu, accusant son rival républicain de s'y opposer.

Selon CNN, il y a eu 213 fusillades aux États-Unis depuis le début de l'année. Au moins 24 de ces actes de violence armée sont survenus dans les écoles américaines, d'après une base de données du Washington Post.

Le gouverneur montre du doigt les problèmes de santé mentale

Greg Abbott, entouré et devant un micro, s'adresse aux médias.

Le gouverneur Greg Abbott et des responsables du Texas ont fait le point sur la fusillade meurtrière perpétrée mardi dans une école primaire.

Photo : Associated Press / Dario Lopez-Mills

Entouré de responsables du Texas et des deux sénateurs, républicains, de l'État à Washington, Ted Cruz et John Cornyn, le gouverneur Abbott a soutenu qu'il ne fallait pas politiser la fusillade.

Interrogé sur un resserrement de l'encadrement des armes, il a affirmé, citant des villes dirigées par des démocrates, que des lois restreignant l'accès aux armes existaient, mais n'offraient pas une vraie solution aux morts par armes à feu.

Je déteste dire ça, mais il y a plus de personnes qui se font tirer dessus chaque week-end à Chicago que dans les écoles du Texas, a-t-il argué.

« Certains pensent : ''Peut-être que, si nous pouvions juste mettre en œuvre des lois plus strictes sur les armes à feu, cela résoudrait le problème.'' Mais Chicago, Los Angeles et New York réfutent cette thèse. »

— Une citation de  Greg Abbott, gouverneur du Texas

Notre travail consiste à trouver de vraies solutions que nous pouvons mettre en œuvre, a-t-il soutenu.

En 2015, Greg Abbott s'était dit embarrassé sur Twitter de voir le Texas au deuxième rang pour l'achat de nouvelles armes à feu et avait appelé les Texans à accélérer le rythme pour rattraper ce retard.

Les lois du Texas sont particulièrement permissives en matière d'armes à feu. Par exemple, le port d'armes visibles y est autorisé, la capacité des chargeurs n'est sujette à aucune limite, et il est possible de se procurer une arme sans détenir de permis de port d'arme et sans qu'il soit nécessaire de l'enregistrer.

Malgré des fusillades au cours des dernières années, l'État a étendu les droits des propriétaires d'armes de plus de 21 ans, mettant fin à l'obligation d'avoir un permis pour porter une arme de poing visible ou dissimulée dans la plupart des endroits au Texas.

Au début de sa conférence de presse, Greg Abbott a plutôt pointé un problème de santé mentale dans cette communauté, estimant qu'il fallait favoriser l'accès aux soins.

Le tireur de l'école d'Uvalde n'avait pas d'antécédents criminels ni de problèmes de santé mentale connus, avait cependant souligné M. Abbott avant cela.

Mardi, le procureur général du Texas, Ken Paxton, a pour sa part prôné la formation d'enseignants au maniement des armes à feu, une solution déjà brandie dans le passé par les républicains.

Un tireur sans antécédents

Des femmes pleurent en s'enlaçant.

Des proches des victimes se sont enlacées dans un centre communautaire à proximité de l'école où a eu lieu la fusillade.

Photo : Getty Images / Brandon Bell

Le tireur, identifié comme Salvador Rolando Ramos, âgé de 18 ans, était vraisemblablement un décrocheur, a par ailleurs déclaré le gouverneur.

Il n'y a pas eu d'avertissements significatifs permettant de prévoir cette tragédie, sauf dans la demi-heure qui l'a précédée, a indiqué M. Abbott.

Le tireur a écrit trois messages sur Facebook, a-t-il dit : Je vais tirer sur ma grand-mère, J'ai tiré sur ma grand-mère, puis 15 minutes avant son entrée dans l'école, Je vais ouvrir le feu dans une école primaire.

Selon CNN, Meta, la maison mère de Facebook, a cependant précisé par la suite qu'il s'agissait de messages privés.

Salvador Rolando Ramos s'est ensuite dirigé vers l'école primaire Robb, près de laquelle il a eu un accident avec le camion qu'il conduisait.

Le gouverneur Abbott a précisé qu'avoir après avoir été blessée, la grand-mère, chez qui résidait le jeune homme, a averti les policiers. Le petit-fils de la femme de 66 ans l'a visée à la tête.

De son côté, le directeur du département de la sécurité publique du Texas, Steven McCraw, a spécifié que le tireur avait acheté un fusil semi-automatique dans un magasin de sport local le 17 mars. Le lendemain, il s'est procuré 375 cartouches. Le 20, il a acheté un deuxième fusil semi-automatique au même magasin.

Les médias avaient déjà rapporté que le tireur avait acquis ces deux fusils semi-automatiques peu après son 18e anniversaire.

Le gouverneur Abbott a par ailleurs indiqué que 17 personnes avaient été blessées, mais que leur vie n'était pas menacée.

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