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Plus de personnel et de lits d’hôpitaux, réclament des professionnels de la santé

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Certains acteurs du monde de la santé estiment qu'il faudrait notamment embaucher plus d'infirmières pour répondre à la pénurie en Ontario.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Des acteurs du monde hospitalier de l’Ontario souhaitent que le prochain gouvernement investisse dans l’embauche et la rétention du personnel et trouve des solutions pour répondre aux difficultés de capacité dans les hôpitaux de la province.

Rachel Muir, infirmière et présidente de l’unité de négociation pour l'Association des infirmières de l’Ontario à l’Hôpital d’Ottawa, est catégorique : le nombre de patients admis à son hôpital est toujours élevé, mais le nombre d'infirmières, lui, est en chute libre.

Selon elle, l’Ontario avait un manque à combler de 22 000 infirmières avant la pandémie. Un chiffre qui a depuis bondi à 30 000, estime-t-elle. Elle attribue cette situation à une dégringolade du moral en plus d’une hausse du niveau de stress chez les infirmières depuis la crise.

« Ces infirmières ont vu plus de morts et de détresse en deux ans que vous ne vous attendiez à en voir pendant toute votre carrière de 30 ans. Cela a des répercussions. »

— Une citation de  Rachel Muir, infirmière et présidente de l’unité de négociation pour l'Association des infirmières de l’Ontario à l’Hôpital d’Ottawa

Rachel Muir croit que de nombreuses infirmières quittent la profession pour préserver leur santé mentale. Elle voit déjà des cas de troubles de stress post-traumatique parmi ses collègues. Ce n’est que le début, soutient-elle.

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Rachel Muir veut également que le prochain gouvernement abolisse le projet de loi 124, qui plafonne la hausse salariale dans le secteur public.

Photo : Fournie par Rachel Muir

L’infirmière demande au parti qui accède au pouvoir d’attirer et de former davantage d’infirmières. Pour ce faire, elle propose notamment d'accélérer le processus de reconnaissance de diplômes des personnes formées à l’international ou encore d'offrir des bonifications financières pour encourager plus d’étudiants à s'inscrire à un programme universitaire en sciences infirmières.

La province a d’ailleurs déjà déployé des infirmières formées à l’étranger en janvier en raison de l’absentéisme dans les hôpitaux.

Cette pénurie de personnel, qui touche également les médecins, est une réalité que l’on constate partout dans la province, selon la docteure Rose Zacharias, présidente de l’Association médicale de l’Ontario.

« Il y a de la fatigue extrême, de la frustration et de l’épuisement [chez les médecins de la province]. »

— Une citation de  Dre Rose Zacharias, présidente de l’Association médicale de l’Ontario

La médecin, qui travaille actuellement au Centre de santé mentale de Penetanguishene, constate ce manque notamment dans le nord de la province.

Le Nord de l’Ontario a un manque de 350 médecins [...] D’ailleurs, un service d’urgence dans le Nord de l’Ontario a dû fermer ses portes le mois dernier faute de personnel, indique-t-elle.

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La Dre Rose Zacharias affirme que la province a également besoin d'une stratégie en matière de santé publique pour qu'elle soit mieux outillée pour faire face à une prochaine crise.

Photo : Fournie par l'Association médicale de l'Ontario

Les hôpitaux à ras bord

Après deux ans et demi de pandémie, le nombre d’hospitalisations en raison de la COVID-19 diminue progressivement. Cependant, les hôpitaux ne constatent pas de répit pour autant, car ces patients sont remplacés par des personnes qui ont attendu des mois pour leur rendez-vous, selon l’infirmière de l’Hôpital d’Ottawa.

Ces patients arrivent donc à l’hôpital plus malade, explique Mme Muir. Par exemple, leur articulation est en plus mauvais état, il faut donc plus de temps pour la réparer. Leur cancer, quel qu'il soit, est maintenant plus avancé. L'opération prend ainsi plus de temps tout comme le rétablissement.

Le PDG de l’Association des hôpitaux de l’Ontario, Anthony Dale, estime que la capacité des hôpitaux se situe généralement aux alentours de 90 % d’occupation pour l’ensemble de la province. Un chiffre qui fluctue en fonction des réalités propres à chaque communauté.

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Anthony Dale estime que la province n'a pas du tout la capacité nécessaire pour répondre aux besoins d'une grande population vieillissante.

Photo : CBC

Il souligne que certains hôpitaux communautaires dans le Grand Toronto, comme ceux de Brampton, de Newmarket et de Mississauga, sont particulièrement remplis.

Les problèmes de capacité dans les hôpitaux sont dus à des années de mauvaise planification et d'années de dépenses hospitalières très limitées par les différents gouvernements, selon lui.

Il veut donc que le parti porté au pouvoir ce 2 juin planifie une stratégie touchant les services de santé à plus long terme en tenant compte notamment de la population grandissante dans la province.

« Les services en santé ne devraient pas dépendre du cycle des élections provinciales. »

— Une citation de  Anthony Dale, PDG de l’Association des hôpitaux de l’Ontario

De son côté, la Dre Zacharias estime que la mise en place de centres de services ambulatoires avec l’équipement nécessaire pour des opérations non urgentes pourrait notamment aider à désengorger les hôpitaux.

Réactions des partis politiques

Tout au long de cette campagne électorale, les principaux partis ont présenté leurs stratégies pour renforcer le secteur hospitalier.

Le Parti vert compte notamment embaucher 33 000 infirmières et abolir le projet de loi 124, qui plafonne les salaires de la fonction publique ontarienne.

Cara Des Granges, candidate verte dans la circonscription de Spadina - Fort York, ajoute par ailleurs qu’un gouvernement vert voudrait s’assurer que les professionnels de la santé puissent prendre des journées de congé payées. Une mesure nécessaire selon des médecins avec qui elle a discuté.

Ils me disent que le cas échéant, les gens ne vont pas prendre de journées de maladie, ils vont se rendre au travail, relate-t-elle. Et c’est comme ça qu’on a plus de problèmes dans notre société.

De leur côté, les libéraux de l’Ontario veulent notamment embaucher 100 000 professionnels de la santé et ajouter 3000 nouveaux lits d’hôpitaux modernes pour l’ensemble de la province.

Le candidat libéral dans la circonscription de Toronto - St. Paul’s, Nathan Stall, explique que le parti compte trouver ces professionnels de la santé en accréditant les travailleurs de la santé formés à l'étranger qui sont déjà ici et en embauchant de nouveaux travailleurs de la santé.

Il affirme que son parti ajouterait aussi des places dans les écoles d'infirmières et de médecine.

Le Nouveau Parti démocratique croit également que le soutien au système de santé passe entre autres par l’embauche d'autres infirmières.

Les néo-démocrates se sont donc notamment engagés à embaucher 30 000 infirmières et accélérer la reconnaissance des titres de compétences de 15 000 infirmières formées à l’étranger.

Le plan des progressistes-conservateurs pour le système de santé a été dévoilé dans le budget présenté en avril dernier. Ils proposent notamment d’investir 27 milliards de dollars sur 10 ans pour la construction et la rénovation d’hôpitaux.

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