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Fous de Bassan morts aux Îles-de-la-Madeleine  : Québec s’occupera du nettoyage

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Alors que les touristes commencent à arriver aux Îles-de-la-Madeleine, les carcasses de fous de Bassan continuent de s'accumuler sur les plages de l'archipel.

Photo : Véronique St-Onge

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Plusieurs ministères québécois travaillent de concert sur l'élaboration d'un protocole d'intervention afin de collecter les carcasses de près d'un millier de fous de Bassan morts aux Îles-de-la-Madeleine, et les sortir de l'archipel.

L'ensemble des ministères impliqués prépare un protocole d'intervention qui va définir et préciser de quelle façon récolter les carcasses d'oiseaux morts et les entreposer, comment les expédier et où les expédier, explique le maire des Îles, Jonathan Lapierre.

Ce protocole devrait être prêt d'ici vendredi, précise-t-il.

Le maire se dit satisfait de cette proposition de Québec, qui lui a été présentée mercredi après-midi. Il demandait depuis plusieurs jours qu'une décision soit prise, à savoir qui s'occuperait de ramasser les carcasses d'oiseaux qui s'accumulent sur les plages.

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Les autorités rappellent à la population de ne pas toucher aux oiseaux morts et de s'assurer que les animaux de compagnie n'y touchent pas non plus.

Photo : Gracieuseté : Diane Hébert

Jonathan Lapierre estime que depuis une dizaine de jours, près d'un millier de fous de Bassan sont morts sur le territoire des Îles. Mardi, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a confirmé que l'influenza aviaire était responsable de ces mortalités.

« Cette discussion-là est sur la bonne voie, maintenant on s'attend à des actions concrètes très prochainement. On convient tous qu'il est important de ramasser les carcasses le plus rapidement possible.  »

— Une citation de  Jonathan Lapierre, maire des Îles-de-la-Madeleine

Plusieurs détails restent toutefois à préciser sur l'opération de nettoyage. Entre autres, aucun échéancier n'a encore été fixé.

Québec doit notamment octroyer le contrat à une entreprise privée ou une organisation qui serait apte à mener une telle opération rapidement.

De plus, le maire demande au gouvernement d'assumer les coûts de l'opération, mais après la rencontre de mercredi, il n'est pas encore décidé si la facture reviendra à un ou plusieurs ministères, ni lesquels.

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Le maire Jonathan Lapierre estime que l'opération de nettoyage sera mise en branle rapidement (archives).

Photo : Radio-Canada / Elisa Serret

M. Lapierre avait déjà indiqué qu'il était hors de question que la gestion de ces carcasses retombe sur la Municipalité.

Nous n'avons ni les ressources humaines ni les ressources matérielles ni les ressources financières pour ramasser des centaines et des centaines de carcasses un peu partout aux Îles, avait-il expliqué plus tôt mercredi.

Par ailleurs, les Îles-de-la-Madeleine ne sont pas munies d'un incinérateur ni d'un site d'enfouissement.

Le député des Îles, Joël Arseneau, avait lui aussi augmenté la pression sur le gouvernement dans les derniers jours pour qu'une décision soit prise dans ce dossier.

Il faut nettoyer les plages sans délai, avait-il martelé en entrevue mercredi matin.

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Joël Arseneau craint que le virus puisse se propager dans les élevages bovins et de volailles du reste du Québec (archives).

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

M. Arseneau s'inquiète notamment que des animaux sauvages se nourrissent des carcasses de fous de Bassan et puissent ainsi propager le virus dans les élevages bovins et de volailles ailleurs au Québec.

« Il faut protéger les élevages, donc il n'y a pas de risques à prendre avec le contact qu'il pourrait y avoir entre des renards, des coyotes ou des animaux de compagnie qui pourraient faire circuler le virus. »

— Une citation de  Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

Il souligne qu'en Estrie, les éleveurs de canards ont été très durement touchés par l'influenza aviaire en avril. Plus de 200 000 volailles avaient dû être abattues, et des milliers d'œufs sacrifiés pour freiner la propagation du virus.

Les poules domestiques à risque

Aux Îles-de-la-Madeleine, la copropriétaire de la ferme avicole Bourgeois Dumont, qui possède 10 000 poules, ne s'inquiète pas trop.

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Les poules de la ferme avicole Bourgeois Dumont ne sortent pas à l'extérieur, ce qui les empêche d'entrer en contact avec des oiseaux sauvages potentiellement malades (archives).

Photo : Gracieuseté : ferme Bourgeois-Dumont

Ça fait des années qu'on sait que la grippe aviaire existe, qu'on a des mesures de biosécurité et qu'on fait toujours attention, explique Jeanne Bourgeois.

Elle ajoute qu'aucune maladie n'a jamais pénétré le poulailler depuis la création de la ferme en 1982.

« Ça ne nous inquiète pas plus qu'il faut pour la ferme, les oiseaux sauvages n'ont pas accès à notre ferme, les poules ne vont pas à l'extérieur. »

— Une citation de  Jeanne Bourgeois, copropriétaire de la ferme avicole Bourgeois Dumont

Mme Bourgeois se dit toutefois plus inquiète pour les citoyens qui ont des poules domestiques qui se promènent librement sur leur terrain.

Eux sont beaucoup plus à risque que nous parce que les oiseaux sauvages ont accès à leur terrain. Ces gens-là vont devoir faire attention, prévient-elle.

Des analyses toujours en cours

Jusqu'à maintenant, cinq fous de Bassan ont été récoltés aux Îles-de-la-Madeleine pour être analysés au Centre québécois sur la santé des animaux sauvages et dans les laboratoires du MAPAQ.

Même si le MFFP a confirmé que les cinq oiseaux récoltés étaient atteints de l'influenza aviaire, les analyses se poursuivent.

D'autres analyses vont se poursuivre sur ces oiseaux-là pour voir s'il y a des lésions caractéristiques à l'influenza aviaire, indique la biologiste de la division de la biosécurité et de la santé des animaux sauvages du MFFP, Ariane Massé.

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Sur les réseaux sociaux, les Madelinots s'impatientent en voyant que personne ne ramasse les centaines de carcasses d'oiseaux en décomposition.

Photo : Gracieuseté : Francine Renaud

La biologiste se veut aussi rassurante pour la population.

« Sachant que c'est l'influenza aviaire, que ça se transmet difficilement à l'humain, c'est quand même une préoccupation de moins sur les épaules des gens des Îles qui étaient inquiets parce que c'était des mortalités inconnues. »

— Une citation de  Ariane Massé, biologiste de la division de la biosécurité et de la santé des animaux sauvages du MFFP

Elle n'écarte pas la possibilité que d'autres spécimens soient prélevés aux Îles, mais rappelle que la priorité du MFFP était d'identifier la cause de ces mortalités, ce qui est maintenant fait.

Mme Massé ajoute qu'il est encore trop tôt pour dire si les mortalités de fous de Bassan vont se poursuivre dans les semaines et les mois à venir.

C'est certain que pour des oiseaux qui vivent en colonie, les risques de transmission du virus entre les oiseaux sont plus grands comme les oiseaux sont tous collés, admet-elle.

Pour l'instant, le MFFP n'a reçu aucun signalement de mortalité de fou de Bassan en Gaspésie, et aucun cas d'influenza aviaire n'a été rapporté sur l'île Bonaventure.

Avec les informations d'Isabelle Larose et de Bruno Lelièvre

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