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Protection de l’enfance : vers une autonomie accrue pour les Autochtones au Manitoba

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Des modifications seront apportées à la Loi sur les services à l’enfant et à la famille « dans un esprit de réconciliation », selon la ministre des Familles Rochelle Squires.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Radio-Canada

Le Manitoba s’apprête à modifier la Loi sur les services à l’enfant et à la famille afin de faciliter l’accès à l’information en protection de l’enfance pour les gouvernements autochtones de la province.

Les autorités visent ainsi à augmenter le contrôle des communautés autochtones sur leurs services de protection de l’enfance.

Les modifications de la loi permettront le transfert d’informations détenues par les agences provinciales aux gouvernements et aux agences autochtones ayant choisi d’être légalement responsables des enfants pris en charge par leurs communautés.

Ces informations comprennent des détails sur les enfants et les familles qui bénéficient de services, ainsi que des informations personnelles sur la santé et de l’accès au registre concernant les mauvais traitements.

Les modifications permettront aussi aux agences de protection de l’enfance autochtones de superviser la garde des enfants pris en charge dans leurs communautés.

Notre gouvernement est déterminé à transformer le système de protection de l’enfance dans un esprit de réconciliation en respectant la compétence des Autochtones en ce qui concerne les services à l’enfance et à la famille, écrit la ministre manitobaine des Familles, Rochelle Squires, dans un communiqué.

La province adhère d’ailleurs à la Loi concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuit et des Métis, entrée en vigueur en 2020, qui confère à ces derniers l’autorité de prendre en charge leurs services de protection de l’enfance.

« [Les communautés autochtones] ont la compétence, mais elles ont également besoin des informations que nous détenons [...] [Ces modifications] ne font que d'établir un cadre législatif pour qu’elles puissent les recevoir facilement. »

— Une citation de  Rochelle Squires, ministre des Familles du Manitoba

Cette année, la Première Nation de Peguis a été la première communauté autochtone au Manitoba à assumer la responsabilité de ses services de protection de l’enfance.

Rochelle Squires dit que, si la loi n'avait pas été modifiée, Peguis devrait entreprendre des procédures légales pour avoir accès à l’information sur les enfants pris en charge. Nous ne voulons pas avoir à passer devant un tribunal pour faciliter le transfert d’information, explique-t-elle.

D’après la ministre des Familles, 17 communautés autochtones au Manitoba sont en train d'élaborer des ententes de coordination avec les gouvernements provincial et fédéral au sujet de la protection de l’enfance.

Douze mois après une demande de prise en charge des services de protection de l’enfance, les lois de la communauté autochtone concernée primeront sur toute autre loi fédérale ou provinciale, et ce, avec ou sans entente de coordination.

Plus proche de nos coutumes

Le fait de redonner le contrôle des services de protection de l’enfance aux communautés autochtones ne dédommage pas plus de 150 ans d’enfants volés, estime la protectrice des enfants autochtones du Manitoba, Cora Morgan.

Mme Morgan évoque le lourd passé du système de protection de l’enfance, notamment les pensionnats pour Autochtones, la rafle des années 1960 et les sanatoriums.

Maintenant que nos nations ont la possibilité de réaffirmer leur autorité, elles doivent composer avec des dommages causés par les gouvernements qui étaient responsables jusqu’à aujourd’hui, affirme Cora Morgan.

« Nous avons l’occasion de faire les choses à notre manière, plus proche de nos coutumes, après tout ce temps. Ce ne sera pas facile. »

— Une citation de  Cora Morgan, protectrice des enfants autochtones du Manitoba

Même si le Manitoba ne sera plus responsable des enfants autochtones pris en charge, Mme Morgan espère que la province fournira du financement suffisant pour qu’ils puissent être encadrés convenablement.

Avec les informations d'Ian Froese

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