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Le projet d’épicerie coopérative à Gallix reçoit l’appui de la population

Ann-Édith Daoust, debout de dos, s'adresse à la foule, avec les membres du conseil d'administration assis autour d'elle.

Le comité provisoire a présenté les résultats d'une étude de faisabilité aux citoyens rassemblés mardi soir.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Radio-Canada

Une centaine de résidents ont exprimé leur appui au développement d’une coopérative d’alimentation dans le secteur de Gallix, à Sept-Îles. Lors d’une rencontre publique mardi soir, un comité citoyen a présenté les résultats d’une étude de faisabilité sur le projet.

La communauté de Gallix souhaite mettre sur pied une épicerie coopérative depuis 2018. À la suite de cette séance, un conseil d’administration de six personnes a été formé pour créer la coopérative et concrétiser le projet.

On savait que le projet intéressait les gens, mais je ne pense pas qu’on savait à ce point-là que les gens étaient mobilisés, s’enthousiasme la résidente Ann-Édith Daoust, membre du comité provisoire pour l’implantation d’une coopérative alimentaire.

Depuis la fermeture du seul dépanneur de l’agglomération en 2017, ils doivent parcourir une trentaine de kilomètres pour faire leurs courses, plus près du centre-ville de Sept-Îles ou à Port-Cartier. Selon la définition de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), le village est donc considéré comme un désert alimentaire.

Un désert alimentaire est un secteur qui procure un faible accès à des commerces pouvant favoriser une saine alimentation et qui est défavorisé sur le plan socioéconomique, selon l’INSPQ.

Concrètement, cela veut dire un endroit, en milieu urbain, où il n’y a pas de commerces alimentaires dans un rayon de 1 km et qui est défavorisé. En secteur rural, où la voiture est davantage utilisée, le seuil est établi à 16 km.

J’ai connu le dépanneur de Gallix qui était présent à l’époque. Le jour qu’il a fermé… Au début ça paraît comme pas grand-chose, mais quand il n'est plus là, on se rend compte à quel point il était essentiel, se rappelle Aurélien Desplanques, un résident de Gallix.

Aurélien Desplanques sourit à la caméra, pendant que des citoyens discutent derrière.

Aurélien Desplanques, résident de Gallix, s’est joint au conseil d'administration de la future épicerie coop après la rencontre publique.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

Un point de vue partagé par plusieurs, dont Ann-Édith Daoust, qui voit le projet d’épicerie coopérative comme un moyen pour renforcer le tissu social de Gallix.

De pas faire 35 kilomètres pour aller chercher sa pinte de lait, c’est important. Mais c’est aussi l’aspect communautaire, d’avoir un lieu pour se rassembler, prendre de nos nouvelles, savoir ce qui se passe dans le village, explique-t-elle.

Le conseil provisoire évoque aussi l’idée d’intégrer un café et une station-service au projet d’épicerie.

Un modèle coopératif

Le comité citoyen a choisi un modèle de coopérative de solidarité pour la future épicerie.

Il s’agirait d’un modèle d'affaires plus résilient qu’une entreprise traditionnelle. Selon la conseillère en développement de coopératives pour la Coopérative de développement régional du Québec, Danielle Dufresne, il est démontré que 62 % des entreprises coopératives sont toujours existantes après 5 ans, contre 35 % pour les entreprises qui ne sont pas coopératives.

Danielle Dufresne regarde la caméra en souriant, derrière elle, en flou, des citoyens discutent.

Danielle Dufresne est conseillère en développement de coopératives pour la Coopérative de développement régional du Québec.

Photo : Radio-Canada / Félix Lebel

C’est la force du milieu, la force des membres. C’est leur entreprise, alors ils mettent vraiment tout ce qu’il faut, beaucoup d’énergie, d’engagement, de solidarité, pour que le projet collectif puisse fonctionner, explique Danielle Dufresne.

« On se rend compte à quel point c’est important de s’impliquer pour que le projet marche. Ça peut avoir une valeur ajoutée pour le futur, pour attirer d’autre monde, pour nos enfants. »

— Une citation de  Aurélien Desplanques, résident de Gallix

Le financement, le nerf de la guerre

La mise sur pied de l’épicerie, en incluant sa construction, pourrait coûter près de 1,2 million de dollars. En raison de l’inflation et de l’instabilité économique mondiale, les institutions financières demandent une mise de fonds de 25 % pour commencer la construction, c’est-à-dire environ 300 000 $.

S’ils réussissent à amasser un tel montant de mise de fonds, la coopérative devrait rembourser environ 150 000 $ de prêts par année. Selon le modèle d’affaires actuellement envisagé par le comité, il serait impossible pour l’épicerie coopérative de dégager des surplus suffisants pour rembourser un tel prêt.

Paysage de bord de rivière.

Le village de Gallix est situé entre Port-Cartier et Sept-Îles.

Photo : David Héroux

L’équipe de bénévoles aimerait desservir la population dès le printemps 2023. On n’a pas statué sur une date, mais d’après ce qu’on a vécu, d’après ce qu’on entend, on pourrait être à un an de l’ouverture, espère Serge Landry, membre du comité provisoire de la coopérative.

Des subventions seront donc nécessaires pour que le projet aille de l’avant. On sait qu’il y a beaucoup de programmes du gouvernement pour aider une population à se prendre en main. Il y a des programmes qu’on peut aller chercher pour nous aider, lance Serge Landry.

D’ici là, le comité provisoire tentera d’augmenter la mise de fonds afin de faire baisser les remboursements annuels. Il aimerait aussi aller chercher l’appui d’entreprises locales afin de diminuer les coûts de construction.

Avec la collaboration de Félix Lebel

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