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Partygate : un rapport fustige le manque de leadership de Boris Johnson

Boris Johnson, souriant, tient un verre dans sa main droite.

Une photo publiée dans le rapport de la fonctionnaire Sue Gray montre le premier ministre britannique Boris Johnson, un verre à la main, au 10 Downing Street, lors d'une réunion soulignant le départ d'un conseiller spécial, à Londres.

Photo : Reuters / Sue Gray

Radio-Canada

Plusieurs rassemblements à Downing Street pendant les confinements « n'auraient pas dû être autorisés à se produire  » et « les hauts dirigeants » des services du premier ministre Boris Johnson doivent en « assumer la responsabilité », conclut mercredi l'enquête administrative menée sur le scandale du « partygate ».

Beaucoup de ces événements n'auraient pas dû être autorisés à se produire, écrit la haute fonctionnaire Sue Gray dans son rapport.

Il est également vrai que certains des fonctionnaires les moins expérimentés ont cru que leur participation à certains de ces événements était autorisée étant donné la présence de hauts dirigeants. Les hauts dirigeants, qu'ils soient politiques ou officiels, doivent assumer la responsabilité de cette culture, écrit-elle.

La haute fonctionnaire Sue Gray a fait enquête sur 16 rassemblements auxquels Johnson et des membres de son personnel ont participé alors que des mesures de confinement strictes empêchaient les Britanniques de se réunir.

Elle décrit comment pendant l'une de ses fêtes, en juin 2020, l'alcool a coulé à flots à Downing Street.

L'événement a duré plusieurs heures. Il y a eu une consommation excessive d'alcool par certaines personnes. Une personne a été malade. Il y a eu une altercation mineure entre deux autres personnes.

Lors d'une autre fête, en décembre 2020, un responsable du 10, Downing Street a envoyé un message aux invités pour leur conseiller de sortir par la porte de derrière en raison de l'état d'ébriété avancé de certains d'entre eux.

Sue Gray conclut que Boris Johnson n'avait pas été informé à l'avance de la tenue de tous ces événements, notamment la fête organisée pour son anniversaire du 19 juin.

Boris Johnson lève son verre à l'intérieur du 10 Downing Street.

Le premier ministre Johnson lors d'un rassemblement organisé pour son anniversaire, le 19 juin 2020.

Photo : Reuters / Sue Gray

La haute fonctionnaire reproche néanmoins au chef du gouvernement d'avoir fait preuve de manque de leadership et de jugement, conclusion qu'elle avait déjà rendue publique en janvier lors de la publication d'une version préliminaire de son rapport.

Boris Johnson a dit assumer l'entière responsabilité de tout ce qui s'est passé sous sa direction, lors d'une prise de parole devant les parlementaires britanniques.

« Le rapport de Sue Gray a souligné que c'est aux hauts dirigeants d'assumer les responsabilités de ces événements et, bien sûr, je le fais. »

— Une citation de  Boris Johnson, premier ministre britannique

Il maintient toutefois qu'il n'a jamais cru enfreindre les règles lors de ces rassemblements, auxquels il affirme avoir assisté brièvement en guise de remerciement pour le travail de son personnel pendant la pandémie.

Or, il reconnaît que certaines réunions ont duré bien plus longtemps que nécessaire, et qu'elles étaient clairement en infraction avec les règlements sanitaires.

Pour Boris Johnson, il faut maintenant tirer des leçons du rapport de Sue Gray, tout en allant de l'avant avec les priorités du peuple britannique.

La pression s'accentue sur le chef conservateur

Le rapport de Sue Gray ne prévoit aucune mesure disciplinaire pour Boris Johnson et d'autres hauts dirigeants de Downing Street, affirmant qu'il incombe à d'autres de considérer l'imposition de telles mesures.

Les partis d'opposition ont toutefois une bonne idée de la suite à donner à ce rapport.

Le leader travailliste, Keith Starmer, réclame le départ de Boris Johnson pour restaurer la dignité au pouvoir: on ne peut pas à la fois faire la loi et la violer, explique-t-il.

« Le rapport de Sue Gray restera comme un monument à l'orgueil et à l'arrogance du gouvernement qui croyait qu'il y avait une règle pour eux et une pour tous les autres. »

— Une citation de  Keith Starmer, chef du Parti travailliste britannique

Le leader du Parti libéral-démocrate, Ed Davey, estime aussi que la démission du premier ministre s'impose.

N'importe quel autre premier ministre serait contraint de démissionner à la suite d'un rapport aussi préjudiciable que celui-ci, et pourtant les députés conservateurs défendent Johnson et lui permettent de s'accrocher.

La pression s'accentuait déjà sur le premier ministre après la parution, il y a deux jours, de nouvelles photos le montrant en train de boire lors d'une fête organisée dans sa résidence.

Certains élus lui reprochant notamment d'avoir menti au Parlement en affirmant à maintes reprises à la Chambre des communes que toutes les règles avaient été respectées pendant ces rassemblements.

Le rapport de Sue Gray pourrait alimenter ces accusations qui doivent être examinées lors d'une enquête parlementaire.

Le premier ministre avait déjà été mis à l'amende par la police pour avoir participé à la soirée surprise soulignant son anniversaire en juin 2020.

126 amendes au total ont été données pour des événements qui se sont produits à huit dates différentes, allant du 20 mai 2020 au 16 avril 2021.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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