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Fusillade au Texas : un expert a peu d’espoir que les choses changent

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Deux femmes se consolent à Uvalde, au Texas, où un adolescent armé a tué 18 jeunes enfants lors d'une fusillade dans une école primaire.

Photo : Getty Images / ALLISON DINNER

Radio-Canada

Dix-huit enfants et trois autres personnes sont mortes mardi après-midi lors d’une fusillade dans une école primaire située à Uvalde, au Texas. Malgré tout, le chercheur Rafael Jacob, de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, ne croit pas que cette tragédie entraînera des changements aux États-Unis.

Il rappelle qu’en 2012, la tuerie de Sandy Hook, au Connecticut, avait fait 27 morts, dont 20 enfants, dans une école primaire. Ça avait mené à un débat au Sénat américain sur quatre mesures. Trois d’entre elles auraient resserré le contrôle des armes à feu, et l'une d’entre elles aurait desserré le contrôle des armes à feu. Les quatre mesures avaient échoué, mais celle qui avait passé le plus proche d’être adoptée, c’était celle qui aurait desserré le contrôle des armes à feu, et ça, c’était dans la foulée immédiate de ce qui était, selon la plupart des observateurs, la pire fusillade ne serait-ce que d’un point de vue humain de l’histoire des États-Unis, souligne-t-il.

« Je m’excuse d’être aussi défaitiste et absolutiste, mais si une fusillade comme celle de Sandy Hook a si peu fait bouger l’aiguille, je peine à voir comment celle-ci va davantage changer les choses. »

— Une citation de  Rafael Jacob, chercheur pour la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques

Depuis le début de 2022, 200 fusillades de masse sont survenues aux États-Unis, soutient-il. Comprenez-moi bien, je ne parle pas de fusillades, mais de fusillades de masse dans lesquelles au moins quatre personnes sont atteintes. C’est ça année après année depuis bien plus que 10 ans, mais c’est sûr que les 10 dernières années marquent l’imaginaire à cause de Sandy Hook en 2012 et de maintenant Uvalde au Texas. Je vous dirais que la suite s’annonce aussi tragiquement prévisible que ce qui est venu avant, constate-t-il. 

Peu de chances que les choses changent

Le président des États-Unis Joe Biden a également les mains liées quant aux changements qu’il peut implanter, croit Rafael Jacob. 

Le président Biden a beau donner un beau discours ce soir ou demain, et pour les trois prochaines semaines, il a beau mettre tout le capital politique qu’il lui reste derrière les mesures qu’il veut ou qu’il va proposer au Congrès américain, au final, ce sont les législateurs du Congrès, donc du Sénat et de la Chambre, qui vont trancher au niveau fédéral, et le parti républicain est suffisamment nombreux, du moins au Sénat, pour bloquer toute initiative sérieuse, explique-t-il. 

Si vous êtes un élu ou un candidat républicain aux États-Unis, surtout dans un état comme le Texas, pour survivre à des primaires dans lesquelles ce sont les électeurs de votre parti qui vous choisissent, vous ne pouvez pas risquer d’être vu comme un partisan, ne serait-ce que modéré, du contrôle des armes à feu, car la base du parti républicain a une allergie viscérale à toute mesure qui voudrait resserrer le contrôle des armes à feu, conclut-il. 

Mardi soir, le président Joe Biden a lancé un appel à « affronter le lobby des armes ». Il a aussi critiqué l'opposition républicaine.

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