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Éric Duhaime et Pierre Poilievre, les deux sont « pour le peuple »

Bien des membres du Parti conservateur du Québec souhaitent voir Pierre Poilievre remporter la course au leadership au fédéral.

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Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Il n’est pas encore 11 h et les trois serveuses du restaurant La Cage à Gatineau regardent, à travers la vitre, les partisans d’Éric Duhaime qui attendent l’ouverture du restaurant.

On devait être 35, mais je pense qu’on est un peu plus, lance le chef du Parti conservateur du Québec, le sourire en coin. L’achalandage à ses rassemblements est une information qu’il aime bien partager. À chaque fois qu’on fait un événement, il y a toujours deux à trois fois plus de monde qui viennent.

Parmi ce monde qui s’est déplacé un samedi matin, on retrouve, à la table du fond, Ronald Philippe, qui a entraîné sa conjointe, leurs deux garçons et la petite dernière qui dort paisiblement dans le siège d’auto, tout près du bol de maïs éclaté. M. Duhaime, c’est celui qui me représente le plus dans mes valeurs, explique-t-il.

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Ronald Philippe s'est déplacé en famille pour entendre Éric Duhaime.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Theriault

Depuis quelque temps, Ronald a aussi un autre politicien qu’il trouve pas mal dans le top. C’est Pierre Poilievre, le député ontarien qui se présente à la course à la direction du Parti conservateur fédéral. Comme M. Duhaime, [...] il représente notre style de gens. Il nous ressemble, lance-t-il, dans son coton ouaté noir et blanc.

Ronald, d’ailleurs, n’a pas voté bleu lors de la dernière élection fédérale, mais serait prêt à le faire si M. Poilievre l’emportait.

Même chose pour Guy, assis quelques tables plus loin, qui préfère ne pas donner son nom de famille. Selon lui, le chef du Parti conservateur du Québec et le candidat fédéral ontarien sont de la même trempe : Pour le peuple, pour la population.

Un homme écoute en entrevue.

Guy, en entrevue avec Radio-Canada

Photo : Radio-Canada / Mathieu Theriault

Pierre Poilievre, il est très intelligent, très concis. Il connaît son affaire, ajoute Guy. En septembre dernier, comme le député ontarien n’était pas dans le portrait, Guy avait voté pour Maxime au fédéral, mais l’arrivée de M. Poilievre à la tête des conservateurs pourrait le faire changer d’idée.

Pas un phénomène isolé

L’analyste Philippe J. Fournier n’est pas surpris de voir des électeurs québécois de droite, qui s’étaient tournés vers Maxime Bernier et le Parti populaire du Canada (PPC) la dernière fois, être interpellés par le message de Pierre Poilievre.

« Les sondages qu’on a eus nous indiquent que Pierre Poilievre est capable d’attirer les anciens conservateurs qui ont migré vers le PPC. »

— Une citation de  Philippe J. Fournier, analyste de sondages et créateur de Québec125

Selon le créateur de Québec125, celui qui est souvent décrit comme le meneur dans la course au leadership serait à même d’aller chercher des électeurs parmi le 5 % que Maxime Bernier a gagné aux dernières élections, peut-être même plus que parmi les Blue liberals, soit les libéraux plus centristes. Les chiffres que nous avons nous indiquent Pierre Poilievre pourrait tirer son parti davantage vers la droite, dit-il.

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Le candidat à la course conservatrice fédérale, Pierre Poilievre, lors d'un rassemblement à Toronto

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

D’ailleurs, Philippe J. Fournier voit des points de convergence importants entre Pierre Poilievre et Éric Duhaime. Non seulement dans leur discours très axé sur la défense des libertés individuelles, mais dans leur style où ils ne jouent jamais à la défense.

La meilleure défense, précise-t-il, c’est l’attaque. Si [les deux politiciens] arrivent à se faire coincer par des journalistes ou des adversaires sur une idée ou quelque chose qu’ils ont dit, ils changent de sujet et ils foncent.

Cette tactique que l’analyste qualifie de populiste est très difficile à maîtriser. Mais les deux hommes politiques la commandent, croit-il. Éric Duhaime fait ça depuis très longtemps, comme un poisson dans l’eau, on n’arrive jamais à l’attraper.

Éric Duhaime reste prudent

Contrairement à plusieurs de ses partisans, Éric Duhaime se garde bien de dire quel candidat il aimerait voir remporter la course à la chefferie fédérale. Moi, je n’ai pas de parti pris, lance-t-il d’emblée, précisant que des gens comme Vincent Guzzo, le propriétaire des cinémas, qui l’appuient sont avec Jean Charest et que d’autres sont avec Pierre Poilievre.

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Le sénateur Leo Housakos

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

C’est le cas notamment du sénateur conservateur Leo Housakos, un ami de longue date d’Éric Duhaime, qui copréside la campagne nationale de M. Poilievre. 

Pour M. Housakos, les deux hommes représentent le changement à Ottawa et à Québec, entre autres parce qu’ils sont authentiques, qu’ils disent ce qu’ils pensent [...] et qu’ils ne sont pas tout le temps politiquement corrects.

Le sénateur reste quand même prudent dans les comparaisons, rappelant qu’il s’agit de partis différents, avec des champs de compétence bien distincts. Éric Duhaime, d’ailleurs, ne souhaite pas d’alliance formelle avec quelconque formation politique à Ottawa.

« Moi, je tiens à mon autonomie en tant que parti au Québec. Puis, je ne pense pas qu’on veut être une succursale ou être sous la tutelle de qui que ce soit. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec

Malgré tout, le chef du PCQ croit qu’il peut y avoir des partages au niveau de la base. Il y a même des circonscriptions qui travaillent un peu ensemble au niveau organisationnel [...], mais pas au niveau formel, pas au niveau du leadership.

Éric Duhaime veut donc continuer à voler de ses propres ailes, même si le vent qui le pousse semble aussi vouloir souffler sur Pierre Poilievre.

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