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Sondage : une majorité de Franco-Ontariens appuient l’Université de Sudbury

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L'Université de Sudbury cherche à obtenir du financement de la province afin d'offrir une programmation entièrement en français.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Une majorité de Franco-Ontariens croient que la province devrait appuyer financièrement une troisième université de langue française, soit l'Université de Sudbury, selon un sondage Ipsos commandé par Radio-Canada. L’établissement cherche à combler les lacunes en matière d’accès à l’éducation postsecondaire en français dans le Nord de l’Ontario, exacerbées par les récentes coupes de programmes à l’Université Laurentienne.

Le sondage a été mené auprès de 501 francophones, qui devaient entre autres donner leur opinion sur l’appui financier, par le gouvernement de l’Ontario, à l’Université de Sudbury.

Près des deux tiers des répondants – 65,9 % – sont d’avis que « la province devrait financer la francisation de l’Université de Sudbury pour augmenter l’offre d’éducation postsecondaire ».

Anciennement fédérée à l’Université Laurentienne, l’Université de Sudbury a choisi de devenir autonome et entièrement francophone. Mais elle n’a pas encore reçu de financement public pour reprendre ses activités pédagogiques.

Le NPD, le Parti libéral et le Parti vert s’engagent à financer l’établissement s’ils remportent l’élection du 2 juin. Ils soutiennent même un transfert des programmes en français de l’Université Laurentienne vers l’Université de Sudbury.

Le Parti progressiste-conservateur, lui, n’a pas encore pris d’engagement financier à ce sujet. Le gouvernement sortant souligne qu’il a acheminé le dossier de l’Université de Sudbury à la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation postsecondaire dont il faudra attendre les recommandations.

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Le NPD, le Parti libéral et le Parti vert promettent de financer l'Université de Sudbury s'ils remportent l'élection du 2 juin, afin de lui permettre de reprendre ses activités pédagogiques.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Un peu plus de 18 % des répondants s’opposent à un appui financier de la province à l’Université de Sudbury, tandis que près de 16 % n’ont pas d’opinion tranchée sur le sujet.

Pour le recteur de l’Université de Sudbury, Serge Miville, ces résultats montrent que tout le travail qu’on a fait pour promouvoir ce projet de société, ça a porté fruit.

Il souligne particulièrement l’appui considérable que récolte le projet auprès de la jeunesse sondée : 70,7 % des répondants de 18 à 34 ans sont en faveur de l’octroi de financement, par la province, à l’Université de Sudbury.

« Je vois vraiment ici un groupe de personnes qui voient avec beaucoup d’espoir ce projet-là, qui est un projet rassembleur.  »

— Une citation de  Serge Miville, recteur de l’Université de Sudbury
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Serge Miville est le recteur de l'Université de Sudbury.

Photo : Radio-Canada

Une version précédente de cet article contenait des informations et des commentaires basés sur une régionalisation des statistiques du sondage. Or, après analyse, Radio-Canada a convenu que l'échantillon n'est pas suffisant pour obtenir des résultats statistiquement significatifs et a donc retiré ce passage.

Aux prises avec d'importants problèmes financiers, l'Université Laurentienne a supprimé, en avril 2021, 29 programmes en français, soit environ la moitié de son offre initiale.

Plus de programmes réclamés à l’Université d’Ottawa

Une majorité des répondants au sondage – 78,7 % – estiment aussi que l’Université d’Ottawa devrait offrir plus de programmes en français.

Par ailleurs, 71,1 % des personnes sondées disent approuver la décision de la province de financer l'Université de l'Ontario français (UOF), tandis que 18,8 % s'y opposent.

Après avoir d'abord éliminé le projet en 2018, le gouvernement Ford a finalement conclu une entente de financement de l'UOF avec le gouvernement fédéral. En vertu de cet accord, le gouvernement fédéral financera les quatre premières années de l'établissement, et l'Ontario prendra ensuite le relais.

L'Université de Hearst, autre établissement universitaire francophone du Nord de l'Ontario, vient d'acquérir son autonomie de l'Université Laurentienne, mais elle n'offre que quatre programmes de baccalauréat et, dès cet automne, un programme de deuxième cycle.

Appui au financement public des écoles catholiques

À la question Dans quelle mesure êtes-vous d’accord avec le fait que l’Ontario devrait continuer à avoir un système d’éducation confessionnel financé par les fonds publics?, 57,9 % des personnes sondées disent être soit tout à fait d’accord ou plutôt d’accord, contre 28,5 % qui y sont défavorables.

Les résultats reflètent très bien la réalité des choses, estime le directeur général de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Yves Lévesque, étant donné que la majorité des élèves franco-ontariens fréquentent des écoles catholiques.

« C’est correct qu’il y ait des gens qui pensent que ce ne devrait pas être un système qui est là, mais c’est la réalité des choses. Les deux systèmes cohabitent [...], pour nous, ça vient valider ce qui existe actuellement. »

— Une citation de  Yves Lévesque, directeur général de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques
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Yves Lévesque est le directeur général de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC).

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran - Google Meet

Le président de l’organisme Parents partenaires en éducation, Paul Baril, admet qu’il s’attendait à des taux plus égaux des deux côtés.

Ici, on vient de voir que la majorité s’est prononcée en faveur du maintien du statu quo. Ça ne reflète pas ce qu’on voit qui est populaire dans les médias sociaux, donc c’est intéressant de voir ces chiffres-là, déclare-t-il.

Pénurie d’enseignants francophones

Invités à choisir parmi une série d’enjeux celui qui devrait être prioritaire pour le prochain gouvernement de l’Ontario, 15 % des Franco-Ontariens sondés ont choisi la pénurie d’enseignants francophones. L’enjeu se classe en quatrième position derrière l’accès aux soins de santé en français (20,4 %), l’accès aux études supérieures en français (17,8 %) et le développement économique des entreprises francophones (15,3 %).

« Le 15 % parle fort, moi je le vois crier parce que, nous à Parents partenaires en éducation, on l’a entendu de la part des parents de partout en Ontario comment il manque d'enseignants francophones. »

— Une citation de  Paul Baril, président de Parents partenaires en éducation
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Paul Baril est président de l'organisme Parents partenaires en éducation.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Pour cause, il cite la prolongation, à partir de 2015, de la période de formation des enseignants d’une à deux années alors qu'il y avait déjà un manque dans une profession qui semble moins intéressante aux yeux de la population.

En outre, de plus en plus de lacunes s’observent même dans les universités disposant de facultés d’éducation, ajoute-t-il. L’Université Laurentienne n’offre plus de cycle intermédiaire-supérieur, qui permet d’enseigner de la 7e à la 12e année, et certaines didactiques ne sont pas non plus offertes systématiquement à l’Université d’Ottawa.

C’est certain que si on n’offre plus de nouvelle programmation, nos gens vont étudier en anglais s’ils veulent vraiment devenir enseignants, mais est-ce qu’ils vont revenir dans le système francophone? On commence peut-être déjà à vivre le sort de ça. C’est très alarmant, note M. Baril.

Peu importe le vainqueur de l’élection du 2 juin, il espère que des réformes seront menées pour résoudre le problème, car les parents de l’Ontario, eux, se sont prononcés et le sondage Ipsos démontre qu’ils veulent s’assurer de la vitalité francophone en Ontario.

Les parents veulent un système fort et stable en éducation, ils veulent des investissements, ils ne veulent pas de coupures.

Méthodologie du sondage

Le sondage Ipsos commandé par Radio-Canada a été mené en ligne du 5 au 16 mai 2022 auprès de 501 Ontariens dont la langue d’usage ou la langue maternelle est le français.

Une pondération a été appliquée en fonction du genre, de l’âge et de la région afin de s’assurer que la composition de l’échantillon est représentative de l’ensemble de la population francophone de l’Ontario, selon les données de recensement.

Les résultats sont précis à plus ou moins 5 points de pourcentage (19 fois sur 20).

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