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Les Franco-Ontariens veulent des services et sont conscients des limites

Un montage qui présente le drapeau franco-ontarien devant l'Assemblée législative de l'Ontario.

Il y a plus de 620 000 Franco-Ontariens dans la province.

Photo : Radio-Canada

Attachement au français, recul de la langue, enjeux des services en français : les résultats du sondage Ipsos-Radio-Canada sur l’état du français en Ontario correspondent grosso modo à ce que des associations constatent sur le terrain.

Près de 80 % des répondants trouvent important de protéger la langue française pour qu’elle ait un avenir dans la province. La tendance est plus marquée encore parmi les plus âgés, une situation qui n’étonne pas le directeur de la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario (FARFO).

Les personnes âgées se sont battues, quand on regarde l’histoire de Montfort, et la lutte pour obtenir des écoles, rappelle Michel Tremblay.

Michel Tremblay, de la Fédération des aînés et retraités francophones de l'Ontario, en entrevue par visioconférence.

Michel Tremblay, de la Fédération des aînés et retraités francophones de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / capture d'écran

« On s’est battu pour ça et on ne veut pas perdre le français, on veut continuer à l’utiliser et surtout avoir des services dans notre langue. »

— Une citation de  Michel Tremblay, directeur général de la Fédération des aînés et retraités francophones de l’Ontario

L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) réitère pour sa part qu’il est important d’investir en éducation française, parce que cela contribue de façon directe à la vitalité et à la pérennité de la communauté francophone en Ontario.

La langue en perte de vitesse?

Plus de 60 % des répondants croient que le français est en déclin en Ontario.

Le président de l’AFO, Carol Jolin, questionne le choix du mot déclin . Ça a l’air de vouloir dire qu’on s’en va vers la disparition. On n'est pas près de disparaître, les francophones en Ontario.

M. Jolin reconnaît toutefois que le poids démographique des Franco-Ontariens diminue et qu’il faut contrer cette tendance en dépassant amplement les cibles d’immigration francophones. Or, l’Ontario ne parvient pas à atteindre sa cible de 5 %.

Carol Jolin s'adresse aux médias derrière un micro.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, estime qu'il y a du rattrapage à faire en immigration.

Photo : Radio-Canada

Pourtant, l’immigration francophone est un enjeu prioritaire pour moins de 10 % des personnes sondées et près de la moitié des répondants estiment que la province en fait assez pour faciliter leur intégration.

S’il manque de personnel du côté anglophone, eh bien du côté francophone c’est encore plus flagrant , constate le président de l’AFO, qui croit que les gens ne font peut-être pas le lien entre immigration insuffisante et pénurie de main-d'œuvre.

Un recul des services

Nous croyons que les francophones doivent avoir accès à des services en français équivalents à ceux qui sont offerts en anglais, tels que les services de santé, les services de santé mentale et les services gouvernementaux , affirme dans une déclaration écrite la présidente de l’association des enseignants francophones, Anne Vinet-Roy.

Plus des trois quarts des répondants pensent eux aussi qu’ils devraient avoir accès à des services de santé équivalents à ceux qui sont offerts en anglais, mais il ne s’agit pas d’une réponse unanime.

Une médecin examine une patiente avec un stéthoscope.

Quand les gens sont malades et vulnérables, il est encore plus important qu'ils puissent parler dans leur langue, dit Michel Tremblay.

Photo : iStock

Michel Tremblay, de la FARFO, croit que les gens font probablement preuve de réalisme. La santé, c’est un milieu où il y a beaucoup de vulnérabilité, constate-t-il. Blessé, à l’hôpital, qui serait prêt à attendre plus longtemps pour obtenir des soins? Je pense qu’on veut régler la question de la douleur avant de se battre pour la langue.

M. Tremblay pense que la situation des services en français ne s’améliore pas, que parfois les services sont offerts sur papier, mais que la réalité ne suit pas.

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Des promesses d’améliorations

Carol Jolin note que les partis politiques ontariens se sont engagés à recruter et à former davantage de personnel francophone en santé et en soins de longue durée.

« On a vu pendant la pandémie à quel point c’est important de pouvoir servir les gens dans les deux langues officielles. »

— Une citation de  Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario

Le président de l’AFO a aussi bon espoir que la refonte de la Loi sur les services en français permette d’accroître les services auxquels ont accès les 20 % de Franco-Ontariens qui ne vivent pas dans une région désignée. On travaille pour avoir une grande région désignée qui serait tout l’Ontario et ce serait un pas vers le bilinguisme de la province, conclut-il.

Avec les informations de Camille Gris Roy

Méthodologie du sondage

Le sondage Ipsos commandé par Radio-Canada a été mené en ligne du 5 au 16 mai 2022 auprès de 501 Ontariens dont la langue d’usage ou la langue maternelle est le français.

Une pondération a été appliquée en fonction du genre, de l’âge et de la région afin de s’assurer que la composition de l’échantillon est représentative de l’ensemble de la population francophone de l’Ontario, selon les données de recensement.

Les résultats sont précis à plus ou moins 5 points de pourcentage (19 fois sur 20).

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