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Inondations au Lac-Saint-Jean : des municipalités réclament des comptes à Rio Tinto

L'eau monte dans la baie Moïse.

L'eau monte dans la baie Moïse.

Photo : Radio-Canada / Béatrice Rooney

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Routes endommagées, sous-sols inondés et berges érodées, les dégâts qui résultent de la crue du lac Saint-Jean sont nombreux. Certaines municipalités, comme Chambord et Saint-Félicien, demandent à Rio Tinto et à Québec d'assumer une partie des coûts de ces inondations.

Les riverains de plusieurs municipalités sont aussi en colère contre la multinationale concernant sa gestion du plan d’eau. En entrevue à l’émission Place publique, la mairesse d’Alma avait admis qu’il y avait une question à se poser pour une gestion plus prévoyante notamment.

Sylvie Beaumont a avant tout salué l’accompagnement de l’entreprise durant ces jours de crue.

On a été extrêmement bien accompagnés, ce qui nous a permis de sécuriser notre territoire et notre population. On considère qu'il y a des éléments incontrôlables dans cet événement qui sont arrivés, dit-elle en faisant référence à Mère Nature. Rio Tinto a 25 % de responsabilité de la gestion du niveau du lac, il y a un autre 75 % à prendre en considération.

« Avant de se positionner, on va prendre le temps de vraiment faire un retour sur l'événement au complet et même d'avoir des discussions avec Rio Tinto. »

— Une citation de  Sylvie Beaumont, mairesse d’Alma

La ministre responsable de la région, Andrée Laforest, a réitéré sa confiance envers Rio Tinto, mardi.

Je prétends que Rio Tinto va collaborer avec les citoyens. Sinon, s'il y a des besoins, je serai là et je vais soutenir les citoyens a-t-elle assuré.

Rio Tinto défend sa gestion

La porte-parole de Rio Tinto Malika Cherry soutient que l’entreprise a fait tous les efforts nécessaires en cette période de crue exceptionnelle et surtout au bon moment.

Quand on a vu sur les radars arriver l’épisode de pluie, on n’a pas pris de chance, on a ouvert tous les déversoirs à pleine capacité dans les rivières Petite-Décharge et Grande-Décharge. Et en plus de ça, on retient de l’eau à Chutes-des-Passes, a-t-elle précisé.

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Malika Cherry est aux communications pour Rio Tinto.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Elle évoque des facteurs qui ont mené à cette crue, soit la fonte rapide des neiges et l’épisode de pluie record.

On a déjà commencé à évacuer plus tôt. Au 15 mai, le lac était en dessous de la normale de 15 pieds, donc à son minimum. On ne peut pas aller en dessous car il y a des prises d'eau des municipalités, il faut considérer plusieurs utilisateurs aussi. C'est vraiment important de comprendre que c'est vraiment l'événement météo, a alors mentionné Malika Cherry.

Mme Cherry a aussi rappelé que l’eau qui est arrivée provient des rivières Ashuapmushuan et Mistassini, non contrôlées par Rio Tinto.

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, Rio Tinto a appris presque 24 heures avant le grand public l'ampleur des précipitations exceptionnelles qui ont provoqué le débordement du lac Saint-Jean ces derniers jours. Au moment de cette alerte météo, émise par Environnement Canada le 15 mai à 11 h, Rio Tinto n'avait que 19 de ses 34 vannes d'évacuation ouvertes, et d'autres étaient en cours d'ouverture. Dans le bulletin À Prop'eau du 17 mai, l'entreprise indique que les 34 vannes étaient ouvertes à pleine capacité.

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Les vannes d'évacuation du lac Saint-Jean de Rio Tinto sont ouvertes à 100 %.

Photo : Radio-Canada / Rémi Tremblay

Dans le Bulletin de vigilance du 15 mai, Environnement Canada annonçait des quantités de 40 à 60 mm de pluie dans l'ouest du Lac-Saint-Jean, mais ajoutait que dans le pire scénario jusqu’à 100 mm pourraient tomber localement. Le bulletin précise que ces pluies abondantes exacerberaient le niveau des cours d’eau déjà gonflés en raison de la fonte du couvert neigeux.

Prévoir davantage

Le spécialiste en hydrologie de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Maxime Boivin, estime que Rio Tinto devrait envisager de réviser ses analyses pour prendre en compte les phénomènes météorologiques extrêmes.

Le professeur en hydrogéomorphologie constate que l'entreprise a fait preuve de diligence entre le 14 avril et le 15 mai. Le niveau du lac a été maintenu en deçà des niveaux médians pour cette période même si l'entreprise était en droit de le conserver plus élevé.

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À Alma, le courant était particulièrement impressionnant sur la rivière Petite-Décharge à certains moments.

Photo : Radio-Canada / Béatrice Rooney

Maxime Boivin admet ne pas savoir comment Rio Tinto a réagi lorsqu'elle a reçu les avis d'Environnement Canada sur les risques de précipitations extrêmes le 15 mai, mais il croit que ces événements pourraient amener l'entreprise à revoir ses façons de faire.

Toutes les données sur les changements climatiques montrent qu'il y a des événements extrêmes, donc, des événements de 50 mm et plus en termes de précipitation liquide. Ça va peut-être être plus fréquent dans les prochaines années, prochaines décennies d'avoir des événements comme ça qui pourraient engendrer des risques plus élevés. Dans ce contexte-là, peut-être que de revoir les méthodes pourrait être une solution pour s'adapter aux changements climatiques.

Des travaux de réparation

Des travaux de réparation devraient se faire dès l'automne, selon la porte-parole de Rio Tinto.

Donc on va faire un arpentage spécial suite aux événements pour faire une programmation supplémentaire en fonction des différentes urgences. L'autre élément, ce sont les observations terrain. En fin de semaine, plusieurs gens de l'équipe des berges sont allés constater l'érosion.

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L'heure était au ramassage lundi au Domaine du marais, à Chambord.

Photo : Radio-Canada / Philippe L'Heureux

Rio Tinto demande donc aux riverains touchés de signaler les dommages via leur programme de stabilisation des berges.

Le niveau du lac était de 17,95 pieds mardi matin.

Avec Gilles Munger et Béatrice Rooney

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