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Jacob Hoggard nie catégoriquement avoir violé ses deux accusatrices

L'artiste est accusé de contacts sexuels inappropriés et d'agressions avec blessures contre deux femmes.

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Jacob Hoggard arrive au tribunal le 24 mai en compagnie de son épouse et de ses deux avocates.

Photo : Radio-Canada / Esteban Cuevas/CBC

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Jacob Hoggard a rejeté du revers de la main mardi toutes les allégations de viol à son procès à Toronto. L'artiste de 37 ans est accusé de contacts sexuels inappropriés à l'endroit d'une mineure et d'agressions sexuelles ayant causé des blessures contre la même adolescente et une adulte en 2016 dans la région torontoise.

Avant de l'appeler à la barre, la défense de Jacob Hoggard a déclaré au jury que les agressions sexuelles dont son client est accusé étaient en fait consensuelles et que la Couronne n'a pas prouvé ses accusations au-delà de tout doute raisonnable.

Le consentement entre mon client et les deux plaignantes est au centre de ce procès, explique d'entrée de jeu l'avocate du chanteur, Megan Savard.

Me Savard précise qu'elle a souhaité que le chanteur témoigne à son procès pour montrer que les présumées victimes étaient à l'époque tout à fait consentantes.

Elle ajoute qu'il est l'un des deux témoins qu'elle compte citer à comparaître pour démontrer que son client n'a commis aucun crime.

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Le chanteur du groupe Hedley, Jacob Hoggard, en concert le 1er mars 2018 à Brampton, en Ontario

Photo : Radio-Canada / CBC

Mon autre témoin est le chauffeur de la limousine qui a conduit l'une des deux femmes à l'hôtel puis de retour chez elle le 30 septembre 2016, admet-elle en précisant que la Couronne est revenue sur sa décision d'appeler ce témoin lors de la dernière audience du 16 mai.

Attention : la suite de ce texte pourrait choquer certains lecteurs.

Portrait intime du chanteur

Jacob Hoggard explique donc aux jurés que son métier ne lui donne pas de temps d'entretenir des relations sérieuses avec des femmes, mais qu'il lui est facile d'en rencontrer.

Il avoue volontiers qu'il est volage, ne croit pas à la fidélité et privilégie les rencontres d'un soir sans lendemain.

Les femmes couraient encore plus après moi lorsque mon groupe a connu la notoriété que lorsque j'étais au secondaire, se souvient-il en précisant qu'il est aujourd'hui charpentier en Colombie-Britannique.

On comprend dans la courte biographie que présente Me Savard qu'il est retourné à ses anciennes amours sur des chantiers après la dissolution du groupe Hedley due aux accusations auxquelles il fait face.

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Le chanteur de Hedley, Jacob Hoggard, lors d'un concert à Winnipeg le 17 mars 2018, malgré la controverse qui entoure ses agissements.

Photo : La Presse canadienne / Hannah Yoon

Jacob Hoggard admet qu'il ne consomme pas d'alcool en tournée, parce qu'il lui arrive de parler fort lorsqu'il en boit et qu'[il] préfère garder la tête froide et ménager sa voix.

Il reconnaît par ailleurs qu'il aime revoir dans les villes où son groupe se produit en spectacle les femmes qu'il a croisées en tournée au Canada. Il affirme aussi que certaines d'entre elles sont des admiratrices qui assistent à ses concerts et qu'il en voit d'autres sur des sites de rencontre.

Le chanteur reconnaît qu'il envoie parfois à ses partenaires des photos intimes ou des vidéos de lui en train de se masturber. C'est le cas d'ailleurs à l'égard de ses deux accusatrices.

J'aime flirter et mes communications sur les médias sociaux ou au téléphone sont souvent de nature sexuelle si je décide de revoir la même personne, dit-il.

Rencontre avec la 1re plaignante

Au sujet de la première plaignante, Jacob Hoggard affirme qu'il n'a jamais touché les fesses de l'adolescente à l'issue d'un concert en avril 2016 à Toronto, lorsqu'elle était allée le voir avec des amis et ses parents.

Je connais la loi, je savais qu'elle avait 15 ans, poursuit-il en disant que leur relation après ce concert a commencé à prendre une tangente à connotation sexuelle jusqu'à tant qu'il l'invite à Mississauga en septembre de la même année.

L'artiste ajoute que leur relation s'est transformée en une amourette durant l'été et qu'il l'a effectivement invitée à son hôtel en septembre 2016 pour finalement coucher ensemble comme ils se l'étaient promis.

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La procureure Jill Witkin interroge la première plaignante à la barre des témoins au procès de Jacob Hoggard que l'on voit en complet noir à gauche avec son avocate.

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

Il rejette en revanche catégoriquement les accusations de la Couronne selon lesquelles il l'a violée et blessée durant plusieurs heures sur le lit de sa chambre à l'hôtel Sheraton de l'aéroport Pearson.

Elle n'a jamais pleuré et elle ne m'a jamais ordonné d'arrêter, j'aurais été inquiet si je l'avais blessée, assure-t-il.

M. Hoggard précise que cette relation n'avait rien de sérieux, mais il dit ignorer si l'adolescente pensait la même chose à l'époque.

Je ne fais en général aucun détour lorsqu'il faut leur faire comprendre que je ne m'intéresse pas à une relation à long terme, déclare-t-il.

Rencontre avec la 2e plaignante

Le musicien explique qu'il a rencontré la seconde plaignante sur l'application Tinder en novembre 2016 et qu'il lui a payé un voyage à Toronto pour qu'ils couchent ensemble comme ils s'étaient entendus au préalable.

Il ajoute qu'elle s'intéressait aux mêmes jeux sexuels que lui. Il jure qu'il ne l'a jamais violée.

Il dit d'ailleurs à ce sujet que la seconde plaignante était libre de partir après qu'il l'eut embrassée avec force à l'hôtel, mais qu'elle est restée en sa compagnie.

Je ne l'ai jamais traînée par les pieds et je ne l'ai jamais traitée de sale truie en imitant le cri du cochon, déclare-t-il.

Il souligne que les relations sexuelles violentes non consentantes ne l'excitent pas du tout. Infliger de la douleur à ma partenaire ne fait pas partie de mes préférences sexuelles, souligne-t-il.

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La procureure de la Couronne, Jill Witkin, interroge à la barre des témoins la plaignante numéro 2.

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

Jacob Hoggard précise qu'ils ont ensuite regardé un film et qu'ils ont fait monter un repas à l'étage avant qu'elle ne retourne à Ottawa.

Il reconnaît qu'il a bien enregistré une conversation téléphonique à son insu, lorsqu'elle l'a appelé quelques jours plus tard pour se plaindre de son comportement au lit.

Elle lui avait envoyé un message texte avant le coup de fil dans lequel elle affirme lui avoir dit qu'il l'avait violée [ce message a été effacé, NDLR].

Je voulais me protéger contre ses accusations, mais je ne comprenais pas pourquoi elle voulait que je lui fasse des excuses, poursuit-il.

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Le chanteur Jacob Hoggard plaide non coupable de trois accusations de nature sexuelle à l'ouverture du procès.

Photo : La Presse canadienne / Alexandra Newbould

Elle lui avait expliqué au téléphone qu'elle allait devoir avoir des points de suture aux parties intimes, parce qu'elle avait des lacérations vaginales.

Cela n'avait aucun sens, puisque je ne l'avais pas blessée et elle ne m'a jamais dit qu'elle saignait lorsque nous étions dans la chambre, déclare-t-il.

Contre-interrogatoire méthodique

La procureure de la Couronne, Kelly Slate, lui a fait reconnaître qu'il avait des jeux sexuels inusités, comme les relations anales, les gifles, les insultes et les crachements au visage.

J'apprécie embrasser fortement les femmes avec la langue et à les faire saliver plus qu'à leur cracher dans la bouche, dit-il.

Il ajoute que les claques sur le corps ne sont en fait qu'un signe d'affection lorsqu'il y a dialogue entre deux personnes.

Il admet volontiers qu'il aime les jeux de rôle au lit et que les insultes appartiennent à son répertoire, pourvu que cela soit consensuel.

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La procureure Witkin interroge la plaignante numéro 2 lors de l'enquête préliminaire devant la juge Mara Green de la Cour de justice de l'Ontario en 2019. Jacob Hoggard avait remercié les services de son premier avocat à l'époque.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Le chanteur affirme qu'il aime parfois que ses partenaires et lui urinent l'un sur l'autre, mais ne souvient plus si c'était le cas avec la plaignante numéro 2 comme elle le soutient.

Jacob Hoggard rejette en revanche l'idée qu'il prend du plaisir à étrangler ses partenaires au lit.

Il souligne que la seconde plaignante était plus explicite que la première dans ses échanges au lit, mais qu'ils avaient eux aussi eu du plaisir ensemble.

Il n'était en outre pas le seul à faire usage d'un langage déplacé. [La première femme] m'appelait Daddy et me demandait si j'aimais ce qu'elle me faisait, se rappelle-t-il en admettant qu'il avait omis ce détail lors de l'enquête préliminaire en 2009.

Me Slate relève qu'il ne se souvient plus très bien de ce qui s'était passé dans les deux hôtels, en particulier au sujet de la première présumée victime. Le chanteur reconnaît que cela fait longtemps, mais il répète que les deux femmes avaient eu du plaisir.

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Le chanteur Jacob Hoggard est entré au palais de justice de Toronto par une porte dérobée pour éviter les médias lors de son enquête préliminaire en 2019.

Photo : Radio-Canada

La procureure lui demande alors comment il peut savoir si la femme apprécie qu'on lui fasse l'amour. Il répond par exemple que [la première plaignante] n'a jamais repoussé ses baisers, qu'elle l'enlaçait et qu'ils roulaient tous les deux sur le lit.

Il n'est pas toujours nécessaire de parler à voix haute, la gestuelle peut en dire bien davantage sur le plaisir et je répondais à tous ses désirs, dit-il. En aucun cas, elle ne m'a demandé d'arrêter parce que je lui faisais mal.

Jacob Hoggard reconnaît qu'il a dit à la première plaignante dans des messages qu'il l'aimait, qu'il la trouvait très jolie et qu'il entrevoyait un avenir ensemble, mais il avoue que ce n'étaient que de belles paroles.

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La seconde plaignante avait accordé une entrevue à CBC en février 2018, ce qui avait motivé la première à porter plainte à la police.

Photo : CBC News

La procureure Slate lui montre à l'écran un message texte dans lequel la discussion porte dans des termes très voilés sur leur plan après le concert d'avril 2016 [on pense qu'il s'agit de leur rencontre sexuelle à venir, NDLR].

Il lui dit à un moment : Il te faudra attendre dans deux ans. L'adolescente lui répond alors qu'il n'est pas nécessaire d'attendre si longtemps.

Le chanteur se défend toutefois de ne pas avoir attendu qu'elle ait ses 18 ans avant de coucher avec elle, parce qu'il savait que l'âge du consentement légal au pays est de 16 ans. 18 ans est plutôt l'âge légal pour boire de l'alcool, dit-il.

Il assure néanmoins que cela ne l'a pas dérangé lorsqu'elle lui a révélé qu'elle avait 15 ans après le concert au Centre Air Canada en avril 2016 à Toronto.

Il souligne qu'il savait par ailleurs qu'elle avait un petit ami à l'époque, parce qu'il lui avait donné les coordonnées d'un autre compte Snapchat pour éviter que l'homme en question ne surprenne leurs conversations.

Le contre-interrogatoire se poursuit mercredi.

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