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Le pape au Canada : une préparation de voyage « très compliquée », voire « chaotique »

Gros plan sur le pape François qui salue des gens à son arrivée pour l'audience générale hebdomadaire sur la place Saint-Pierre, au Vatican, le 4 mai 2022.

Les organisateurs doivent tenir compte d'une série de restrictions liées à l'état de santé du pape. (archives)

Photo : Getty Images / AFP / VINCENZO PINTO

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L'organisation du voyage du pape au Canada, du 24 au 29 juillet prochain, est « très compliquée » et même « chaotique », selon un organisateur qui souhaite rester anonyme.

Ce dernier explique que la complexité de cette logistique est due, entre autres, à l’état de santé du pape, âgé de 85 ans, qui se déplace depuis plusieurs semaines en fauteuil roulant.

Des restrictions logistiques

Compte tenu de cette situation, le bureau du Vatican chargé des voyages pontificaux a dicté aux organisateurs au Canada une série de restrictions logistiques afin de limiter les déplacements du souverain pontife.

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Depuis le début du mois de mai, le pape François apparaît publiquement en fauteuil roulant, à cause d'une douleur au genou.

Photo : AP / Gregorio Borgia

Ainsi, le chef de l’Église catholique ne pourra présider qu’un seul grand événement par jour, à moins que le second événement soit de courte durée et que le pape ait le temps de se reposer entre-temps.

Les événements devront être relativement brefs, car le Saint-Père ne peut pas rester sur scène plus d’une heure.

Pour ses déplacements, le souverain pontife ne peut pas prendre l’hélicoptère et il ne peut rester en voiture que pour un temps limité, ce qui restreint la distance qu’il peut parcourir et le nombre d'endroits qu’il peut visiter.

Par ailleurs, son état de santé ne lui permet pas de dormir chaque nuit dans un endroit différent.

Le programme du voyage

Au regard de ces contraintes et des vœux formulés par le pape lui-même, la première étape de son voyage, du côté d’Edmonton, devrait se dérouler sur plusieurs jours autour du 26 juillet.

Le souverain pontife pourrait se rendre sur les lieux d’un ancien pensionnat pour Autochtones, ainsi qu’au lac Sainte-Anne, lieu de pèlerinage pour les Autochtones qui vénèrent la mère de la Vierge Marie.

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Le pèlerinage du lac Sainte-Anne est un lieu de rassemblement catholique des Premières Nations et des Métis depuis le XIXe siècle.

Photo : Radio-Canada / Travis McEwan

C’est lors de cette première étape, sur les terres des Premières Nations, que le pape pourrait réitérer ses excuses pour l'implication de l’Église dans le système des pensionnats.

Le souverain pontife commencerait alors sa visite en répondant à l'appel à l'action 58 du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, qui réclame des excuses du pape en sol canadien.

La deuxième étape de ce déplacement mènera le pape à Québec, où une cérémonie devrait se tenir dans la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, également lieu de pèlerinage pour les Autochtones qui ont une dévotion à sainte Anne.

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Les professionnels du tourisme de Sainte-Anne-de-Beaupré s'attendent à profiter des retombées économiques de la venue du pape pendant plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / Victor Paré

La troisième et dernière étape du voyage pontifical, à Iqaluit, devrait être beaucoup plus courte et ne durer que quelques heures, avant que le pape ne reprenne l’avion pour rentrer à Rome.

Ce sera la première fois qu’un pape se rend dans la région Arctique.

Un travail de coordination

Selon un des organisateurs de cette visite, le nombre d’équipes participant à la préparation du voyage participe à sa complexité.

Au Vatican, le bureau chargé d’organiser les voyages pontificaux collabore avec l’équipe canadienne de la visite papale, qui, elle-même, doit travailler avec les différentes communautés autochtones du pays ainsi qu’avec les gouvernements de l'Alberta, du Québec et du Nunavut qui accueilleront le pape.

« L'objectif, c’est que l’ensemble des Premières Nations, des Inuit et des Métis se sentent concernés par ce voyage. »

— Une citation de  Un organisateur de la visite papale au Canada

L'équipe d'organisation souhaite que le plus grand nombre possible d'Autochtones puisse participer à cette visite, même si le souverain pontife ne s'arrête qu’à trois endroits, en raison de son âge et de ses problèmes de santé.

Lors de son déplacement, le pape sera accompagné d’une équipe d'environ 70 personnes, dont son équipe médicale, des gardes suisses et des gendarmes du Vatican, des responsables de la logistique et des interprètes.

Les responsables de la logistique et de la sécurité du pape au Vatican, font entre deux et trois voyages de reconnaissance avant le voyage pontifical, comme l'explique le correspondant du journal La Croix au Vatican, Loup Besmond de Senneville.

Le vaticaniste ajoute que ces voyages de préparation ont pour but de visiter les lieux, d'évaluer les distances et la durée des trajets, de planifier les modes de transport et de réserver les hôtels pour l’entourage du pape.

En ce qui concerne l’hébergement du souverain pontife, le lieu de résidence doit répondre à plusieurs critères de sécurité et doit être approuvé par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et la Gendarmerie vaticane. L’endroit doit aussi être suffisamment accessible pour le pape en fauteuil roulant.

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Accueillir un pape en fauteuil roulant est une des contraintes de son voyage au Canada.

Photo : AP / Gregorio Borgia

Loup Besmond de Senneville, qui suit le pape dans ses voyages pontificaux, pense d'ailleurs que des dispositifs spéciaux, comme des ascenseurs, pourraient être installés, comme ce fut le cas lors de son dernier déplacement à Malte, en avril dernier.

Un voyage fatigant

Ce voyage est important et sera assez lourd sur le plan logistique, humain, et sur le plan de la fatigue, estime M. de Senneville.

Le pape va prendre un vol de longue durée, ce qu’il n’a pas fait depuis plusieurs mois, [...] il y aura des vols intérieurs, les décalages horaires et les différences de températures.

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Le pape François viendra au Canada après un voyage en Afrique.

Photo : afp via getty images / Andreas Solaro

Selon le vaticaniste, cette visite du pape sera particulière, car il s’agit d’un voyage de demande de pardon pour un sujet qui lui tient à cœur, et en même temps un voyage fatigant physiquement, trois semaines après un voyage de plusieurs jours en Afrique, au début du mois de juillet.

D'ailleurs, à son arrivée à l'aéroport, le chef de l’Église catholique devrait être accueilli, comme le veut le protocole, par la gouverneure générale, Mary Simon, qui représente le chef de l’État, la reine Élisabeth II. Le fait qu’elle est Autochtone, cela aide beaucoup, car le pape ne rencontrera pas seulement la gouverneure générale, mais une personne autochtone, raconte un organisateur.

Plus que des excuses?

Au sein de l’organisation de la visite papale, on s’attend à plus que des excuses de la part du souverain pontife, compte tenu de ses rencontres avec les Autochtones au Vatican.

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Près de 200 personnes ont rencontré le pape lors de l'audience finale en mars 2022 au Vatican, majoritairement des Inuit, des Métis et des membres des Premières Nations.

Photo : Gracieuseté Vatican : Divisione Produzione Fotografica Simone Risoluti

En mars dernier, lors de son audience avec la délégation métisse, le pape avait prononcé trois mots en anglais, pour bien se faire comprendre : Vérité, justice et guérison.

La présidente du Ralliement national des Métis, Cassidy Caron, a dit alors qu’elle y voyait comme un engagement personnel de la part du pape, et des actions à venir.

Les Autochtones réclament, entre autres, la restitution des objets qui leur appartiennent et qui sont entre les mains de l’Église, ainsi que l’accès aux documents relatifs aux pensionnats qui sont archivés dans des communautés religieuses catholiques.

Selon un organisateur du voyage, le pape, normalement, vient à la rencontre de ceux qui ont perdu la foi et l’espérance, pour les consoler, mais, cette fois-ci, le Saint-Père vient panser des plaies ouvertes par des responsables de l’Église eux-mêmes.

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