•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ralentissement à prévoir dans la croissance économique du Bas-Saint-Laurent

Des bonshommes sous la courbe descendante d'un graphique.

Selon une étude économique menée par Desjardins, la croissance économique doit poursuivre son ralentissement dans les prochaines années au Bas-Saint-Laurent comme ailleurs au Québec. (Archives)

Photo : getty images/istockphoto / Auris

La croissance économique doit continuer à ralentir dans les prochains mois au Bas-Saint-Laurent après un rebond observé en 2021, selon une étude économique régionale menée par Desjardins.

La hausse des taux d'intérêt, l'inflation élevée, les difficultés rencontrées dans l'approvisionnement de certains matériaux et la rareté de main-d'œuvre sont les facteurs qui influeront le plus sur la croissance économique de la région, selon cette étude menée par l'économiste senior au Mouvement Desjardins, Chantal Routhier.

En 2023, il faut s'attendre à un ralentissement de la croissance économique. Je ne parle pas ici d'une baisse comme on a observé en 2020, mais plus une décélération de l'économie, poursuit-elle.

Chantal Routhier se fait tout de même rassurante en rappelant que, dans l'ensemble, l'économie du Bas-Saint-Laurent se porte bien.

On a observé une bonne croissance économique post-COVID. On voit que l'emploi est en progression. On observe aussi une diminution du taux de chômage. Les investissements ont été rigoureux et devraient le rester, du moins, d'ici 2023, souligne Mme Routhier.

La rareté de main-d'œuvre bloque le développement des entreprises

L'économiste senior indique que la rareté de main-d'œuvre est un phénomène grandissant au Canada qui a de lourds impacts sur les entreprises.

À la fin de 2021, plus de 5000 postes restaient à pourvoir au Bas-Saint-Laurent. Il s'agit d'un nombre parmi les plus élevés enregistrés depuis 2015.

Selon Chantal Routhier, ce manque criant de personnel ralentit la croissance des entreprises.

« Les entreprises ont dû refuser des contrats et retarder des projets d'expansion. Elles ont perdu beaucoup d'opportunités. Elles ont chiffré ces pertes à 3,5 milliards de dollars sur 2 ans [2019 et 2020]. »

— Une citation de  Chantal Routhier, économiste senior au Mouvement Desjardins

La pénurie de main-d'œuvre était importante avant la pandémie et est redevenue très très importante. On atteint vraiment des niveaux de postes vacants qu'on n'a jamais observés par le passé. Ça crée une pression sur les salaires et donc, les coûts de production pour les entreprises, souligne-t-elle.

Une accalmie à prévoir sur le marché immobilier

Le taux d'inoccupation devrait atteindre un creux de 0,4 % en 2023, selon les prévisions établies par l'économiste.

Elle estime que cette crise du logement a également un rôle à jouer sur la rareté de main-d'œuvre connue en région puisqu'il est encore plus difficile pour des entreprises d'attirer des travailleurs si ces derniers ne trouvent pas d'endroits où se loger.

Une accalmie est, par ailleurs, attendue dans les prochains mois sur le marché immobilier, notamment en raison de la hausse des taux hypothécaires qui devrait contribuer à affaiblir la demande. Une diminution du prix de vente moyen pourrait d'ailleurs être observée l'an prochain, une première après que la croissance des prix ait connu une envolée 2020.

Une calculatrice et une maison miniature se tiennent sur une feuille de calcul.

L'effervescence connue sur le marché immobilier dans les dernières années devrait s'estomper dans les mois à venir, estime l'économiste Chantal Routhier. (Archives)

Photo : iStock

Chantal Routhier rappelle par contre que l'un des indicateurs positifs enregistrés dans les dernières années est la croissance démographique dans la région, même si cette dernière a exacerbé le problème de rareté de logements et l'augmentation des prix des propriétés.

Elle estime également que la pandémie a eu du positif pour certains secteurs, dont l'industrie récréotouristique qui a vu son offre de services croître avec l'afflux de touristes québécois.

L'économiste s'est servi des données de l'Institut de la statistique du Québec pour produire cette étude.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !