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Explorer notre relation avec le vivant à travers 150 ans d’histoire du béluga au FTA

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« La conquête du béluga », présenté à Carleton-sur-Mer

Photo : Benoît Daoust

Radio-Canada

Dans La conquête du béluga, une lecture théâtrale présentée à Montréal au Festival TransAmériques (FTA), l’artiste multidisciplinaire gaspésienne Maryse Goudreau veut nous faire réfléchir sur notre relation aux choses vivantes en utilisant l’exemple du béluga, une espèce longtemps maltraitée.

Pour ce faire, elle a passé en revue plus de 150 ans de débats à la Chambre des communes du Canada pour faire ressortir des extraits de discours qui y ont été tenus au sujet du mammifère marin.

Produit par le Théâtre À tour de rôle à Carleton-sur-Mer, le spectacle prend la forme d’une lecture de ces déclarations de parlementaires par cinq interprètes originaires de la Gaspésie, combinée à des enregistrements sonores de voix de bélugas captées sous l’eau. Les extraits sont juxtaposés avec soin pour former la dramaturgie de l’œuvre.

Présenté l’an dernier sur le bord de l’eau à Carleton-sur-Mer, dans la baie des Chaleurs, le spectacle se transporte sur le bord du fleuve Saint-Laurent, au quai de l’Horloge, à Montréal, du 3 au 5 juin.

L’avancée de la pensée écologiste

Maryse Goudreau a expliqué au micro de Pénélope McQuade l’origine de sa création, sur laquelle elle travaille depuis 10 ans environ. Je suis tombée sur des histoires de bombardements, dans les années 1920, de bélugas dans le Kamouraska. [...] Ça m’a beaucoup choquée. À l’époque, l’espèce était considérée comme une nuisance pour l’industrie de la pêche, et on l’accusait de nuire aux stocks de poissons consommés par les êtres humains.

À travers les discussions à la Chambre des communes, Maryse Goudreau explore comment notre relation avec le béluga a évolué, le faisant devenir une espèce aujourd’hui protégée.

Au début, on avait vraiment une vision très mercantile du vivant. Puis là, à un moment donné, on se met à vouloir le protéger, et ça adonne que c’est au moment où les femmes commencent à être élues, explique l’artiste, qui dit s’inscrire dans une démarche écoféministe. On dirait que ce n’est pas anodin.

Inspirée par Cacouna

La saga entourant la construction d’un terminal pétrolier à Cacouna, dans le Bas-Saint-Laurent, auquel des écologistes, citoyennes et citoyens se sont opposés par crainte d'un effet négatif sur les bélugas, a également inspiré Maryse Goudreau. Le projet avait finalement été abandonné.

Les citoyens ont créé une image qui a vraiment frappé l’imaginaire. On a commencé à protéger ce qu’on appelait la "pouponnière" de bélugas, soit un lieu où beaucoup de mères vont donner naissance à des veaux.

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Le béluga du Saint-Laurent est une espèce en péril

Photo : iStock

C’est dur à faire exister visuellement, alors moi, je me suis donné comme mandat de faire exister ce lieu-là réellement par l’art.

Dans la pièce, on traite par exemple de l’avènement des régimes de protection des espèces et aussi de la loi visant à mettre fin à la captivité des baleines et des dauphins au Canada.

La voix des bélugas en trame de fond

Derrière le son des interprètes qui reprennent les propos de parlementaires, La conquête des bélugas s’accompagne des sons de bélugas.

Ces enregistrements ont été réalisés lors de plongeons avec les animaux près de Churchill, au nord du Manitoba, où la population de bélugas n’est pas en péril comme c’est le cas dans le Saint-Laurent.

C’est très, très protégé, le [fleuve] Saint-Laurent, alors on ne dérange pas les bélugas qui sont là, explique Maryse Goudreau pour justifier le fait d’avoir enregistré les sons de bélugas à l’extérieur du Québec.

Les amateurs et amatrices d’arts vivants pourront entendre les voix des parlementaires et des bélugas à l’occasion de trois représentations de La conquête du béluga, les 3, 4 et 5 juin à Montréal. Les billets sont en vente en ligne.

Maryse Goudreau présente également une expérience immersive sonore et tactile, Dans le ventre de la baleine, à l'occasion du FTA. Une personne à la fois pourra en faire l'essai grâce à une station d’écoute où elle pourra plonger dans une pouponnière de bélugas.

Ce texte a été écrit à partir d'une entrevue réalisée par Pénélope McQuade, animatrice de l'émission Pénélope. Les propos ont pu être édités à des fins de clarté et de concision.

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